Ps. Lxxii, 10-13 (xLv, 9); Is. lx
.3. Mais rinterprélation mystique est fort ancienne et presque universellement acceptée dans la tradition. Cf. Maldonat, 1, 51-.^)2, où l'on explique aussi comment, nonobstant For des mages, Marie a pu n'offrir qu'une paire de colombes pour sa purification. Dans le v. H, les « trésors » sont les cassettes (Prolev. Jac. xxi, à-ô rrjç Tirlpaç. Hpiphane, De fide, 8, Tj'votÇav -àç ~r\^<xç, âaurwv. Ap. Resch, Kindheitxev. 1.52).
I>KS MAGKS KV I.A FI II K K\ KGYP'L'K -^69
sou^e ' de ne point passer par Jérusalem en retuurnanl chez eux, et ils prennent un autre chemin. On ne dit pas que l'avertissement leur soit donné par un ange du Seigneur : un mage sait entendre tt)ut ce (|u"il V a de révélation dans un songe, et Dieu n'envoie pas ses anges aux païens.
Bien que cette histoire des mages réalise diverses prédictions, elle nest pas racontée ici pour elle-même ; elle doit expliquer la fuite en Egypte, et, avec la fuite en Egypte, comment il se fait que le Christ, originaire de Bethléem, selon les prophéties, a été pour l'histoire Jésus de Nazareth. Les mages passent ainsi comme une apparition brillante et fugitive, analogue à l'étoile qui les a conduits. Ne cherchons pas à savoir combien de temps ils sont restés à Bethléem, ni si le songe qui leur a prescrit de ne pas rendre de répimse à Hérode est arrivé dans la luiil même où ils ont été en adoi'atioii devant " le roi des Juifs ».
Matth. 11, i:^. Kl quand ils furent partis, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, (lui) disant : >< Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, fuis en hlgypte, -et restes-y jusqu'à ce que je Le dise i de revenir); car Hérode va chercher l'enfant pour le faire périr. » 14. Et s'étant levé, il emmena l'enfant et sa mère pendant la nuit, et il s'en alla en Ég-ypte; 15. et il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète qui dit : " J'ai appelé mon fils de rÉgyple ...
Lu historien ne pourrait se recoiuiaître au milieu de ces songes el de ces visions. Les mages sont arrivés à Bethléem et ny sont pas restés longtemps ; il a fallu néanmoins qu'ils y aient dormi pour avoir leur songe; et il faut, quand ils sont partis, que Joseph dorme à son tour pour avoir le sien, à moins qu'il ne se soit pas éveillé quand ils sont entrés chez lui '. On ne peut pas dire que les faits soient arrivés en une seule nuit ou en plusieurs ; ils arrivent la nuit et dans le vague. Joseph n'a pas simplement un songe révélateur, comme les mages ; c'est un ange du Seigneur qui, cette fois encore, lui parle dans un songe. L'ange l'avertit d'emmener incontinent Jésus et Marie en Egypte, pour soustraire l'enfant à la cruauté
1. V. I-. / yi^'j.T.-'.'jHv^ztz /.a-' ovap af, 7.va-/.àa!/ai ncoç 'Hp(|)or,v.
2. O (luune exégèse un peu subtile poiurait déduire du v. il. où Joseph n'est p;is nonniic.
A. I.i'is'i. Les /if;j/iç/t7e.s- sifiiojjlniiirs. 24
370 LES ÉVANCilLRS SVNOrTl(,)UES
d'Hérode. Joseph n'a pas besoin de savoir pourquoi Hérode va chercher lenfant, et l'ange ne lui donne point d'explications ' : Joseph a coutvime de croire les anges sur parole et d'exécuter ponctuellement les ordres du ciel qu'ils lui transmettent.
L'Egypte était le pays étranger le plus rapproché de la Judée : elle était soumise à la domination romaine, et l'on n'avait rien à v craindre d'Hérode: mais l'évangéliste est préoccupé dune tout autre idée. Jésus est la vigne d'Israël que Dieu a transportée d'Egypte ■ ; comme Moïse a échappé à la destruction des enfants hébreux qui se faisait par les ordres de Pharaon \ Jésus échappera au massacre des enfants de Bethléem, ordonné par Hérode; et comme Israël, que Moïse le sauvé a conduit hors d'Egypte, était le fils de Dieu', le roi d'Israël, vicaire de Dieu, était également son fils -• ; le Messie l'est donc aussi, non plus au sens physique signifié par la conception virginale, mais au sens théocratique, où ce titre est employé dans la source de Luc, et qui est ordinaire dans le premiei' Evangile ; ce Fils de Dieu doit venir d'Egypte , comme l'ancien Israël; non seulement il convient que cela soit, mais il le faut, caicela est écrit.
Le voyage en Egypte doit accomplir une prophétie d'Osée ". Dans la pensée du prophète, le texte cité ne contient qu'une allusion au passé, à la délivrance des Israélites par le ministère de Moïse : « Quand Israël était jeune, je l'ai pris en all'ection, et j'ai appelé mon fils de l'Egypte ». La prophétie est donc fondée sur un rapport d analogie entre les deux fils de Dieu, Israël et le Christ ; ou plutôt l'évangéliste, parce que la tradition affirme déjà de Jésus ce qui est raconté de Moïse et d'Israël par rapport à l'Egypte, applique à Jésus, comme se rapportant directement à lui, ce que le prophète a écrit d'Israël. Le passage est cité d'après l'hébreu, le grec ayant le pluriel ", qui ruinerait la prophétie.
1. V. 13. 'j.i\Xii yàp 'HpwOYjÇ ÇïiTSiv to Tîa'.ot'ov tou %7Zo'/.ii<x.\. aùro.