‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 173 sur 829 · LA TRADITION ÉVANGÉI.IOUE · texte numérisé non relu

LA TRADITION ÉVANGÉI.IOUE

i;eail à l'aire un livre de ses discours. Sa doclrine se résumail dans la formule : « Repenle/.-vous. parce que le royaume des cicux esl pioche '. " Nul besoin ni oppoilunité d'en l'aire un code pour lavenir, puisqu'on ne prévoyait pas d'autre avenir que le royaume imminent, et que la seule chose importante était de s'y préparer. Les auditeurs oitlinaires de Jésus étaient des illettrés, et ses disciples étaient plus accoutumés à manier l'aviron du pécheur que le calame du scribe. Il est à présumer que les disciples mêmes ne filment jamais aucun elForl pour retenir ce qu'ils entendaient, et que leur mémoire garda seulement ce qui les avait le plus Trappes. L'enseignement du Christ n'avait pas la l'orme de harangue académique ou de sermon solennel ; il était relevé de sentences et de paraboles. Mais s'il nous esl parvenu presque uniquement dans des sentences el de petits récits que la tradition littéraire a combinés pour en l'aire des discours un peu étendus, c'est que les premiers auditeurs, devenus les dépositaires de ri'>vangile, ne retrouvaient dans leurs simvenirs que les éléments les plus saillants des inslructions de Jésus, les sentences incisives, les comparaisons vivantes, les piquantes histoires. 1^1 cette remarque ne vaut pas seulement pour les discours publics, mais j)our les enlreliens i'aniiliers avec les disciples : de ces conversations, il subsiste quelques lignes ; des avis généraux il reste un certain nombre de sentences dont on a composé des recueils analogues à ceux qui représentent la prédication publique. Quantité de sentences et de paraboles ont dû tomber dans l'oubli, avec les propos plus communs qui les avaient rl'abord entourés.

On peut dire qu'il n"a surnagé dans la mémoire des premiers fidèles que ce qui était d'utilité pratique et d'application directe pour l'édification des croyants et le progrès de la nouvelle religion, .\ussi bien ne se souvenait-on qu'en vue du prosélytisme, pour répandre la foi à l'Evangile et au Christ, pour régler la conduite de ceux qui acceptaient cette foi, pour organiser la communauté chrétienne. Les circonstances particulières dans lesquelles telle sentence ou telle parabole avaient été dites furent négligées, si tant est qu'on les eût retenues d'abord. Après avoir oublié vite ce dont on n'avait pas été particulièrement impressionné, on oublia presque volontairement ce qui se trouva sans intérêt pour l'instruction et la formation chrétiennes. Ce que l'on retint prit une forme didactique, caléchétique ; sentences et paraboles se groupèrent d'après 1 analogie de leur objet, pour aider la mémoire et pour la commodité de 1 eiiseignemenl. Il se forma des séries de sentences qui s'appelaient 1 une lautre. des chanies de paraboles apparentées. Puis vinrent les rédactions

Page 1