I.A THADITION É VANdl^l.IOUE
léi^eiulaii-e qu'on y tliscerue sans (lillicuUé, ï>oul relativenienl sobres sur relie matière. Les miracles sonl peu nombreux: il esL vrai qu'on eu signale en bloc un f^rand nombre qu'on ne racoule pas ; mais il esl évident que les cas extraordinaires, qui avaient frappé l'esprit des disciples, étaient l'aciles à compter. L'éditeui' du quatrième l^vanj^ile ' a eu le sentiment tle cette indii;ence, que lauleur lui-même atleste à sa façon par l'eUbrl qu'il a fail pour adapter à son but d'enseignement la tradition* svnoplique. Jésus avait dû accomplir beaucoup de guérisons, mais sans que lui-même, ses disciples et ses ennemis y attachassent grande importance. L'exorcisme, la guérison par la prière et par la foi étaient des pratiques courantes dans ce temps et dans ce milieu. Ce qui semble avoir produit le plus de sensation esl l'influence étonnante que Jésus exerçait sur une catégorie de malades que 1 On considérait comme spécialement possédés par les démons. La réalité de ces cures est attestée par le fait que les advei-sanes de Jésus ont été obligés d'en chercher une explication.
Les récits pai'ticuliers qui nous ont été transmis ne sont aucunement des procès-verbaux authentiques de ce qui advint en telle ou telle occasion. Ils ont été transposés, corrigés, amplifiés selon le goût des évang'élistes, l'intérêl de l'édification, les besoins de l'apologétique. Jésus a guéri beaucoup de démoniaques ; mais les évang-élistes, et Marc le premier, oui exploité ces guérisons en témoignage direct de sa messianité : ce sonl les démons qui ont reconnu d'abord le Fils de Dieu sur la terre ^. Cette façon de tourner les miracles en preuve existe tout autant pour les autres genres de guérisons, bien quelle ait été moins remarquée ^. L'histoire du paralytique semble avoir été racontée d'abord comme un miracle de la foi ; elle devient un argument messianique, et dans la bouche de Jésus lui-même, par la revendication pour le Fils de l'homme, c'est-à-dire pour Jésus déclaré Christ, du pouvoir de remettre les péchés '.
Toutefois les récils miraculeux ne sont pas une simple preuve. Ceux qui les racontent y voient une leçon ; ils les entendent et les interprètent comme des allégories en action , comme des réalités symboliques. Le l^oint de départ de quelques-uns semble même avoir été une métaphore ou une parabole, un sentiment de la foi, transformés en symbole matériel. Il peut y avoir un incident réel derrière le récit de la tempête apaisée ', mais il n'y en a probablement pas derrière l'histoire de Jésus marchant sui- la mer *". Les deux récits de la multiplication des pains sont