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r.. Cf. supr. pp. i:V.I-l'f().
170 Mis ÉVAN(;iLT']S SYNOPTIQUES
entouré l'oriyine de Jésus montre que les communautés cliréliennes ont commencé par ignorer et ce que dit Matthieu et ce que dit Luc. i.es données contradictoires sont des produits de l'activité légendaire, qui sest exercée d'autant plus librement qu'elle n'était contrôlée d'abord par aucune tradition authentique. (]omme les deux "énéalogies, les récits de Luc ont été conçus d'abord pour prouver la messianité de Jésus, par s(ni origine davidique du côté de Jose])h, aaronique du coté de Marie, en montrant la réalisation des prophéties dans les conditions de sa naissance. L'idée de la conception virginale est venue plus tard : ainsi les récits de Matthieu doivent être postérieurs à la source de Luc, quoique la rédaction canonique de Luc soit probablement plus récente que Matthieu.
On pourrait être tenté de voir dans la l'orme toute bdîlique des récits du troisième Evangile une marque de i^rovenance palestinienne et judéochrétienne; mais l'argument paraîtra moins tort si Ton considère que cette couleur locale a été cherchée. Il reste néanmoins plus jjrobable que le premier rédacteur de cette légende, qui d'ailleurs écrivait en grec, était un juif de Palestine ou de Svrie, converti à la toi chrétienne une quarantaine d'années après la mort du Christ. Rien n'oblige à supposer qu'il ait écrit seulement la légende de l'enfance, car il a pu l'annexer d'abord à une transcription des discours du Seigneur, à une ébauclie d'évangile complet qu'aura connue l'auteur des livres à Théophile.
La tradition chrétienne identifie cet auteur à I^uc, disciple de Paul, le i< très cher médecin » dont parle l'Kpitre aux Colossiens ', et plusieurs ont même voulu retrouver sa trace dans la seconde l^pitre aux Corinthiens -. On a pu voir •' qu'Irénée parait le l'aire écrire après la mort de Paul, comme Marc après la mort de Pierre. Plus tard d'autres ont voulu qu il eût écrit auparavant. Cette opinion a encore des partisans ', dont l'argument principal se tire du livre des Actes : comme l'auteur de ce livi'e s'arrête au séjour de Paul à Home, et qu'il ne dit rien de sa mort. I'du suppose que l'Apôtre vivait encore quand les Actes furent composés ; et comme l'I^vangile est antérieur aux Actes, à |)lus forte raison est-il antérieur à la mort de Paul. Mais le silence des Actes sur cet événement peut s'expliquer de diverses manières, et le troisième Évangile n a pu voir le jour à une date qui est déjà trop reculée pour Marc '.
L Col. i\, IL y-rs-iCt-i.'. 'j'i.it Aoj/.àç o îaro6: ô àya-riTo;. I^uc est encore iiii'iitionné dans II Tim. iv. 11. .Voj/.àc iaitv |j.'Jvo: a^r' iaou.