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comme la iiiorak' des scribes; elle ne s'autorise même pas de la J.oi, car elle préleml la compléter, la pei-rectioniier, au roiitl la corriger. On a pu dire avec raison que Jésus rejoint les prophètes en passant par dessus la Loi ', si l'on entend par Loi le légalisme qui s'introduit en Israël avec la canonisation du Pentateuque, et si l'on observe d'ailleurs que 1 esprit des prophètes n'avait pas disparu tout entier avec les prophètes, la piété de la plupart des psalmistes sutFisant à montrer que le sentiment intérieur de la religion n'a jamais été tout à tait éclipsé par le souci de la réglementation extérieure. Mais Jésus ne s'autorise même pas des prophètes, et il n'a pas eu l'intention de les imiter dans son attitude à l'égard de la Loi; il suit l'impulsion de sa propre nature et de l'espi'it qui est en lui ; il oppose la voix de sa conscience à la tradition des scribes. Là est précisément lOriginalité de son enseignement, qui, si on le prenait })ièce à pièce, pitunail se retrouver épars dans les écrits bibliques ou dans les dits des rabbins. Comme tout homme qui parle à des hommes, Jésus prend ses idées dans le trésor commun de son milieu et de son temps; mais, j)Oui- le parti qu'il en tire, il ne procède de personne. Cette indépendance résulte probablement à la fois de son caractère et des circonstani;es de son éducation. Toujours est-il qu'elle s'affirme nettement, et l'on peut dire aussi presque inconsciemment, Jésus ne doutant pas que sa façon d'interprétei- et de transformer la Loi ne soit conforme à l'esprit et aux intentions de Dieu, auteur de la Loi. Quand il s'agit de défendre sa manière de voii- sur des points particuliers où il change l'état de la législation, il en appelle à des passages de l'Ecritui'e qui lui fournissent un témoignage de la pensée divine; c'est ce qui arrive, par exemple, pour le divorce-. Jésus n'a pas la prétention de se mettre au-dessus de la Loi, ni même d'opposer son autorité à celle de Mo'ise *', mais il se dégage spontanément des entraves de la lettre, et il ne parait si sûi- de lui-même que parce qu il est sûr de Dieu.
Le règne de Dieu sera un règne de justice ; il faut éti'e juste pour y avoir part ; la sainteté que i-éclame l'Evangile est déjà, sauf les dilTérences que produira le changement de l'économie naturelle de l'univers, la sainteté qui fera l'ordre du royaume céleste. Elle se résume en un seul précepte, celui fie l'amour ''. Dieu est bon. il aime les hommes ses enfants, bon>i et mauvais, sans exception. La |)r(Mi\e en est qu'il ne met aucune