Me. XIV
1 I. Me. XIV, 28.
i.\ IRADITI(»?s ÉVAiNGÉLIQUE 181
OU conjointemenl ;i lapplicalioii de ce inoyeu principal; à quoi il laul ajouter linfluence de la théoloj^ie naissante et les premiers essais de chrislolo^ie. Ce dernier l'acteur aj)parait 1res sensiblement dans le récit de la dernière cène, où les paroles symboliques : < Ceci est mon corps », « Ceci est mon san^ », ont été introduites, d'après saint Paul, pour autoriser Tinslitution eucharistique et y montrei- le si^ne permanent de la rédemption opérée j)ar la mort de Jésus '. Lintluence du paulinisme se manilesle sous une autre ronnc dans ce que Marc raconte de ]"inintellif,''ence des anciens disciples, et spécialement des trois principaux apôtres : il ne s"ai;it plus ici d'interprétation Ihéoloi^ique, mais d'apologétique paulinienne. la doctrine et surtout le rôle de Paul étant indirectement défendus par la critique fies disciples galiléens.
Maiscest surtout la lin de .lésus qui avait besoin d'éti'e protéi;ée contre les critiques des iinToyants. La dij^nité tlu Christ est sauvée, dans le récit de (iethsémani, par un acte formel de rési;^ nation à la volonté du Père - ; dans le récit de l'arrestation, par un discours qui souligne le droit de la Pro\ idence et la liberté de celui qu'ElIe a voulu livrer à la méchanceté de quelques-uns pour le salut de tous ■' ; dans la mort même, i)ar les lénèbi-es qui environnent lagonie et le dernier soupir, par la ruplui-e du voile sacré dans le temple de Dieu, par l'aveu du centurion qui a entendu le dernier cri du Sauveur '. La condamnation de Jésus par l'autorité romaine de\ enait un gi-os embai'ras pour traiter avec les païens, surtout quand les communautés organisées à l'écart du judaïsme ne purent plus être ignorées par l'administration impériale. De là vinrent les additions notables que reçut la tratlition relative au procès : le jugement par Caïphe ■', qui transportait de Pilate au grand-prètre la responsabilité de la sentence, et faisait du procès une allaire purement juive, une injustice imputable aux seuls concitoyens du Sauveur; et l'histoire de Harabbas '', qui faisait de Pilate le premier témoin de cette injustice, le premier garant de linnoience de celui qu'il avait essayé inutilement d'arracher à la haine de ses accusateurs. Il est permis de se demander si cette apolo-. gie ne répond pas à l'attitude prise par les pouvoirs publics depuis la persécution de Néron. Quoi qu'il en soit, on imagine malaisément quelle ait pu se produire avant que Caïphe. Pilate. les apôtres eussent quitté la scène de l'histoire.
J. Voir sujjr. p. lUU, et le commentaire.