‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 207 sur 829 · Voir le commentaii'e de Mx. x · texte numérisé non relu

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"). Mt. viii, 11-12 :'Lc. xiii, 28-29 .

l'enseigmemp:nt de jésus 231

Juifs qui seroul réprouvés. Le royaume des cieux n'en esl pas moins comme un royaume d'Israël en l'orme céleste ; les Gentils y sont agrégés à Israël, et Ton ne peut pas dire que Thumanité y soit accueillie sans aucune distinction ])pès de Dieu, ou bien il faut reconnaître que, dans la perspective, Israël esl presque toute Thumanité.

Cependant l'idée nationaliste du royaume est corrigée en deux points essentiels, à savoir le caractère de sa réalisation et les conditions d'admissibilité. Le règne de Dieu nest pas une institution politique, et il n'en faul pas cliercher rétablissement par les moyens qui servent à fonder les monarchies, à créer, à garantir et à défendre l'indépendance des nations. Les joies du royaume céleste appartiennent essentiellement à l'ordre moral ; sa loi est la justice ; Diea qui le veut le fera ; les hommes qui v aspirent contribuent à son avènement par la simplicité de leur foi cl la pureté de leur vie ; essayer de l'amener par la force des armes serait en méconnaitre le caractère et faire injure à Dieu. Par ce côté, l'œuvre du Christ n'a rien de commun avec celle d'un Judas Machabée. Sans doute les élus du royaume ne dépendront d'aucune puissance humaine, la servitude que les nations font peser sur Israël sera détruite, il ne restera aucune place pour l'autorité de César dans la cité de Dieu ; mais Dieu lui-même fera la substitution de sa royauté à celle des hommes. Le respect de Jésus pour les autorités constituées esl ainsi tout négatif. Dans sa réponse à la question du tribut, il n'entendait aucunement consacrer le droit de (^ésar comme un principe de la société à venir '. Il esl impossible que César n appartienne pas à l'économie providentielle des choses de ce monde ; il y appartient comme Sennachérib et Nabuchodonosor ^ ; il n'appartient pas à l'économie définitive du règne de Dieu, et son pouvoir tombera, comme il convient, avec celui de Satan, dont il est, à certains égards, le représentant -^ En attendant qu'il plaise à Dieu de briser le joug de son peuple, celui-ci doit courl)er la tête, comme Isaïe déjà le conseillait au teiups des Assyriens ', Jérémie au temps de l'empire chaldéen '. La notion purement spirituelle que Jésus se forme du royaume céleste, et la façon dont il veut en préparer lavènemenl le dispensent de tout souci à lendroil des pouvoirs temporels, qu'il ne

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