‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 206 sur 829 · Cf. D.\N. VII · texte numérisé non relu

Cf. D.\N. VII

.'i. Dan. XII. 2. Cl'. Volz, 129-1:}:^.

6. <( Le royaume des cieux ». f, [ia'j'.ÀE'a kov oGpavtov, dans Matthieu, « le royaume de Dieu »,yj jîad-.Àcîa toj fJeoj, dans Marc et dans Luc (Jean, Actes, Paul), est proprement le règne ou la royauté de Dieu, l'ère messianique. La formule « royaume des cieux » ne signifie pas que le règne de Dieu aura son accomplissement au ciel, ni même qu'il viendra du ciel, si l'on entend par là qu'il y serait préexistant et qu'il n'aurait qu'à descendre tout formé sur la terre- Le règne de Dieu vient du ciel en tant qu'il est l'ordre divin des choses s'in-

pas s'èLre soucié de répandre celle espérance là où elle n'existait pas encore, c'est-à-dire chez les païens; il s'adresse aux seuls Juifs, comme s'il n'était envoyé qu'à eux. « Le pain des enfants n'est pas lail pour les chiens ' », répondait-il à la femme phénicienne qui lui flemandait un miracle. Parole involontairement dure et méprisante, que le plus fanatique des pharisiens n'eût pas désavouée, et que la g^lose de Matthieu atténue en l'interprétant : « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Isi'aël ^ ». Il est sous-entendu que d'aulres sei^ont envoyés plus tard aux Gentils •*. Mais l'évangélisation ultérieure du monde païen est une idée étrangère à la prédication de Jésus ; dans les années qui suivirent sa mort, les apôtres étaient encore persuadés que la fin viendrait avant qu'on eût seulement porté l'Évangile dans toutes les villes de Palestine '. Pour ce qui est de sa destination, le royaume des cieux reste ce qu'il était dans l'enseignement des prophètes. Les promesses faites à la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob se réaliseront d'abord pour elle ; les païens ne sont pas censés y être appelés au même titre que les entants d'Israël, et c'est pourquoi Jésus ne songe pas à les convertir comme les Juifs, ni à les prévenir de la venue prochaine du royaume céleste. 11 ne sont pas pourtant exclus du royaume, dont l'avènement, à ce qu'il semble, leur servira de prédication et d'avertissement. C'est alors que " beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident pour se mettre à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux », tandis que ■< les héritiers du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures '■' ». Les élus des Gentils prendront la place des

Uoduisant dans le monde ; mais il seinljie (jue, dans l'usage tiu temps, comnic plus tard dans la littérature talmudique, le mot Cieux ait été employé comme synonyme de Dieu pour éviter de prononcer le nom divin fcf. Dalman, Dii' Worte Jesu, I, 76-77). L'échange des deux noms dans les Synoptiques confirme cette hypothèse. On peut croire, bien que l'opinion contraire ait des défenseurs très autorisés, que la formule « règne des Cieux » est primitive, et qu'elle a été employée par le Sauveur, sans doute aussi avant lui par Jean-Baptiste. Marc et Luc auront mis « Dieu » à la place de « Cieux », pour éviter un idiotisme hébreu qui aurait déconcerté leurs lecteurs. L'emploi absolu du mol '^ociù.doi (Mt. IV, 23 ; vin, 12 ; ix, 33 ; xiii, 19, 38 ; xxiv, 14 ; xxv, 34 ; Le. xn, 32j appartient au style des évangélistes. Les passages oi^i il est parlé du règne de Jésus (Mt. XVI, 28 ; xx, 21 ; Le. i, 33 ; xxii, 29-30 : xxiii, 42^ ne sont pas non plus de tradition primitive.

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