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3. V. i.iva.... ôéÇwvxai jAt doit se traduire : « pour quils me reçoivent », e^ non : « pour qu'on me reçoive » ; car la pensée de l'intendant va aux débiteurs de son maître, non à un groupe indéterminé de personnes. Le lecteur n'a pas besoin d'être averti, puisque Thomme se parle à lui-même, et cette particularité donne plus de vie au récit. Jûlichbr, II, 499.
4. V. 5. iva êxxTTov (Ss. omet ixaorov) twv -/^peo^eiXetoîv. Tous sont convoqués, mais il va de soi que Tintendant règle à part TatTaire de chacun.
5. La question : <c Que dois-tu ? » conviendrait à un achat ; la nature de l'obligation favorise l'idée d'une redevance. L'attention du paraboUste n'est pas allée à ce détail.
LÉœNOME INFIDÈLE 159
Tun après Tautre. La question qui leur est posée n'était pas nécessaire pour instruire Tintendant, ni pour faire sentir au débiteur Timportance de la remise octroyée, mais elle met Fauditeur ou le lecteur au courant de la situation. Dans l'économie du récit, rintendant et le débiteur sont seuls à connaître la quotité réelle de la dette. « Que dois-tu à mon maître? — Cent mesures d'huile. — Bon pour cinquante. » Un autre doit cent mesures de blé : « Bon pour quatre-vingts. » Et ainsi de suite, les cas cités n'étant que des exemples. Chacun saura ce qu'il doit à la complaisance d'un homme si facile en affaires. On rédige, à mesure, de nouveaux billets *, à moins qu'on ne change simplement les chiffres ; mais cette hypothèse paraît moins probable, vu que la fraude serait plus facile à découvrir. Les débiteurs se chargeront bien de détruire les anciens écrits. Ils s'en vont contents. Au moins ne feront-ils pas mauvais visage à l'intendant, lorsque, dans quelques jours, il se verra contraint de recourir à leur hospitalité.
La reddition de comptes était évidemment chose peu compliquée, l'intendant devant remettre aux mains du chef de famille, propriétaire campagnard, l'argent de la caisse et les titres de créance. 11 n'a pas à prévoir que le propriétaire veuille faire une estimation des dommages à lui causési, afin d'en poursuivre la restitution ; il occupait une situation de confiance, et, venant à la perdre, il emploie, au mieux de ses intérêts personnels, les instants qui lui restent avant d'en être définitivement chassé. Les débiteurs ont une conscience orientale, et ils n'hésitent pas à profiter de la fraude. Il serait naïf de penser que les réductions consenties par l'intendant sont des restitutions. Le récit fait entendre néanmoins que ces débiteurs peu scrupuleux sauront gré à l'économe congédié du bénéfice qu'il leur a procuré. Ce trait devait paraître naturel dans le milieu où la parabole a été conçue; et l'intérêt de tous les débiteurs était que l'ancien intendant ne fût jamais tenté de châtier leur ingratitude en racontant ce qu'il avait fait pour eux.
1. Il importe peu [qu^on lise (v. 6) : « assieds-toi vite et écris » ou : « assieds-toi et écris-vite ». On s'asseyait toujours pour écrire (cf. Is. xxx, 8 ; Le. XIV, 28). Ss. : « Et il s'assit promptement, et il en écrivit cinquante » ; V. 7 : « Et il s'assit tout de suite, et il en écrivit quatre-vingts. » C'est l'intendant qui s'assied pour écrire le billet. Corrections réfléchies. Cf. Jûlichbr, II, 501-502.
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La fable est complète ainsi. Reste à en déterminer Tapplication. La seule donnée morale à tirer d'un récit dont l'objet n'est rien moins qu'édifiant est qu'il faut savoir se ménager des amis pour le besoin, ou mieux encore, la leçon devant avoir un objet religieux, qu'il faut savoir employer les biens temporels de façon à se préparer une demeure, un trésor, des amis dans le royaume de Dijeu. C'est ce qui est insinué dans la phrase qui terminait sans doute la rédaction première de la parabole : « Et le maître loua l'économe infidèle de ce qu'il avait agi prudemment ; car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables que les enfants de la lumière * . » En dépit de la construction grammaticale, la dernière partie est une réflexion qui doit être attribuée au Sauveur, non au maître 2. On félicite l'économe de son habileté, non de son infidélité, qui est mentionnée tout exprès pour qu'on ne le croie pas approuvée. Cette habileté se rencontre ordinairement chez les gens de « ce siècle », dans les affaires qu'ils ont à traiter entre eux, selon la lettre du texte : avec ceux de « leur génération », les hommes de leur temps qui sont engagés dans les mêmes préoccupations d'intérêt et de jouissances terrestres. Malheureusement, « les enfants de la lumière », les fils du siècle à venir, ceux dont l'espérance va au delà de ce monde; et qui, instruits par l'Evangile, aspirent à la lumière du royaume céleste 3, sont bien moins habiles, dans leurs relations mutuelles ^, à garantir leur éternité, que les enfants du siècle ne le sont à préparer leur avenir en ce monde. Dire que les enfants de lumière sont moins habiles que les enfants du siècle dans les affaires temporelles, serait une remarque sans véritable portée, étrangère à la parabole et à la
1. V. 8. xai iTCiivwev ô xtSpio^ tôv oÎxovoijlov t7)ç àSixtaç oti çpovtfKoç eico^Tiaev oit oî otoi Toô aîbivo; toutou f povip.ciSTSpot uicèp Toù; utoùç tou çwtÔç sic ttjv Ycveàv ttjv éautcuv eîaiv.
2. C'est pourquoi D insère, avant la réflexion sur les enfants du siècle : $10 Xiyw OjjLîv, et plusieurs mss. latins : « dixit autem ad discipulos suos », addition condamnée par le début du v. 9 : « Et moi je vous dis ».