JuG. IX, 7-io
4. La comparaison du Christ avec les renards el les oiseaux iMi. viii. 20; Le. IX, .ï8), surtout celle des vautours et du cadavre (^Mt. xxiv, 28; Le. xvu, 37 montrent qu'une parabole tirée des mœurs des animaux ne répugnait pas à l'esprit de l'Evangile. Le fait est qu'il ne s'en est pas conservé de telles, car la parabole de la Brel)is fjerdue ne met réellement en scène que le berger.
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boles esl prise de ce qui arrive, non de ce qui n'arrive pas. De ces deux différences de tond résulte une fliU'érence de ton, celui de la parabole étant toujours ;.;rave sans cesser d'être n.iturel, et ne s'é^ayant pas jusqu'au pur comique, ce que la fable ne s'interdit pas.
La fable étant un moyen approprié à l'instruction des enfants, des ig^norants et des simples, Jésus s'en est servi parce que ce moyen convenait à son auditoire et lui a^^péait à lui-même. Il en a usé dès le commencement. Si Marc et Matthieu semblent dire qu'il ne l'a employé qu à partir dune certaine époque', c'est à raison de l'idée qu'ils se sont faite de sa destination : le Christ parlerait en paraboles depuis le moment où, ayant j;roupé ses disciples, il s'appliquerait à réaliser le décret de réprobation porté contre les Juifs. Mais cette perspective est purement conventionnelle -. Le Sauveur a di*! employer la parabole dès les premiers temps de sa prédication, et se trouver encouragé par le succès à en dire de nouvelles jusqu'à la fin de son ministère. Au lieu qu'il les ait cherchées pour aveugler, elles lui sont venues comme d'elles-même pour éclairer, parce que tout ce qu'il voyait lui devenait moyen de saisir et de faire entendre par comparaison quelque chose de plus g-rand -^ Son âme était comme un miroir sans tache où la nature et le monde se reflétaient dans la lumière intime de sa conscience. Les analogies se présentaient naturellement à son esprit, et, sans étude ni préméditation, ni calcul, avec l'assurance fie parler comme il fallait, il donnait à sa pensée le vêtement de la parabole, conduisant ses naïfs auditeurs du connu à l'inconnu, du monde sensible au monde spirituel, à l'économie et aux lois, nullement mystérieuses, du royaume céleste. Ce n'est même pas pour aider la mémoire ou pour piquer l'attention qu'il recourait à ces petits contes : c'était, avant tout, pour traduire sa pensée avec plus de clarté et de force persuasive. Il semait la parole et les paraboles, persuadé que, nonobstant le déchet qui se produit sur toute semence, il y aurait une moisson.
Le royaume céleste est la joie des biens à venir. la félicité promise aux
i. Les données des livang-iles sur ce point sont assez confuses. Me. iv, tO-13, fait supposer que les disciples n'ont jamais entendu de paraboles avant le Semeur; cependant le Christ parle déjà « en paraboles » dans Me. m, 23, et il fait une triple parabole dans Me. ii, 19-22. Mattliieu supprime la difiiculté en n'employant pas le mot « parabole " avant xiii, 3, bien quil ait reproduit auparavant plusieurs morceaux ({ui ont droit au nom de paraboles et qui le portent dans Marc. Luc parle plusieurs fois iiv, 23; v, 36; vi, 39) de paraboles avant vni, 9; mais il a eu soin de ne faire demander en ce dernier endroit que l'explication du Semeur, non la raison générale des paraboles.
2. Sur la façon dont la tradition a compris le but des paraboles, voir le commentaire de Me. IV, 11-12, et parallèles.