I. Cf. .I.N. XXI. r.K
"2. Me. I, '\'t: ni. Il ; mipr. p. 107.
;{. Voir le coiunientaire de Mr. xi, 2-6 iLc. vu, 18-23).
i. Me. n, ."i-lO; swpr. p. 87.
i». Voirie commentaire de Me. iv, X\-'ti, et parallèles.
t). Voir le connnentaire de Me. vi, 4.")-.j2, et parallèles.
184 LES ÉVAMilJ.KS SVNOPTIQIES
une instruction symbolique dont le thème a été fourni par lAncien Te>tament ' ; il est peu croyable que l'un ou l'autre de ces récits ait jamais trouvé place dans la prédication dun apôtre, bien cju'ils aient pu être mis en circulation avant la mort de Pierre et des principaux disciples. L'histoire de la Cananéenne et ccWe du (centurion -' sont parallèles : ce n'est pas à dire que l'une des deux soit dépourvue de fondement historique, mais toutes les deux visent la situation du (Christ à léy^ard des (lentils, et dans les deux, surtout dans celle du Centurion, l'interprétation allégorique a réaf^i sur la constitution du récit. Celui de la Cananéenne a existé d'abord sans l'application syndîohque ; on ne voit pas qu'il en ait été ainsi de l'autre. J^e récit de la transfiguration, quelle que soit son origine, est maintenant tout syndîolique. tout imprégné de messianisme; il procède de la tradition apocalyptique et résume l'apologie du christianisme primitif devant les Juifs ■^. S'il a son origine dans une vision du Uessuscité, il a été exploité pour l'élaboration messianique de l'Kvang'ile, et, dans sa forme traditionnelle, il n'a pas été recueilli de la bouche des apôtres qui y ont part. Le miracle du Hguier desséché met en action une parabole allégoriquement interprétée '. Allég"orie et récit font voir en Jésus le Messie visitant le peuple de Dieu.
Ainsi les miracles soid à la fois un argument de puissance et une révélation messianique. Les plus caractérisés comme miracles, la guérison du lépreux, la résurrection de la tille de Jair, que Jésus lui-même n'entendait pas présenter comme une véritable résurrection ', la guérison du sourd-muet, celle de l'aveugle de Bethsaïde ei celle de l'aveugle de Jéricho, acquièrent une signification symbolique qui leur permet d'entrer dans le cadre où les évangélistes ont voulu peindre le P'ils de Dieu en son œuvre messianique. Messie en acte, Jésus ne l'était devenu que par sa résurrection, et rien n'est plus facile à entendre que le récit de la transfiguration, si l'on suppose qu'il a été conçu d'abord comme la révélation, faite aux principaux apôtres, de l'exaltation de Jésus dans la gloire qui correspondait à sa \ocation. Mais il était tout naturel qu'on anticipât celle gloire dans la carrière terrestre du Sauveur, que l'on voulût dénionti-er le Christ par sa vie, et non seulement par les conséquences merveilleuses (le sa mort. La piété chrétienne aurait accompli spontanément ce travail, fpiand même elle nv aui-ait pas été sollicitée par un intérêt de prosély-
1. Voir le coniiiientaire de Me. vi, 32-4'f : vin, 1-9, et ijarallèlcs.
2. Me. vn, 24-30 (Mt. xv, 21-28), et Mr. vin, :J-13 (Le. vu, \-\0j; siipr. p. i:{(>.