Cf. Is. X, :i-19; Jkr. xxv, 1-il
.). et". Ap. xni, 1-8; xvii-xvni.
4. Cf. Is. X, f) ; XIV, 24-27; xx, 1-6; xxx, l-ii. Selon Isaïe, c'est ù lahvé seul qu'il appartient de délivrer son peuple, et le recours à un appui étranger lui fait injure. L'analoj^ie de cette disposition avec l'attitude de Jésus n'a pas besoin d'être démontrée.
"i. Cf. JiÎR. xxvn-xxix.
232 LES ÉVA>'GlLi;.S SV^UPTI(JlES
veut pas romballre, qu'il n'a pas rmleiiLion de .soutenir, et qui sont dans la main de Dieu jusqu'au jour prochain de leur auéanlissenienl. L'Evanf^ile ne sera donc pas une entreprise de guerre sainte, en vue d'elTecluer par un molil relii^ieux la libération nationale, mais une préparation des cœurs en vue de la justice que Dieu réclame de ses lidèles pour leur manifester sa i;loire.
II suit de là que le droit au royaume, en tant que droit il y a, ne repose pas sur la qualité d'israélite et ne l'implique pas nécessairement. Jésus n'appelle en lait que les Juifs, mais ce n'est pas en tant que Juifs, c'est en tant que justes qu'ils auront accès à la table du Père. L'admission des Gentils ne comporte donc aucune difïiculté de principe. Ceux qui se trouveraient dans les dispositions morales que Dieu demande pourraient avoir part au royaume, tandis que les Juifs qui n'ont pas ces dispositions invoqueront inutilement le titre de leur origine. C'est ce que supposent l'apostrophe aux villes galiléennes : « Malheur à toi, Ghorazin ! malheur à toi, Bethsaïde ! parce que si c'eût été à Tyr et à Sidon que fussent arrivés les miracles qui ont eu lieu chez vous, depuis longtemps elles auraient fait pénitence dans le cilice et la cendre ; mais, je vous le dis, il sera fait à Tyr et à Sidon un sort plus tolérable qu'à vous le jour du jugement ' », et, d'une manière plus expressive, la déclaration : « Les hommes de Ninive se lèveront, au jugement, avec cette génération, et la condamneront, parce qu'ils se sont repentis à la prédication de Jouas ; et il y a ici plus que Jonas » -. Ainsi les Ninivites qui ont écouté Jonas ressusciteront au jour du jugement, pour être admis au royaume, tandis que les Juifs qui n'ont pas écouté Jésus n'y seront |)oint acceptés. Il ii'hnporte pas que l'on soit juif ou païen, pourvu qu'on ait eu le repentir.
Le repentir dont il s'agit n'est pas un simple regret des péchés commis, mais une sorte de rénovation intérieure, un changement d'esprit qui entraine après soi un changement de vie; d'ailleurs péché et repentir ne s'entendent que par rapport à une règle du bien dont on s'aperçoit et l'on reconnaît avec douleur qu'on s'est écarté. Pour Jésus, cette règle n'est pas le type de perfection selon la Loi littéralement comprise et appliquée, comme la pratiquaient les pharisiens. De même que le royaume est une réalité prin(i|)alement spirituelle et morale, qui s'introduira parla seule puissance et la volonté de Dieu, qui est esprit et qui est sainteté, la morale du royaume est une réalité principalement intérieure, un esprit qui anime toute la conduite, plutôt qu'une règle imposée du dehors aux sentiments et à l'action.
Cette morale, en effet, ne s'autorise pas d'une ti-adilion d école,