EsDK. III. 2 ; V, 2 ; \éh. mi. I ; U\u. i, I ; l.c m
4. \ . lu. 'Iaz(i)r3 0£ iyivvYiCTSV tov "l'o^îriÇ tov ivopa Maoî'a:, :? ï|: i^cv/rlOr, 'iTiaoy; o
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Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle (Mu'isl >. Jésus est done tils de David, parée que la vierge sa mère était mariée à uu hommr (|ui descendait de ce roi. Un devrait soupçonner une retouche de laliiiale, ({uand même il n'en resterait pas trace parmi les téuKtins du texte évangélique. Mais ces traces existent. Dans la versi(»n syriaque du Sinaï, le dernier verset de la généalogie se lit ainsi : « Jacol) eng'endra Joseph ; Joseph, à qui était tiancée la vierg"e Marie, eng'endra Jt'-sus, qui est appelé (Christ. » D'autres témoins donnent cette lectuic hi/an-e : « Jacob eng'endra Joseph, dont la tiancée, la vierg-e Marie, engendra Jésus '. » (Kie ces leçons g'auches et contradictoires procèdent du texte canonique par voie d'altération accidentelle, il est bien dilRcile de le croire. Leur caractère et leur antiquité donnent plutôt à penser que la suture par lac[uelle se l'ait l'accommodation de la g-énéalogie au récit de la conception virginal»' n a pas acquis du premier coup la perfection que nous lui voyons dans le texte traditionnel. La version syriaque du Sinaï contient encore la conclusion dune liste où Jésus descendait de David |)ar .loseph ; cette conclusion a été modifiée par 1 intercalation des mots : >< à qui était tiancée la vierge Marie » ; et sans doute on crovail avoii- indiqué suttisamment par là que la paternité de Joseph était j)utative et légale, non naturelle. Mais l'expression : " Joseph engendra Jésus », n'en était pas moins choquante; on v remédia en supprimant le nom de Joseph comme sujet du verbe, et ainsi fut obtenue la leçon singulière qui dit que c< Marie engendni Jésus ». La leçon canonic|ue élimine cette bizarrerie en disant (pie Jost'ph
I. Plusieurs iiiss. de 1 ancienne \ ulf^ate, ;i k : " .I;ieolj aiiU-ui yenuil Josepli cui (lesponsala (/j : erat viryo Maria, virgo autem Maria \ir<;o Maria genuil .lesuni. » (/ a cru devoir remplacer le dernier genuil par peiii^rit. Quelques inss. grecs (niss. 340, U'.\(}, S26, S2Mi ont le texte que supposent Se. et les mss latins : 'Ia/.f!>|i o: h'^b/yi^'jvi tov 'I'ot/jç (•> avT,TTcjOc''3Y| -apOivo: Map;à|j. l-^vt'n^ivi 'Irjïoîiv tÔv ÀcYo'aîvov Xv.'jtov. Hoi.tz.man.n, N T. I, 4iU, conjecture que Ss. dériverait d'un ins. grec où il n'y avait pas de généalogie, celle-ci ayant été rapportée et ajustée par le traducteui' ; mais cette hypothèse ne rend pas compte de la leçon des mss. latins et du ms. 346, obtenue par suppression de 'I()aï,ç oî dans un original grec où on lisait : lay.(!),3 Zi iy£vvï,a£v tov 'I'i)cjr|^. f l'.iaTjS o=] «o •jLvr,'7T£j'Jci(jï| -apOivo; Map'.à[Ji iyivvïiacv 'l^iaoûv tov À£yo|j.£vov Xp'.aTo'v. Les derniers mots : c< dit (Ihrisl ». appartiennent au schéma primitif de la généalogie, qui tend il établir (jue Jésus est appelé à bon droit Messie. La leçon de Ss. se retrouve dans un passage du Dialogue de '/i/nofhée et (l'Aqnila (V siècle), publié par CoNviiKAïuc (Oxford. iSfIX .
324 LES ÉVANGll.liS SVNUl'TIQLES
était « Tépoux de Marie, de laquelle est né Jésus » ; mais la raison d'être de la g-énéalogie s'évanouit de plus en plus à mesure que la formule s'harmonise avec l'idée de la conception virginale.
Pour finir, l'évangéliste fait observer au lecteur que ces trois séries sont de ([uatorze générations chacune : quatorze d'Abraham à David, quatorze de David à la captivité, quatorze de la captivité au Christ. Nouvelle perplexité des commentateurs : la liste ne contient quarante-deux noms que si l'on compte Marie et Jésus : mais Marie ne peut pas compter pour une génération entre Joseph et Jésus, et Jésus ne peut guère figurer dans la série des générations qui mènent jusqu'à lui, ni dans le total des générations qui représentent ses ancêtres ; restent donc seulement quarante noms. Mais l'évangéliste lui-même paraît indiquer l'artifice de sa combinaison quand il fait de David et de la captivité les aboutissants d'une série et les points de départ d'uni' autre. David et Josias doivent être comptés deux fois : il y a quatorze générations d'Abraham à David, en comptant Abraham et David ; quatorze générations de David à la captivité, en comptant David et Josias, qui représente la génération de la captivité ; quatorze générations de la captivité à Jésus, en comptant Josias et en laissant Jésus en dehors. On pourrait être tenté, pour la dernière série, de ne compter Josias qu'une fois et de prendre Jéchonias pour point de départ ; mais l'évangéliste paraît écarter cette hypothèse en reprenant à la captivité et non à Jéchonias ; s'il ne nomme pas Josias à la reprise, et s'il dit la captivité au lieu de Josias, c'est qu'il a conscience de l'anachronisme qu'il commet en associant Josias à la captivité. Le schéma tracé par lui-même ne permet pas de commencer la seconde série avec Salomon, et de la terminer à Jéchonias, sauf à reprendre celui-ci pour point de départ, et Jésus pour terme de la troisième série '. Il est probable que l'auteur, attachant tant d'importance aux chiffres, attribue à chaque génération un nombre d'années déterminé, probablement quarante ans '' ; cette circonstance expliquerait
1. Les commenta leurs modernes proposent dautres combinaisons : compter Joacfiim (ZAnN), compter deux fois Jéchonias (Holtzmann, Scha>zj. Celle qu'on a proposée ci-dessus est indiquée par Maldonat, I, 19, comme étant de quelques interprètes.
2. La long-évité des patriarches n'est pas une dilficullé, car lévangéliste n'y rej^ardail pas de si près.
(;km:alO(;ies di christ 325
peut-être plus facilement pourquoi certains noms ont été omis. Quoi qu'il en soit, la genéalog-ie de Matthieu est fondée principalement sur une combinaison arithmétique oii les nombres dix et quatre jouent le rôle principal : dix plus quatre, quatorze ^ : dix fois quatre, quarante : elle est artificielle dans le choix et la combinaison de ses éléments ; elle se présente comme un symbole, non comme un document historique: elle sig-nifie simplement que Jésus est le lils de David, le roi annoncé par les prophètes, et qu'il a droit au nom de Christ, que ses disciples lui donnent. Par lui la royauté, perdue depuis l'exil, rentre dans la famille davidique.
La liste de Luc contient soixante-dix-sept noms, y compris Jésus en bas, et Dieu en haut de la série, (^e chitfre, onze fois sept, soixantedix, ou dix fois sept, plus sept, pourrait être voulu, comme celui de Matthieu -'. Un nom. Aram. a été dédoublé par les copistes dans les meilleurs manuscrits grecs, et devient Admin et Arni ■. L'ortho- «j^raphe dautres noms a beaucoup soviffert. Un seul manuscrit, le coder Bezur. omet Caïnan entre Séla et x\rphaxad. Ou sait que ce |)alriarclie n'est pas signalé dans le texte hébreu de la Genèse, mais seulement dans les Septante. La généalogie de Luc ayant été com[)osée d'après la version grecque, il n'est pas étonnant que Caïnan y ligure, et cette circonstance ne change rien à son caractère. Lauleui'. (|ui n'est probablement pas le rédacteur du troisième
1. (Jiiatoizf ii'prc'sente aussi deux t'ois sept ; mais Matttiieu opt-rc volontiers aussi avec le nombre dix (clioi.x de dix miracles dans la première paitie de IKvanjiile, après le discours sur la montagnei.
2. Voir H. Weiss, Lk. 393. On peut douter néanmoins (pie ce chiffre soil primitif. S. Ikknée (Haer. m, iSi écrit : <( Propter hoc Lucas fj'enealogiam, quae est a ïjeneralione Domini nostri usque ad Adam septuaginta duas generationes habere ostendiL. finem conjungens initio et significans quia ipse qui omnes gentes exinde ah .\.dam dispersas et universas linguas et generationes hominiim ciim ipso .\(lain in semet lecapitulatus est. " (Chiffre et interprétation sont très satisfaisants. On verra plus loin (jue soixante-dix ou soixante-douze représente le total des peuples issus dAdam. Mais en. défalquant Dieu et Jésus, la liste actuelle comprend encore soixante-quinze noms : comment Irénée a-t-il pu n'en trouver ([ue soixante-douze? Jules Africain dans Euskbe, Ilisl. eccl. i, 7, .'il fait de Melchi le père d'Héli et le grand-père de Joseph ; il ignore donc Mattal et Lévi dans Le. 24; Ss. oinettait un nom dans le même v., Lévi ou Melchi ^voir Miitx. II. ii, 2t2) ; si la liste est d'origine judéochrétienne. comme il est probable, elle n"a pas dû avoir (laïnan au v. 3(). On obtiendrait ainsi le chiffre dlrénée.