‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 102 sur 829 · Cf. .supr. pp. 104-tOb · texte numérisé non relu

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coUeclive de la tradition et la part personnelle de l'évangéliste, il semble que celle-ci est plus considérable dans le récit de la sépulture et de la résurrection, et celle-là dans le récit de la passion. Il reste vrai, comme la plupart des critiques Tout admis jusqu'à présent, que les souvenirs concernant les derniers jours du Sauveur sont ce qu'il y a de plus précis dans la tradition évangélique ; mais il est- vrai aussi que la dernière cène, le jugement, la passion et la résurrection sont le thème sur lequel la tradition a le plus travaillé, oîi les suggestions de la loi, l'intérêt de l'apologétique, l'application des Ecritures anciennes ont le plus contribué à enrichir, à transformer, parfois à cacher les souvenirs primitifs.

Quel qu'ait pu être l'auteur du second Evangile, on ne peut guère se le figurer habitant de Jérusalem au temps de la passion, membre de la communauté primitive, compagnon assidu de l'apôlre Pierre, dépositaire de ses souvenirs et de son enseignement. Le plus ancien de nos Évangiles n'apparail pas comme l'œuvre d'un disciple du Christ, ni comme l'œuvre d'un homme qui aurait eu souci de recueillir le témoignage certain de ceux qui avaient vu et entendu le Sauveur, qui avaient pu connaitre les circonstances de sa mort et la première instauration de la foi chrétienne, mais plutôt comme une compilation anonyme, un résidu plus ou moins hétérogène de la tradition historique de l'Evangile et des interprétations, des corrections, des compléments qu'y avait introduit le travail de la pensée chrétienne, soit le travail anonyme de la foi dans les premières communautés, soit l'influence individuelle de maîtres tel que Paul, soit les réflexions personnelles des rédacteurs évangéliques. L'Église du second siècle a pu attacher un nom à ce livre, elle n'en a pu faire la propriété littéraire d'un auteur particulier. Ainsi l'analyse du livre confirme les doutes que pouvait suggérer l'examen du témoignage traditionnel.

Cependant la tradition et même bon nombre de critiques n'hésitent pas à identifier l'auteur à Jean Marc, le parent de Barnabe, dont il est parlé au livre des Actes, et au Marc mentionné dans les Épîtres de Paul et dans la 1'"'^ Épître de Pierre '. P^ils de cette Marie en la maison de laquelle Pierre se rendit quand il eut échappé à la prison d'Hérode. cousin de Barnabe, associé à celui-ci et à Paul dans leur voyage de Chvpre, revenu à Antioche après avoir quitté ses compagnons de mission, devenu ensuite une cause de séparation entre ceux-ci, réconcilié avec Paul, sans qu'on sache comment, et son auxiliaire au temps où l'Apôtre écrivait les Epîtres aux Colossiens et à Philémon, réclamé en cette qualité dans la II'' à Timothée, désigné dans la V de Pierre

1. AcT. XII, 12, 2;i; xiii, 13; xv, .37-3^»: Coi., iv, 10; Phm. 24; Il Tui. iv, 11;

I PlIJH. V, 13.

comme « fils », sans doute fils spirituel du prince des apôtres, et censé associé à sou ministère « dans Babyloue », c'est-à-dire probablement dans Rome, Marc aurait écrit son évangile dans cette ville, les uns disent après, les autres disent avant la mort des apôtres ; il aurait fondé ensuite TEg-lise d'Alexandrie. Certaines particularités de sa lég-ende ont été signalées plus haut '. Plusieurs ont voulu que le dernier repas du Christ ait eu lieu chez la mère de Jean Marc, et que Marc lui-même ait été le jeune homme qui s'enfuit nu à Gethsémani, laissant aux mains des satellites le drap dont il s'était couvert -.

Une discussion détaillée de ces indications et des conjectures qui v sont mêlées ne semble pas nécessaire ici. Il sullit d'observer qu'elles ne sont guère plus conciliables entre elles qu'avec le livre dont Marc est supposé l'auteur. Celui-ci aurait été l'interprète de Pierre, son compagnon assidu pendant son ministère, et principalement dans les dernières années. Or, on ne voit pas comment ^é^■augéliste Marc a pu avoir ces rapports constants avec Pierre, si c'est lui qui est le Jean Marc des Actes et le compagnon de Paul. Aussi bien quelques-uns ont-ils distingué Tévangéliste Marc, compagnon de Pierre, du missionnaire Jean Marc, compagnon de Paul •"'. L'existence de celui-ci est beaucoup mieux gai^antie que la per sonnalité distincte de celui-là, la I'' de Pierre, écrit non authentique, et le propos de Jean l'Ancien sur l'Hvangile de Marc étant par eux-mêmes des témoignages moins sûrs que le récit des Actes concernant les missions de Paul. La mention de Marc dans l'Épître de Pierre n'est peut-être pas sans rapport avec l'attribution du second Évangile à un disciple du prince des apôtres; ce serait une mention intéressée'', comme le dire de Jean l'Ancien "'. Si elle se fonde sur un souvenir traditionnel, s'il a existé un Marc, disciple et auxiliaire de Pierre, ou bien ce disciple est un autre que Jean Marc, ou bien celui-ci n'est pas le Marc qui assiste Paul durant les années de sa captivité. Et si un disciple de Pierre a eu part à la composition du second Évangile, ce ne peut être le dernier rédacteur, c'est-à-dire le véritable auteur de ce livre, mais l'auteur de la notice concernant la prédication et la mort de Jésus, c'est-àdire l'auteur du document exploité par l'évangéliste, et où Ton peut reconnaître un écho du témoignage apostolique, spécialement des souvenirs de Pierre.

Un rapport spécial et direct de ce premier auteur avec Pierre est pos-

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