‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 189 sur 829 · Me. v · texte numérisé non relu

Me. v

c'fipablL's (11' le secoiidei- '. In louji; noviciat n'était pas nécessaire. Les messagers de ll^Aangile avaient surtout à dire que le royaume était proche -. (Tétait le thème fondamental de l'enseignement donné par Jésus lui-même, et les nouveaux prédicateurs n'avaient qu'à le traiter de la même manière que leur Maître. Ils étaient douze, parce que le royaume devait accomplir les promesses de Dieu à Israël, et que l'Israël de la tradition pi-ophétique avait douze tribus. Jésus lui-même ne s'adressait qu'aux Juil's, et il n'envoya pas ses disciples aux Gentils ^. Mais la mission des Douze atteste la confiance qu'il avait dans le succès de l'œuvre évangélique. Le lésultal immédiat de cette mission n était pas fait pour le décourager. Il semble que les « envoyés », les apôtres, allant deux par deux dans h's \ dlages galiléens oii la renommée de Jésus les avait précédés, furent bien accueillis ; on écouta leur avertissement ; on leur présenta des malades à guérir, et il y eut des guérisons '.

Cepeiulant le progrès même de l'Kvangile devait lui susciter des obstacles. Par suite de la mission des Douze, le mouvement vint à la connaissance d'Antipas '. Or il suffisait que l'autorité fût prévenue pour être inquiète, et qu'elle fût inquiète pour être aussitôt menaçante. La crainte ptilitique arrivait au secours de la haine religieuse, car Jésus avait déjà provoqué, en même temps que l'enthousiasme populaire, la défiance, la jalousie et l'hostilité des docteurs officiels de sa nation. Ce qu'il }" avait de pharisiens rigides et de scribes en Galilée était contre lui. Étranger aux subtilités de l'enseignement rabbinique, sorti du peuple et parlant au peuple, prêchant la religion qu il avait au comr, et non celle qui était dans les livres, interprétant an besoin l'Écriture par sa conscience, au lieu d'en faire fléchir l'esprit sous le poids de la lettre, Jésus ne trouvait pas son auditoire parmi les puritains, mais plutôt parmi les déclassés tlu juda'isme ''. Il ne connaissait qu'un obstacle au règne de Dieu, le j)éché ; an péché il ne connaissait qu'un remède, le repentir; mais le repentir était suffisant, il était absolument efficace, parce que Dieu est bon et miséricordieux, parce qu'il est le Père. Ainsi l'Evangile du royaume était l'Evangile du j)ardon, on |jourrait presque dire l'Evangile des pécheurs.

Du .système de pratiques où la tradition des pharisiens avait enchaîné la vie et la piété juives, il n'était que peu ou point question, Jésus avait

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