‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 177 sur 829 · Mt. xviii · texte numérisé non relu

Mt. xviii

192 M:s ÉVANGlLKvS SYNOPTIQUES

(les Églises, qui a été représeiiLée surtout par Pierre, et qui ne cesse pas (le létre par les héritiers de son ministère et de sa doctrine ' : voilà ce qu'on trouve dans le premier Évanf^iie, en paraphrase des enseignements concernant le royaume de Dieu. Le point de vue de Luc est plus étroit, mais il sai^il loujours du réi^ime à obsei'ver dans FEglise en attendant le royaume : pour le réflacleur du troisième Évangile, Télément essentiel de ce régime est la communauté des biens, par Tabandon que les riches doivent faire aux pauvres de ce qu'ils possèdent"-^. Le saci-ilice que Jésus avait réclamé pour le désintéressement non moins que pour la bieid'aisance, en vue de l'accession au royaume céleste, devient une condition normale de l'institution chrétienne telle que le Christ est censé l'avoir établie.

Le r(")le qui appartenait au Chi-ist lui-même tenant une bien plus grande place dans la prédication apostolique, même dès les premiers temps, que celle que Jésus avait pu lui taire dans son enseignement, il est tout naturel que la théologie messianique et les premières ébauches de christologie aient marqué aussi de leur influence la tradition écrite des discours attribués au Sauveur. Un a anticipé, en les multipliant, les déclarations messianiques. Ces déclarations sont en rapport avec l'anticipation générale de la gloire du Christ dans la carrière terrestre de Jésus.

Au point de vue de l'histoire, deux points semblent assurés qui contredisent et annulent la plupart des indications explicites qui se rencontrent maintenant dans les textes : Jésus ne s'est avoué Messie, même devant ses disciples, qu'à une périofle assez avancée de son ministère, et il a évité de se donner comme tel en public pendant toute la durée de sa prédication galiléenne ; en allant à Jérusalem, il avait Tintention de se déclarer Christ, ou l'espérance d'être déclaré tel par la manifestation du royaume céleste ; du moins est-ce en qualité de Messie, et en s'avouant tel, qu'il a été condamné à mort par Pilate, sur la dénonciation du sanhédrin. Mais, devant Pilate, il s'est reconnu simplement Messie « roi des Juifs •'' ». Le motif de la sentence, et la confession messianique de Pierre * se complètent et s'éclairent mutuellement. Toutes les spéculations ultérieures, y compris les plus modernes analyses de la conscience messianique du Sauveur, s'éclipsent devant ces simples paroles : « Tu es le Christ », « Tu es le roi des Juifs? — Tu l'as dit ». Si purement religieuse et morale qu'ait été sa conception du royaume, Jésus ne s'en regardait pas moins comme le Messie promis à Israël, et le futur roi des élus. S'il s'est

t. Mt. XVI, 17-19; xviii, 18. Voir le coinuieiitaire.

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