‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 63 sur 733 · Quiconque reçoit · texte numérisé non relu

Quiconque reçoit

Matth. xvni, 1. A cette heure, les disciples s'approchèrent de Jésus en disant : « Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? »

2. Et appelant un enfant, il le mit au milieu d'eux 3. et dit : « Je vous (le) dis en vérité, si vous ne changez et ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. 4. Celui donc qui se fera petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux. 5. Et celui qui reçoit un enfant (comme) celui-ci, en mon

Luc, IX. 46. Et il leur vint en pensée (de se demander) qui était le plus grand d'entre eux. 47. Et Jésus, (qui) connaissait la pensée de leurs cœurs, prenant un enfant, le mit auprès de lui 48. et leur dit : « Quiconque reçoit cet enfant en mon nom, me reçoit, et quiconque me reçoit reçoit Celui qui m'a envoyé. Car celui qui se trouve être le plus petit parmi vous tous, celui-là sera grand. »

nom, me reçoit. »

un de ces enfants en mon nom, me reçoit ; et quiconque me reçoit, ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais Celui qui m'a envoyé. »

68 ij:s évangiles synoptiques

Selon Marc, Jésus arrive à Capharnaum, ayant traversé la Galilée ; entré « dans la maison ' », c'est-à-dire la maison de Pierre, où il logeait ordinairement, il fait aux disciples une question qui les embarrasse : « De quoi parliez- vous en route? »> Les disciples se gardent bien de répondre : ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand 2. L'expression est un peu vague. Plus loin ^ les disciples chercheront querelle aux fils de Zébédée, qui ont demandé les deux premières places dans le royaume des cieux. Il s'agit ici d'une discussion analogue, si toutefois ce n'est pas la même qui s'est dédoublée dans la tradition, ou qui a été dédoublée par le rédacteur du second Evangile. La leçon que Jésus donne est identique dans les deux cas, et cette circonstance a déterminé sans doute les modifications que la donnée de Marc a subies dans Matthieu et dans Luc. Gomme l'anecdote de l'enfant embrassé par Jésus revient également deux fois, on pourrait se demander si le rédacteur ne l'avait pas trouvée d'abord en cet endroit, et si, après l'avoir adaptée plus ou moins heureusement à la leçon du service apostolique, il ne l'a pas reproduite plus loin dans sa forme primitive. Rien ici ne la prépare, et on ne voit pas d'où vient l'enfant que Jésus prend ainsi, étant dans la maison de Pierre. Marc est préoccupé de montrer comment les apôtres, si désemparés devant le mystère de la croix, ne comprenaient pas mieux la loi de leur propre mission. L'intention sera plus significative encore si Ton suppose que l'incident a pris la place de l'anecdote relative au tribut ^, qui aurait précédé dans la source celle des enfants que l'on amenait à Jésus pour les bénir. Et si l'évangéliste ne parle pas des places du royaume, c'est peut-être qu'il a pensé au rôle des apôtres dans les premières communautés et à leur attitude envers Paul. Bien que la leçon donnée aux Douze soit parfaitement authentique en elle-même, Marc en ferait la justification implicite de l'Apôtre des Gentils, et penserait des apôtres-colonnes ce qu'on lit dans TEpître aux

1. V. 33. xal âv ttJ otxia Y^vd|jievo; . Ss. «< Ht il vint à C, et (|uand il fut rentré dans sa maison. » Cf. supr. p. 65, n. 5.

2. V. 34. Tzpoi àXXT^Xou; ^àp ^^«Xiy 6r,aav tî; ae-^fov. D jmss. lat. Vg.) ajoute ysvr,- Tat aÙTûv ; Ss. « qui serait (le plus) grand ».

3. X, 41. Dans Me. 37, Ss. lit : « Et il le regarda (cf. infr. p. 70, n. 4) et il dil : u Quiconque reçoit » etc.

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