‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 161 sur 829 · Cf. AcT. I · texte numérisé non relu

Cf. AcT. I

2. Le « nous » apparaît d'abord dans Act. xvi. tO-17. ■i. ('A'. JiJLicHER, Einleitnng, i-()7.

4. On a même pu contester qu'il les ait connues. CÂ. A. Sabatii.h, f.'ault'ur du livre des Actes des Apôtres a-t-il connu et utilisé dans son récit les épitres de saint Paul? (Bihliothèque de r École des Hautes Etudes, Scienrcs rdif/ieuses, I, 205-229).

."(. Cf. Act. XV, et (ïal. ii, 1-i.

par un disciple el un compaynon assidu de Paul. J/auteur des Actes paraît moins bien informé qu'il ne devrait lètre sur les premiers temps de la prédication évan^élique en Palestine, et il donne trop aisément dans la légende, tant en ce qui rej^arde les origines de la première communauté que la ^ ie du Sauveur lui-même, pour qu'on puisse voir en lui un homme qui aurait été en relations avec les témoins oculaires de rftvangile et de la première institution du christianisme. Ne serait-il pas inouï qu'un disciple immédiat des apôlres eût pi-ésenté comme a fait Luc les témoignages concernant la résurection? Les termes de médecine dont il se sert sont, après cela, une assez faible preuve ' pour établir qu'il était médecin, et spécialement le médecin Luc, si aimé de Paul.

Les Actes ont été écrits sans doute vers la fin du i''' siècle, assez longtemps après la mort des apôtres galiléens et celle de Paul, avant que les Épitrcs de lApôtre eussent acquis dans les communautés le rang dlù'ritures canoniques. Si le compilateui- n'a pas raconté la mort de Paul, cest qu'il se pi'oposait peut-être d'écrire un troisième li\ re qui n'aura pas été composé, ou qu'il s'est abstenu délibérément de l'aire même allusion à cet événement, parce qu'il ne Noulail point parler de la |)ersécution de Néron. Cette réserve se comprend mieux peut-être avant qu'après la persécution de Domitien, el il semble d'ailleurs que l'auteur du quati'ième l^vangile a connu Luc el les Actes.

Il est évideiil tpie le troisième l^^■angile a derrière lui un développement considérable de la littérature à laquelle il se rattache. Non seulement le prologue en fait loi. mais la composition du livre l'atteste aussi clairement. Du prologue il résulte que la génération apostolique appartient déjà au passé, sans que l'on puisse dire si ce passé est encore tout proche ou déjà lointain ; la façon dont le rédacteur s'exprime porterait plutôt à admettre un certain recul. Le prologue laisse entendre de même que les apôtres et les disciples immédiats du Christ n'ont pas écrit la relation de ce qu'ils avaient vu et entendu ; ce sont seulement leurs auditeurs, leurs convertis, les hommes de la seconde ou de la troisième génération chrétienne, qui ont rédigé, d'après ce qu'ils avaient appris des témoins, et non sous leur dictée ou leur direction, det^ ébauches que le rédacteur juge incomplètes ou mal ordonnées. Lui-même, venant après eux, se range dans leur catégorie, mais il n'insinue en rien qu'il ait été à même d'interroger directement un auditeur du Christ ou l'un des premiers missionnaires, celui, par exemple, dont on le prétend disciple, Paul, l'apôtre des Gen-

I. Voir de longs développements sur cette question dans Hobart, 77jp inedii-nl /anguaf/e af saint Liike iHH2 ; extraits dans Zaiin, E. II, 't\M\-!iM \ et dans IIarnack, Lukas. su/>i-. cil. p. 74. (If. Juliciiku, V08.

LE TROISIÈVIK ÉVANGlLi: 173

tils. Le prolog-ue inviterait plutôt à pl;icer la composition de rÉvan^ile entre 90 et 100 qu^entre 60 et 80 '.

D'autre part, lanalyse du livre y découvre une compilation analoL;ue à celle de Matthieu, à peu près contemporaine du premier Évanj^ile, puisqu'elle n'en dépend pas, et que le rédacteur ne semble pas avoir coiniu d'ouvrai^e analogue au sien, c'est-à-dire contenant à la fois une histoire de Jésus depuis sa naissance, et le recueil complet de son enseignement. Le troisième Évangile est postérieur au second, ce qui ne permet guère de lui attribuer une date antérieure à l'an 80 ; il suppose accomplie depuis quelque temps la ruine de Jérusalem ; il laisse deviner la préoccupation d'expliquer comment la parousie a pu ne pas se réaliser aussitôt après cet événement, et comment elle peut tarder encore '^ ; si l'on y a utilisé les écrits de Josèphe ^, il n'a pu être composé avant l'an 95. Le développement légendaire attesté par les récits de renl'ance, et la liberté avec laquelle sont traités ceux de la résurrection s'accommodent mieux d'une date relativement tardive.

L'auteur, qui n'a pas été disciple de Paul, n'est même pas, à vrai dire, paulinien de tendance. Ainsi qu'on vient de l'observer à propos des Vctes, il ne s'intéresse pas à la théologie particulière de saint Paul, et Ion dirait presque qu'il l'ignore ; il n'est pas préoccupé, comme le rédacteur du second Évangile ', de défendre la personne et de faire prévaloir dans la tradition évangélique les idées du grand Apôtre ; en certains passages très caractéristiques, il néglige les additions pauliniennes de Marc pour s'en tenir aux données primitives •'. Que celte réserve tienne au temps écoulé, elle n'en manifeste pas moins l'indépendance relative du troisième Évangile à l'égard de Paul. Comme on l'a dit fort justement, l'auteur, quel qu'il soit, n'a retenu du paulinisme que ce que l'Église même en a retenu '', à savoir l'universalité du salut et la plénitude du pardon. Mais, sur ce dernier point, Paul n'avait rien ajouté à l'Évangile de Jésus. En réalité, Luc n'est pas plus paulinien que Matthieu : il reflète comme lui, avec une nuance un peu différente, l'esprit d'un christianisme déjà organisé, où l'impression des discussions et des tiraillements de l'âge apostolique s'était fort atténuée, et où, la rupture avec le judaïsme étant définitivement consommée, les divergences primitives s'étaient fondues pour constituer une doctrine et une société nou-

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