‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 183 sur 829 · I. Voir le commentaire de Le i, .T4-3.S · texte numérisé non relu

I. Voir le commentaire de Le i, .T4-3.S

LA TRADITION ÉVAiNGÉLIQUE 199

rait être uotableinent antérieure à Fan 70, bien qu'on ne doive pas sans^ doute remonter plus haut que l'an 50. C'étaient des opuscules catéchétiques, instruments d'apostolat, petits répertoires d'enseignement, qui étaient devenus très utiles, voire indispensables aux prédicateurs chrétiens qui n'avaient pas entendu le Sauveur. Ces petits écrits furent beaucoup copiés, et il n'est sans doute pas téméraire de supposer qu'il n'en existait g'uère de copies semblables. On les interprétait et on les complétait, ou les coi'rigeait au besoin en les copiant. Le recueil s'enrichissait de nouvelles sentences, et la i-elalion historique de nouvelles anecdotes. Bientôt les récits s'amalgamèrent aux discours pour former un seul livre d'instruction. Le plus ancien essai de ce genre qui nous soit parvenu est l'Evangile dit de Marc, rédigé, peu après Fan 70, par un compilateur tout pénétré des idées de Paul. Le prologue de Luc donne à penser que d'autres essais du même genre ont existé, qui ont trouvé moins de crédit. Peut-être FÉvangile de Marc fut-il d'abord aux mains de quelque grande communauté, et l'on songe tout naturellement à l'Église romaine. Ce n'était néanmoins qu'une ébauche insuffisante, qui supposait la conservation du recueil de discours. Des compilateurs plus récents incorporèrent en un seul livre tous les matériaux traditionnels. Ces travaux se poursuivaient en des milieux distincts, et sans entente mutuelle. Des acquisitions assez disparates ont pu se faire ainsi en des endroits distants. Les récits de l'enfance, dans Matthieu et tlans Luc, n'auraient pu être rédigés d'abord pour l'édification de la même communauté. Il a fallu qu'ils fussent écrits séparément, puis qu'ils gagnassent du terrain avant de sirencontrer, que leur diffusion leur eût déjà donné assez d'autorité, pour que leur contradiction ne pût leur faire tort.

Il aurait été infiniment plus naturel de n'avoir qu'un évangile \ et Fou aurait pu y aboutir si la dispersion des communautés et le défaut de centralisation n'y avaient fait obstacle. Si l'Eglise universelle avait pu faire ce que fit l'Eglise d'Edesse, adopter un seul évangile compilé sur les textes les plus autorisés, on peut croire quelle n'y aurait pas manqué. Mais ce qui était possible dans une communauté isolée n'était pas possible pour l'ensemble des communautés. Il n'existait pas de pouvoir central assez fort pour imposer à tous un livre de ce genre. La conformité s'établit par une autre voie. L'échange des livres mit les différentes communautés en possession des principaux écrits évangéliques. L'entente des Eglises les plus influentes en fixa le nombre, et l'on fit peu attention à des divergences qui ne portaient pas sur les principes de la foi ^. L'admission ultérieure du quatrième Evangile •', grande v ision d'un théo-

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