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ment avec plus de vigueur ce qu'il vient de dire : le traître est un des Douze, un de ceux qui mangent avec lui^ non pas celui qui se trouverait seul à mettre la main au plat dans Tinstant où Jésus parle ^, sans quoi les apôtres auraient su dès lors qui était le coupable, et on ne voit pas pourquoi ils auraient continué à le supporter parmi eux. En désignant le traître comme un de ceux qui lui sont proches, Jésus fait ressortir Tindignité de sa conduite. Mais, si le crime est grand, le châtiment lui sera proportionné. Le Fils de l'homme va mourir : c'était écrit ^ ; telle est la volonté de Dieu, et il faut bien qu'elle s'accomplisse. Mais celui qui, par trahison, va causer la mort de son Maître, n'en est pas moins coupable et punissable : mieux voudrait pour lui qu'il n'eût pas existé *.
Sauf la circonstance du temps, et l'omission de la déclaration faite d'abord par Jésus, ainsi que des questions posées ensuite par les disciples, Luc s'accorde ici avec Marc, dont on peut dire qu'il corrige les expressions et abrège les formules, notamment celle de la malédiction finale. Si Marc a changé l'ordre suivi dans la source, à supposer que l'annonce de la trahison y ait eu place, et que Luc l'ai gardé, celui-ci n'en a pas moins retouché la rédaction. Mais la source pouvait introduire très naturellement la querelle sur la préséance, après les paroles touchant le vin qui se boirait dans le royaume des cieux. Le rattachement de l'annonce de la trahison aux paroles eucharistiques^ semble artificiel^.
Dans Matthieu^, la seconde déclaration de Jésus n'est pas une
1. V.20. el; t6>v SoSSexa, ô èjjL^aTurojxEvoç {xet'cjjlou êÎç rô ipy^Xiov.
2. ô 6{xp. {X. £. V. 20, correspond à ô soO. (x. è., v. 18, et ne désigne pas personnellement le traître.