‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 103 sur 829 · Cf. J. Weiss · texte numérisé non relu

Cf. J. Weiss

4. C'est pourquoi Pierre /oc. cit.t dirait ; Mâozo: ô jîo- txoj. ."). Supr. p. 2().

A. Ldisv. — Les ErunqileK st^iiiiptùincs.

sible, probable même, quoique nullement nécessaire. Tel récit, par exemple celui du reniement de Pierre, remonte à Pierre lui-même et n'est entré dans la tradition que par lui. Mais celui qui a mis le premier cette histoire en écrit aurait fort bien pu la connaitre par des intermédiaires ; à plus forte raison d'autres faits, comme la vocation des quatre premiers disciples, la confession de Pierre, la veillée de Gethsémani et l'arrestation pouvaient-ils lui avoir été racontés par d'autres. On peut tout aussi bien le concevoir puisant dans les communs souvenirs des apôtres galiléens une esquisse du ministère de Jésus qui était familière au premier groupe des croyants, que recueillant des discours d'un seul témoin une série de renseignements qui auraient pu lui être également fournis par plusieurs. Mais comme ce premier auteur a pu être en relation avec Pierre, et que l'on explique ainsi plus facilement l'origine de la tradition concernant l'origine du second Evangile, rien n'empêche d'admettre qu'un disciple de Pierre a recueilli de la bouche mênie de l'apôtre cette série de souvenirs. Il est certain, en tous cas, que Simon-Pierre a eu une part prépondérante dans la formation de la catéchèse apostolique, et que par là au moins la tradition fondamentale de l'histoire évangélique procède de lui.

11 est plus difficile, mais il n'est aucunement indispensable de déterminer ce qui est à considérer comme souvenirs de Simon-Pierre, indépendamment de la tradition commune des Loc/ia^ laquelle ne s'est pas formée sans lui. Si l'on admet deux sources primitives, tel morceau des souvenirs authentiques pourra être attribué indifféremment à l'une ou à l'autre, ou devra même être attribué de préférence aux Loçjia. L'esprit de ces deux sources, autant qu'il est permis d'en juger, était à peu près le même ; elles exprimaient les souvenirs et la foi de la première communauté, sans influence de la théologie paulinienne ; les apôtres galiléens y apparaissaient comme les témoins autorisés de la vie du Christ et de son enseignement.

De la source narrative viendraient, après mention de Jean-Baptiste, du baptême de Jésus et du retour en Galilée, la vocation des premiers disciples, les incidents du premier sabbat à Capharnaùm, sauf probablement l'affaire du démoniaque, le fond de l'histoire du paralytique, peutêtre la vocation de Lévi, la démarche des parents de Jésus, probablement le fond des histoires du possédé de Gérasa et de la lille de Jaïr, la prédication à Nazareth, les indications générales concernant la mission des apôtres et leur retour, le passage en Gennésareth, le voyage au pays de Tyr, peut-être avec l'histoire de la Cananéenne, la confession de Pierre avec la promesse de la parousie prochaine et la réflexion sur la venue d'Élie, peut-être la guérison de Tépileptique, l'arrivée à Capharnaùm et peut-être l'anecdote des enfants amenés pour la bénédiction, le départ pour la Judée, peut-être avec l'anecdote du jeune homme riche.

la marche vers Jérusalem, peut-être la question de Pierre sur l'avenir des disciples, avec la promesse des troues, la manifestation messianique sur le mont des Oliviers, l'expulsion des vendeurs, la question des prêtres touchant le pouvoir que Jésus s'attribue, la question des pharisiens sur le tribut, probablement aussi celle des sadducéens sur la résurrection, la parole sur la filiation davidique du Christ, l'histoire de la femme adultère, peut-être l'anecdote de la veuve aux deux liards, et une parole sur la destruction du temple, le fond des récits concernant la trahison de Judas, la dernière cène, la veillée de (retlisémani et l'arrestation du Christ, le reniement de Pierre, le jugement et la condamnation de Jésus par Pilate, la scène de dérision dans le prétoire, le crucifiement et la mort.

Du recueil de sentences viendraient le résumé de la prédication de Jean ', les histoires sabbatiques, la discussion à propos de Beelzeboul, les paraboles, les paroles concernant la fréquentation des pécheurs et le jeûne, le sommaire du discours aux apôtres, la parole sur ce qui souille l'homme, à propos de l'ablution des mains, la réponse aux demandeurs de sig"ne, le mot touchant le levain des pharisiens, la leçon du renoncement, les instructions qui ont été rattachées au dernier séjour à Capharnaiim, l'instruction sur le divorce, la leçon du service, l'abrégé du discours contre les pharisiens, certains morceaux du discours apocaly[)tique.

Tel récit comme le baptême de Jésus, la tentation, la multiplication des pains, la transfiguration, qui n'appartiennent pas à la première rédaction des sources et qui ne peuvent davantage être attribués au rédacteur du second Évangile, ont pu être été ajoutés dans une rédaction intermédiaire. Il est tel détail, comme la déclaration sur le but de l'enseignement parabolique ^, qui semblerait surajouté au travail du rédacteur principal, à celui qui pose en thèse l'inintelligence des apôtres, et qui ne se lasse pas de faire prédire au Christ sa passion et sa résurrection. Néanmoins le véritable auteur de l'Evangile est le rédacteur qui s'est proposé de démontrer la messianité de Jésus par les déclarations des possédés, par la guérison du paralytique, par les libertés que le Sauveur autorise ou qu'il prend à l'égard du sabbat; qui a voulu étaler l'inintelligence des apôtres devant l'enseignement, les miracles et les prédictions du Christ ; qui interprète la mission du Sauveur conformément à la théologie de Paul; qui a glosé le récit de la dernière cène et celui du jugement; quia conçu comme preuve péremptoire de la résurrection la découverte du tombeau vide. C'est le caractère de ce rédacteur qu'il convient d'envisager quand on veut déterminer l'attribution du second Evangile.

1. I, 7-8. Mais pour ce morceau comme pour bien d'autres, il est permis d'hésiter entre les deux sources.

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