‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 258 sur 829 · Gen. XXI, 6; XXX · texte numérisé non relu

Gen. XXI, 6; XXX

2. V. 26. Èv 31 Tw [ATlvî TO) v/.-i') âTiîi-otÀr, ô àyyÈXoç rajjpt/jÀ à~o ro Oîoj li; koXvj Triç raXtXoîLaç r, ovoaa NaÇaosT.

ANNONCIATIOiNS 287

désio-ne officiellement, aux temps évangéliques, la province septentrionale de la Palestine, en deçà du Jourdain. Nazareth, située sur l'ancien territoire de la tribu de Zabulon, presque à égale distance du lac de Tibériade et de la Méditerranée, dans la montagne qui limite au nord la plaine d'Esdrelon, était une petite ville dépourvue de toute célébrité ' ; elle n'est pas mentionnée dans TAncien Testament ni dans Josèphe.

D'après Luc, Nazareth est donc la patrie du (Christ, l'endroit où ses parents, dès avant sa naissance, étaient domiciliés. Cette indication est conforme à la tradition historique de l'Evangile, et Luc, bien que préoccupé, tout autant que Matthieu, d'établir la thèse messianique de la naissance à Bethléem, se montre ici mieux informé que le rédacteur du premier Evangile. Il affirme comme lui, dès le début, la thèse de l'origine davidique, en observant que Joseph était de la race de David ; et il s'abstient aussi, comme Matthieu, de faire allusion dans ce récit au métier que Joseph exerçait; il n indique pas plus que Mathieu la famille de Marie. Car la notice : (( de la maison de David », se rapporte seulement à Joseph '. Que Marie, pour épouser un descendant de David, ait dû appartenir elle-même à la race royale, c'est à c[uoi sans doute il n'a pas songé. 11 lui était trop facile de le dire, et il aurait dû le dire, pour que la conception virginale ne fournît pas un argument contre l'origine davidique de Jésus. L'évangéliste n'a pas prévu cette objection, ou, s'il la prévue, il n'a pas voulu affirmer que Marie descendait de David, sa source ne le disant pas.

On peut même soupçonner que la source rattachait Marie à une famille plus ancienne et non moins illustre que celle des rois. Gabriel dira plus loin- qu'Elisabeth est sa parente ; or Elisabeth est de la race d'Aaron, et les paroles de l'ange n'ont pas été écrites à la légère ; elles supposent que Marie aussi est de la race d'Aaron. On peut aller plus loin encore et dire qu'elles supposent dans le récit antérieur une indication, maintenant supprimée, touchant 'l'origine aaronide de Marie. La place

i. Cf. Jn. 1, 46; vu, 41, .')2.

2. V. 27. T^poç -apGévov £av7jaT£'j[j.£vr,v àvôpl (o ôvojxa 'IwaT)®, èÇ ol'xou Aajsio, xat to ovo|j.a T^ç -apOévou Map;aa. Si la notice È? oI'x'jj Aauîîo se rapportait à Marie, l'évangéliste aurait écrit /.ai to ovotia aJT?i;, non ttj; -apSîvou. Cf. ii, 4, où l'origine davidique est affirmée pour Joseph seul.

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de cette indication est restée vide, à la fin d'une phrase qui a perdus on équilibre ; on s'attend à trouver, après le nom de Marie, la mention de sa famille, comme on a trouvé mentionnée la maison de David après le nom de Joseph ; si l'on ajoute : « de la maison d'Aarcm », tout le récit gagne en unité, et l'allusion de Gabriel est préparée. Mais l'origine davidique de Jésus tombe en même temps. C est peut-être ce qu aura pensé lévangéliste, et il aura supprimé l'indication, se contentant, pour son propre compte, des hypothèses auxquelles se sont arrêtés les exégètes : Marie pouvait être de la race de David, puisque Joseph en était, et sa parenté avec Elisabeth n'implique pas le contraire. D'autres, moins réservés, ont introduit dans le texte l'origine davidique de Marie K

Marie n'est encore que fiancée à Joseph, et non mariée. A cet égard, Luc ne contredit pas Matthieu, dont le récit présente d'abord Joseph et Marie comme fiancés, en plaçant la conception de Jésus avant leur mariage. La vierge est seule dans sa maison, comme Zacharie était seul dans le sanctuaire, lorsque l'ange lui est apparu. Gabriel la salue avec le respect qui convient à la mère du Christ- : il la dit « gratifiée » de Dieu, honorée et comblée de la faveur céleste. Les paroles : (( salut », et <c le Seigneur soit avec toi », appartiennent au formulaire commun des salutations ; il n'y a pas lieu de leur attribuer ici une signification particulière, ni de traduire la seconde : « le Seigneur est avec toi. » Plusieurs témoins ajoutent : " bénie entre toutes les femmes » ; mais ces paroles ont du être empruntées à la salutation d'Elisabeth '. Marie est troublée de ce qu'elle entend ' : elle ne ressent pas cette frayeur extrême qui accablait Zacharie, mais l'espèce d'inquiétude que donne le pressentiment d'une communication importante dont on ne peut deviner l'objet ; elle se demande ce que peut présager la salutation du messager divin. Elle sait qu'elle a devant elle un

1. Vers, syriaque du Sinaï(Ss.', dans ii, 4, d'où Ion peut conjecturer quil en était de même ici; mais le texte de i, 16-38 fait défaut.

2. V. 28. X^aîps, /.£yapiTo;jiévifi, 6 zupîoç |X£i:à aou (cf. JuG. vi, 12; Ruth, ii, 4). Une promesse spéciale d'assistance divine (B. Weiss, E. 282) n'a pas ici de raison d'être ; cette garantie viendra au v. 30.

4. V. 29, lire f, oi ir.'. tw Xôyfo ôisTaoâyfJY, ^{ B L Di, au lieu de f, oi loouaa ôiexapâyOT) ï-zl Tw Ào'yo) xùroy (texte reçu'.

ang-e, puisque Gabriel lui parle en envoyé de. Dieu, sans autrement se faire connaître. L'ange la rassure, comme il a rassuré Zacharie, et comme l'ange anonyme de Matthieu rassure Joseph i. Il lui redit la parole, si fréquente dans l'Ancien Testammenl : '< Tu as trouvé grâce devant Dieu- ». Et pour preuve de cette assertion, il lui annonce qu'elle va devenir mère du Messie.

Les termes dont il ' se sert sont imités de la prophétie d'isaïe touchant la naissance d'Emmanuel, et Ion peut croire que l'évangéliste y renvoie implicitement le lecteur. Le nom de Jésus '^ se substitue au nom d'Emmanuel; il n'est pas plus expliqué que celui de Jean. Ces noms ont cependant une signification que l'auteur primitif avait en vue lorsqu'il écrivait ces récits, mais qu'il n'a point exprimée^ non plus que la référence à Isaïe, parce que ses lecteurs n'avaient pas besoin de telles explications. Luc n'aura pas jugé à propos de les suppléer. Le discours de l'ange marque très nettement que Jésus sera le Messie annoncé par les prophètes; « il sera grand », lui aussi, mais non seulement par la sainteté de sa vie et par les conversions nombreuses qu'il lui sera donné d'opérer : on l'appellera « Fils du Très-Haut^ ». Qu'il s'agisse du Fils de Dieu promis, ou de la dignité du Fils de Dieu que l'on devra reconnaître à Jésus, l'idée contenue dans cette désignation est purement juive et sans rapport avec celle de la conception virginale. Le Fils du Très-Haut est celui que Dieu appelle son Fils en tant que Messie, roi prédestiné à gouverner, dans la paix et la gloire, le peuple élu de Dieu", selon que Gabriel le dit ensuite : « le Seigneur lui donnera le trône de David son père », et il régnera éternellement sur Israël. La

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