JULICHER
174 LES ÉVAAGILKS SWNOPTIQUKS
velles qui irétiiieul plus ai hi croyance juive ni le judaïsme, mais quelque chose d'orif^nnal. la loi au Christ et la relij;ion de Jésus LransplanLées dans le monde païen, disons dans le genre humain.
Quel bul réNanijélisle s'est proposé, il le dit lui-même dans son proloj^ue : il \oulait montrer la solidité de la foi chrétienne aux personnes qui étaient soucieuses de s'en instruire. Le troisième l"]vanj;ile est un livre d'instruction relig"ieuse, un catéchisme au sens le plus large que le mot puisse comporter. On ne voit pas qu'il polémise contre de taux docteurs du christianisme. Il parait vouloir instruire les païens de bonne volonté à préférer la loi du Christ à celle des Juifs, qui l'ont rejeté; mais il emploie à cet effet des arguments qui étaient conçus pour la conversion des Juifs eux-mêmes, ou pour répondre à leurs difficultés. (]e devait être un chrétien de la g-entilité, passablement versé dans les lù-ritures, qu'il lisait dans le grec. Il est peu probable qu'il ait écrit en Syrie ; il peut être téméraire de le faire vivre à Rome, nonobstant Tavis de Renan '. Peut-être apparlenait-il à Tune des communautés de la Grèce, fondée par Paul, et qui avait recueilli l'héritage littéraire de Luc. S'il a voulu se faire passer pour le disciple de l'Apôtre, la dédicace à Théophile pourrait n'être qu'un moyen artificiel d'exprimer ses intentions en se conformant aux habitudes littéraires du temps.