Mt. MX
Il est dil seiileinoul qu'on doil recevoir -.wcv une simplicilé (reiifaiil la promesse du royaiiuie céleste '. Que ce soil sou mérile ou son défaut, ou bien l'un el iaulre à la lois, toute la morale de l'Évanijile est donc subordonnée à la conception eschatologique du règne de Dieu ; elle en fait parlie, et si on essaie de l'en détacher pour en faire l'essentiel de l'Evangile el du royaume, l'essentiel de la foi et de la religion, en même temps qu'une instruction suilisanle pour la direction de 1 individu, I instilution de la famille et l'instauration de la société dans tous les temps, on n'aura qu'une doctrine sublime, mais incomplète, inapplicable, jetée t'omme en déti à l'expérience des hommes et à la réalité des choses.
Bien qu'on ail, depuis l'origine du christianisme el jusqu à nos jours, cherché de bonne foi à réduire la pari de l'élément eschatologique dans la prédication du Sauveur, l'historien ne |)eul se dissimuler que cette pari a été prépondérante, en tant du moins qu'il coua ient d'y reconnaître le j)rincipe moteur de rÉvangile. Ainsi qudn vient de le voir, toul renseignement moral du Christ est conçu en vue de l'avènemenl du règne de Dieu, avènement <pii n est |)as censé devoir se faire attendre indéfiniment ou se |)roduire par une lente transformation de Ihunianité, mais qui est supposé prt)chain ou plutôt imminent. Le |)eu de place que tiennent les descriptions apocalyptiques dans les discours authentiques de Jésus ne doit pas faire illusion sur ce point. Son eschatol(»gie n avait rien d'un système doctement élaboré sur les prophéties, et habilement adapte aux circonstances de l'histoire. Il se figurait les élus dans une atmosphère de joie et de paix, menant une existence analogue à ce qu'on s'imaginait être la vie des anges -, sui- une terre renouvelée, qui était comme un autre ciel. L'important n'était pas de déc'rire par avance les charmes de cette félicité, mais (le s'y assurer d'abord une part. Aucune suite d événements n'était censée la condition préalable de ce fait qui devait terminer l'histoire. Les temps étaient accomplis. Dieu allait se manifester ; il devait venir bientôt et à limprovisle. C'est ce que signifient très clairement les avertissements multipliés de se tenir prêts, de veiller, la déclaration formelle touchant l'apparition du Messie au cours de la génération présente •^, les paroles caractéristiques du dernier repas ', où Jésus semble bien plus certain de la venue prochaine du royaume que de la mort qui l'attend lui-même le lendemain. Ou vient de voir que cette forme de l'espérance rend compte du caractère idéal et impraticable de la morale évangélique, si on la considère dans son ensemble el selon sa signification originelle.