‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 182 sur 829 · Ap. XII. 1-fi, supr. cit · texte numérisé non relu

Ap. XII. 1-fi, supr. cit

chrétiennes. Cesl ainsi que l'idée de la conception virginale a été introduite après coup dans les récits de Luc '. Comme il a été observé plus haut, la diffusion de cette idée, lacceplation générale des textes qui la t'ont valoir ne peut guère être antérieure à la fin du i'^'' siècle ou au commencement du second.

Le développement de la tradition évangélique a donc suivi celui de la pensée chrétienne, et le développement de la pensée chrétienne était conditionné parles circonstances de Fapostolat chrétien, par la mentalité des nouveaux croyants, par les besoins de l'apologétique et de la propag-ande chrétiennes. Le christianisme y pi'end position surtout en face du judaïsme, dont il se dég'age et se détache de plus en plus, mais à Tégard duquel on dirait qu'il éprouve encore le besoin de se justifier. Il ne se met pas directement en face du paganisme pour le combattre et le réfuter. Bien que rÉvangile soit prêché aux païens, on dirait presque qu'il ne leur est pas immédiatement adressé. C'est que, en réalité, la prédication chrétienne dans le monde gréco-romain n'a l'ait encore que suivre la voie ouverte antérieurement par le judaïsme, qu'elle s'est adressée d'abord aux Juifs, puis aux païens qu'avait atteints la propagande juive, et que, sans se présenter sous le couvert du judaïsme, elle apparaissait comme une forme du judaïsme, elle se présentait elle-même comme l'expression authentique de l'espérance d'Israël. Les influences extérieures qui se sont exercées sur le christianisme naissant ne sont pas autres que celles qui s'exerçaient sur le judaïsme, et ce doit être principalement par l'intermédiaire de celui-ci qu'elles ont imprégné le message apostolique. Religions orientales et philosophie hellénistique avaient déteint sur las croyances juives avant que le christianisme se répandît dans le monde. C'est à ce judaïsme plus ou moins pénétré de paganisme que l'Évangile dut s'adapter, et qu'il s'adapta d'abord, avant d'entrer en contact immédiat avec le paganisme, au commencement du second siècle.

Quant à l'histoire de la littérature évangélique, ou a déjà pu voir qu'elle est impossible à reconstituer autrement que par t'onjecture. A une époque relativement ancienne, les principales sentences et paraboles dont la génération apostolique avait gardé le souvenir furent mises par écrit. Il est vraisemblable, sinon tout à fait certain, que ce premier recueil avait été rédigé en araméen ; il paraît avoir été gardé d'abord par des judéochrétiens qui l'ont glosé en certains points conformément à leur esprit. Une esquisse du ministère de Jésus, de sa passion, peut-être aussi de la première institution du christianisme, a pareillement existé de très bonne heure, soit annexée au recueil de discours, soit plutôt indépendante de ce recueil. La première rédaction de ces documents pour-

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