Mt. XI, 25-30 (voir supr. p. 127, et le commentaire
4. Mt. xxviri, 18-20 (voir supr. p. 135, et le commentaire;. :■>. Cf. s;//>/-. 11. t, et p. 195; voir QÉ. 129, 131.
LA POBMK LITTÉRAIRE 257
plicité même, et par le relief intense que prend le trait principal de l'anecdote auquel tous les autres sont coordonnés. Il en est, à cet égard, des paraboles ' comme des récits concernant les miracles et la passion de Jésus. Si Ion met à part les amplifications rédactionnelles, récits et paraboles se présentent comme desimpies esquisses, à la fois rudimentaires et complètes, où la puissance du génie populaire se révèle dans un lang^ag'e d'enfant.
Ce caractère des récits primitifs et la forme des sentences ont été plus ou moins modifiés par les rédacteurs évangéliques. On a déjà pu voir que le plus personnel, et il est permis d'ajouter le moins littéraire des trois Synoptiques, est Marc. Il traite les sources plus hardiment et moins adroitement que Matthieu et que Luc. Il tranche et il ajoute avec une sorte de brutalité, sans plus se soucier des incohérences qui en résultent pour la forme, que des invraisemblances et des contradictions qui en résultent pour le fond. Il n'a pas fait un livre, mais une libre compilation où il est très difficile de démêler un ordre et un plan. Il aime la couleur, on pourrait presque dire le réalisme, et il lui arrive de charger ses descriptions de détails qui peuvent sembler pris sur le vif, mais qui n'attestent peut-être que la vigueur un tant soit peu rustique de son imagination -. Aucun goût littéraire, aucun sens de l'équilibre ou des proportions, soit pour les phrases ^, soit pour les récits et discours ', soit pour leur groupement et l'ensemble du livre ^. Si, comme il est probable, il a terminé son Évangile sur la réflexion : « Et (les femmes) ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ^ », il a été aussi malhabile dans l'invention de ce détail que dans la façon de conclure son histoire du Christ.
t. Cf. Etudes évangéliques, 61.
2. Lire, par exemple, le possédé de Gérasa (v, i-21), la fille de Jaïr (v, 22-43)^ l'agonie de Gethsémani (xiv, 32-42), Jésus devant le grand prêtre (xiv, 53-65), devant Pilate (xv, 1-15), les femmes au tombeau (xvi, 1-8). Tout cela est très vivant, mais comme impression, et la force du trait y est, sans la précision naturelle du souvenir.
3. Sans parler du début (i, 1-4), qui a pu être surchargé, il suffit de renvoyer à VI, 7-8; VII, 1-5; ix, 12-13.
4. Gaucheries de la rédaction dans ii, 13-17 (combinaison de la vocation de Lévi avec la parole sur la fréquentation des publicains, supr. p. 88); m, 20-35 (combinaison de la démarche des parents avec l'affaire de Beelzéboul, supr. p. 88); IV, 10-13 (superposition d'une remarque générale sur les paraboles à l'explication particulière du Semeur, supr. p. 89) ; viii, 27-ix, 1 (dépècement du récit primitif de la confession de Pierre, supr. p. 92), etc., etc.
5. Défaut de suite dans le corps de l'ouvrage, hors d'œuvre de vi, 14-29; manque d'iiarmonie entre ce que le rédacteur prend des sources et ce qu'il y ajoute de lui-même.