‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 149 sur 733 · Cf. Jn. XII, 36; I Thess. v, 5; Éph. v · texte numérisé non relu

Cf. Jn. XII, 36; I Thess. v, 5; Éph. v

4. V. 8. £Îç TT]v YÊveàv t/jv sauioiv se rapporte à la fois « aux enfants du siècle » et aux « enfants de la lumière », chacun des deux groupes constituant une « génération », une société. Ce n'est pas sans faire quelque violence au texte que l'on entendrait exclusivement par cette « génération » les « enfants du siècle » ou les « enfants de la lumière ».

L'ÉœNOME INFIDÈLE 161

morale qu'on en peut déduire. Jésus est censé souhaiter que ses disciples, dans le commerce de la vie, sachent aussi bien assurer leur intérêt éternel, que les gens du monde savent pourvoir à leur avantage temporel.

Cependant, il y a, dans la conclusion ainsi comprise, un point défectueux : si habile qu'ait été l'intendant, on ne conçoit pas que le maître le loue pour une fraude dont il est lui-même victime. Le trait serait invraisemblable. L excuse de la fiction n'est pas admissible, la fable devant observer les apparences de la réalité. Comme un pareil manque de touche est chose inouïe dans les paraboles évangéliques, on peut conjecturer que le mot « seigneur » désignait, dans la rédaction première, Jésus lui-même, « le Seigneur ». La fin de la phrase exprime une pensée du Sauveur : n'est-ce point parce que le narrateur l'avait mentionné au commencement? L'objection qu'on tire de la suite : « Et moi je vous dis », etc., n'a de portée que si Ion admet Timité primitive de composition. Si la parabole n*est pas ici dans son contexte primitif rien ne s'oppose à ce que la dernière phrase en ait contenu l'application directe : <( Et le Seigneur loua l'économe infidèle comme ayant agi prudemment, parce que les enfants de ce siècle », etc. La substitution du maître à Jésus s'est faite dans la pensée des rédacteurs subséquents.

Savoir user du présent pour préparer l'avenir, c'est-à-dire pour s'assiu'er une part dans le royaume ; s'y prendre à temps pour obtenir ce résultat, telle est la signification générale de la parabole*. Mais, dans l'esprit de Tévangéliste, l'application a dû être plus particulière, et viser le bon emploi des biens terrestres, de l'exercice de la charité, en vue du royaume des cieux. Quoique la conduite du serviteiu* n'ait pas été présentée en exemple, une certaine analogie doit exister entre ce qu'on lui voit faire et ce que devra faire l'enfant de lumière, et c'est dans la notion de bienfait que réside cette analogie. Si la parabole est authentique, Jésus ne limitait pas le bienfait à l'aumône. Mais le récit est d'invention assez faible, et l'on pourrait être tenté d'y voir une transposition peu réussie de la parabole du Serviteur impitoyable dans Matthieu 2.

Un commentaire plus explicite de la parabole est donné ensuite : « Et moi je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses

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