‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 210 sur 829 · Voir le commentaire de Me. x · texte numérisé non relu

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■i. Sur les passages tels que les formules nntithétiques employées dans Mt. V. 21-48, ou que Me. u, 28, dont on pourrait tirer une conclusion différente, voir supr. pp. 88, 123, et le commentaire.

k Me. Ml, iX-U (Mr. xxii, 34-40; Le. x, 2.Ï-28;.

différence entre les uns et les autres clans la distribulioii de ses dons : le soleil est pour tout le monde; la pluie tombe sur tous les champs '. Il faut être bon comme Dieu, il faut aimer Dieu et les hommes enfants de Dieu; il faut aimer les méchants comme les bons; il faut subir le mal, comme Dieu en réalité le supporte ; il faut pardonner aussi promptemeut et aussi g-énéreusement que Dieu pardonne -. Dieu ne peut pas êtr(^, d n'est pas miséricordieux pour qui n a pas de miséricorde.

Partant de ce principe, Jésus formule certaines rèt^les pratiques •' dont on ne doit pas dire qu'elles sont paradoxales, mais quelles concernent la perfection de l'individu, candidat au royaume des cieux, sans éj^ard aux conditions normales de la société humaine, laquelle est d'autant moins imparfaite que l'égalité réciproque des droits et des devoirs y est plus largement reconnue et effectuée, en même temps que des précautions suffisantes sont prises pour protéger l'ordre et la paix contre ceux qui voudraient les troubler. Supprimer le serment parce que la sincérité est un devoir, que la parole d'un honnête homme n'a pas besoin d'autre garantie, et qu'il est plus respectueux pour le nom divin de ne p is l'invoquer, même à l'appui d'une assertion vraie, était il'une telle hardiesse que les chrétiens, malgré le Christ, ont retenu et retiennent encore l'usage que Jésus a prohibé. Tendre la joue gauche quand on reçoit un soufflet sur la droite, laisser prendre sa tunique à qui a déjà pris le manteau, sorïl des actes de patience qui peuvent être fort méritoires pour un particulier; mais un pays où tous les honnêtes gens se conformeraient à ces maximes, aii lieu de ressembler au royaume des cieux, serait le paradis des voleurs et des scélérats. lîlnvisag'eant la fin imminente d'un ordre social qu'il nv avait pas lieu de vouloir sauver ni même améliorer, Jésus recommandait aux siens d'en subir tous les inconvénients possibles, en esprit de charité, et dans l'attente de la félicité promise, [.'invitation à tout sacrifier pour le royaume ' présente le même caractère d'exigence enthousiaste, et l'on peut en dire autant de la façon d'entendre l'aumône '. S alfranchir de tout lien terrestre, se soustraire aux inconvénients moraux que [)eut avoir et aux emiiarras que crée le soin des intérêts matériels, naxoir pus même souci des nécessités naturelles, le vêtement, le boire cl le manger, s'en remettre à Dieu pour tout, après avoir tout abandonné, vivre aussi librement que les oiseaux du ciel *•, avec l'amour de Dieu et des hommes, la

f . Mt. V, 43-48 (Ix:. M, 32-30).

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