‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 214 sur 829 · Mt. xxv · texte numérisé non relu

Mt. xxv

t. Voir supr. p. 134, et le eoniinentaire de .VIt. xxv, 31-4tt.

.^. Cf. Le. xvii, 2r.-3(), 34-37 Mr. xxiv, 37-41. 28).

238 LES ÉVA.\(;ii.i;s sv.\(»i'riyLEs

à un anéantissement total de la personnalilé humaine dans la mort. I']n vain les prophètes et les sages avaient essayé de réagir contre la croyance vulg-aire, source de superstitions qui devenaient un véritable culte, suspect aux monothéistes rigides. L'instinct religieux avait été plus fort cpie la foi réfléchie, et celle-ci tinalemenl ifavait pas laissé de trouver avantage, pour sauvegarder un autre de ses points essentiels, la justice de Jahvé envers tous les hommes en général et chacun en particulier, à s'emparer de ridée populaire, à la préciser même et à la développer, en affirmant que non seulement le juste n'était pas anéanti par la moi't, mais qu'il devait revivre dans le triomphe de Dieu, quand viendrait sou règne '. Nulle anthropologie savante ne faisait obstacle à cette assertion de la foi. i^'individu était censé garder dans la tombe (et l'on se représentait le séjour des morts comme le tombeau universel) une subsistance vague ou plutôt vapoleuse et incomplète, mais réelle : rien de plus facile au Créateur que de le rappeler an monde des vivants, de fortifier cette personnalité débile, et de l'adapter aux conditions de la félicité due à ses mérites. Avec ce point de départ, on n'était pas embarrassé pour répondre aux objections des rationalistes sadducéens. Nulle impossibilité à cette restauration, puisque Dieu est tout-puissant ; nulle diniculté non plus à raison des rapports qui ont existé entie les hommes dui-ant leur existence terrestre, vu que les lois de la vie future ne sont pas les mêmes que celles de la vie présente "-. L idée de rame immortelle aurait simplifié la question, mais elle aurait bouleversé en même temps tout le système, parce que, si la personnalité (le l'homme subsiste tout entière dans son âme, et si l'âme peut être ainsi heureuse ou malheureuse à jamais, le règne des justes n'a pas besoin de s'établir par un bouleversement de la nature et comme au bout de l'histoire, il est tout organisé au-dessus de la nature et du monde visible, audessus de l'histoire et de l'humanité. La notion évangélique du royaume n'est pas si spirituelle; les hommes qui y auront part seront en chair et en os ; ils ne se marieront pas, parce qu'ils seront immortels, mais ce n'est point par pure métaphore qu'on se les figure assemblés dans un festin ■*. Jésus était surtout préoccupé du sort des justes, il recrutait des aspirants au bonheur du royaume, et il ne s'est pas étendu sur la destinée qui attendait les incrédules ou les indifférents. Il est possible que sa pensée ait été assez flottante en un sujet où nulle expérience ne facilite la précision. Cependant, quanfl il montie les justes pris pour le royaume, et les autres

Page 1