‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 204 sur 829 · Cf. II Sam. vu · texte numérisé non relu

Cf. II Sam. vu

228 LES KVAiNdlLES SY^OPTlQt;ES

relii^ioM. I.es personnages connus sous le nom de prophètes étaient les représentants du iahvéisme progressiste, à côté des prêtres qui représentaient, en Israël comme ailleurs, la stabilité de la tradition cultuelle. Les prophètes se tirent un idéal de justice et de moralité qui était à la fois le caractère de lahvé, la règle de son alliance et le principe de sa faveur. En même temps qu'ils concevaient lahvé comme le Dieu unique auprès duquel les dieux étrangers n'étaient que des puissances subordonnées ou des idoles de néant, ils voyaient en lui le juge des consciences, à qui nul hommage n'est plus agréable que la pureté du cœur et Téquité. l'irréprochabilité de la conduite ; qui n'agrée pas les sacrilices pour eux-mêmes, et qui les a plutôt en abomination s'ils sont offerts par des hommes injustes, en vue de le g'agner par des présents, et comme s'il avait besoin des holaucaustes '. Si maintenant la nation est éprouvée, ce n'est pas seulement parce que lahvé est en colère et qu'il veut châtier son peuple, c'est qu'il a une raison de le châtier, et qu'il entreprend de le purifier. Que l'on s'abstienne de l'idolâtrie, que l'on pratique la justice et le droit, et l'on aura la paix dans la plus entière prospérité. Ce sera le bonheur dans la justice, et lahvé tiendra les nations en respect, pour qu'elles ne troublent pas la sécurité du ])euple élu. Serontelles de leur côté attirées vers Israël et son Dieu, qui apparaît comme le Dieu de l'univers ? Certaines voix le proclament - ; mais si quelquesunes semblent leur attribuer une place et une part égale à celle d'Israël dans la félicité commune, le plus ordinairement la participation des Gentils est un élément accessoire dans la perspective du règne de justice, et cette participation même est plutôt celle de sujets ou de tributaires que celle de citoyens du royaume ^. Le nationalisme primitif subsistait au moins dans le cadre et l'économie extérieure du royaume de- Dieu; il se maintient encore de cette manière jusque dans IKvangile de Jésus.

Cependant le règne de Dieu n'est pas une simple réforme sauvegardant le droit du Créateur et garantissant le bonheur des croyants. L'action de lahvé ne s'exerce pas seulement dans le cœur des individus et dans l'histoire des peuples, elle gouverne l'univers entier, dirigeant toutes ses puissances et domptant celles qui sont ennemies de l'ordre. Toutes les vieilles cosmogonies connaissent une lutte de la lumière et des ténèbres, de la force qui organise le monde, et de celle qui fait le chaos. Li tradition d'Israël n'ignorail pas cette lutte épique du Dieu créateur contre le chaos personnifié ; mais de même que la mytholog'ie

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