ANNONCIATIONS. NAISSANCE DE JEAN-BAPTISTE
(Luc, 1. :;-8i).
Luc a remonté aussi haut ({uil était possible sans sortir de l'histoire humaine, puisque sa relatitm de la vie de Jésus commence plusieurs mois avant la naissance et même la conception du Sauveur ; mais son début ne laisse pas d'être parallèle à celui de Marc. On racontait la mission du Christ en partant de la prédication de Jean : Luc va décrire son existence terrestre en partant de la conception miraculeuse du I)aptiste.
Luc, I. ."). 11 était, au temps d'Hérode, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, de la classe d'Abia; et il avait une femme, de la race dWaron, qui s'appelait Elisabeth ; 6. ils étaient justes tous les deux devant Dieu, suivant sans reproche tous les commandements et les préceptes du Seigneur; 7. et ils n'avaient pas d'enfant, parce qu'Elisabeth était stérile, et tous deux étaient avancés en âge. <S. Il advint, comme il était de service, au tour de sa classe, devant Dieu, 9. qu'il fut, selon la règle du service divin, désigné par le sort pour allei' oirrir iencens dans le sanctuaire du Seigneur: 10. et toute la foule du peuple priait dehors, à l'heure de l'encensement. 11. Et un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l'autel de l'encens: 12. et Zacharie fut troublé à cette vue, et la peur le saisit; 13. et l'ange lui dit : " N'aie pas peur, Zacharie. car ta prière a été exaucée, et ta femme Elisabeth t'enfantera un fils, que tu appelleras du nom de Jean ; 14. et Lu auras joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance; \b. car il sera grand devant le Seigneur; il ne boira ni vin ni liqueur enivrante; il sera rempli d'Esprit saint dès le sein de sa mère; 16. il ramènera beaucoup des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu, 17. et lui-même marchera devant Lui, en esprit et puissance d'Élie, (pour) ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles au sentiment des justes, \pour) préparer au Seigneur un peuple bien disposé. » 18. Et Zacharie dit à l'ange : « A quoi connaitrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. » 19. Et l'ange, répondant, lui dit : ■< Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer cette bonne nouvelle; '20. et lu
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vas être réduit au sileuce et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps. » 21. Et le peuple était à attendre Zacharie, et l'on était étonné qu'il s'attardât dans le sanctuaire ; 22. et étant sorti, il ne put leur parler, et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire ; et lui leur taisait des signes, et il resta muet. 23. Et quand ses jours de service furent accomplis, il s'en alla dans sa maison; 24. et après ces jours, sa femme Elisabeth conçut, et elle se cacha pendant cinq mois, disant : 25. « C'est que le Seigneur m'a fait cela au temps où il lui a plu d'enlever mon opprobre devant les hommes. »
La l'orme tout hébraïsaiite de ce récit et des suivants tranche sur l'ampleur classique du prolog-ue ; elle n'est pas non plus tout à fait dans le style ordinaire de l'Evang-ile, mais il ne faut pas exagérer cette différence. Le rédacteur sait fort bien imiter le style de l'Ancien Testament, et s'il y a lieu de supposer qu'il emprunte ses récits de l'enfance à une source écrite, l'arg-ument tiré du langag'e ne suffirait pas à le prouver, (^ette source, d'ailleurs, était grecque, et l'ien ne prouve que ce fût une traduction de l'hébreu ; on est donc obligé, en toute hypothèse, d'admettre une imitation réfléchie de l'Ancien Testament dans la version des Septante. La précision des renseignements sur les coutumes du temple et les observances légales, l'esprit même des récits rendent à peu près certaine l'existence de ce document, et invitent à lui attribuer une origine palestinienne. 11 est beaucoup moins évident que l'on doive en placer la composition avant la destruction de Jérusalem ' ; car ni l'idéal de piété que représentent Zacharie et Elisabeth, ni les détails concernant le culte du temple, ni le caractère judaisant de l'idée messianique ne rendent cette conclusion indispensable : il s'agit .seulement d'une probabilité, d'autant plus forte, d'ailleurs, que l'on doit renvoyer la rédaction de la source assez longtemps avant celle de l'Evangile.
Les premiers mots rappellent le début des histoires de l'Ancien Testament : « 11 arriva, aux jours d'Hérode ' ». Cette donnée s'accorde avec les récits de Matthieu, qui fait aussi naître Jésus vers la lin du règne d'Hérode le Grand''. Ce prince était maître de toute