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Matth. II, I(i. Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les^ mages, lut fort irrité, et il envoya tuer tous les entants qu'il y avait à Bethléem et dans tous ses environs, depuis deux ans et au-dessous, d'après le temps précis qu'il avait demandé aux mages. 17. Alors fut accompli ce qui avait été annoncé par le prophète .léréniie, disant : « Une voix s'esl fait entendre dans Rama, des pleurs et de grands gémissements; c'est Rachel qui pleure ses enfants, ef qui ne veut pas se consoler, parce qu'ils ne sont plus. »
Hérode attendait le icloui- des mages; ne les voyant pas revenir. il se persuade ou s'aperçoit qu ils se sont moqués de lui '. Se dérober aux ordres d'un roi. même sur la loi d'un sonjj^e révélateur, ce n'est pas faire tj;-rand cas de sa majesté. Mais ce roi était le plus sanguinaire des tyrans. Puisqu'il ne peut plus savoir maintenant qui est le Messie, il donne ordre de massacrer tous les enfants de Bethléem et des environs. Il fixe l'âge d'après les renseig'nements qui lui ont été donnés sur l'étoile '. L évangéliste insistant sur ce détail, il faut que les deux ans soient en rapport avec l'âge de Jésus, sans qu'il y ait lieu néanmoins de mesurer trop rig'oureusement les deux années. ()n ne peut raisonner sur de pareilles indications comme on le ferait sur des données historiques. Si Jésus n'avait que quelques semaines, il était bien superflu de tuer les enfants qui étaient dans leur deuxième année ; si Jésus était dans sa deuxième année, ce qui est l'hypothèse sug-gérée par le texte, il était pareillement inutile de tuer les nouveau-nés. Mais 1 évangéliste pense qu'Hérode n'a pas dû y regarder de si près ; le vieux roi s est bien enquis de la date de l'étoile, et, d'après cette date, il a décrété le massacre de tous les enfants de Bethléem et des environs qui n'auraient pas dépassé deux ans, le Messie devant être compris dans le nombre. Il entre donc dans le personnage de Pharaon décrétant l'extermination des enfants hébreux : et Jésus lui échappe, comme Moïse échappa jadis à Pharaon.
Il serait oiseux de discuter la vraisemblance ou l'invraisemblance du fait, le caractère mythique de l'attestation étant bien établi. Hérode n'était pas incapable d'un tel acte. Les commentateurs modernes . évaluant approximativement à deux mille
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.\ ri LES KVA-NOILES SV.NOPTIOUES
ànies la |)()pulati()n de Bethléem et des hameaux voisins, réduisent à une vingtaine le noml)re des victimes. Il n'v avait pas là de quoi arrêter un homme qui a fait, mourir trois de ses iils. Mais le massacre des Innocents n'est pas mieux garanti que l'ensemble du récit dont il fait partie '.
La citation de Jérémie- (jui \ ient à cette occasion n est pas littérale; elle se rapproche un peu plus de l'hébreu-^ que du grec^'. 11 existait, semble-t-il, deux traditions sur le tombeau de Rachel. La plus ancienne le mettait entre Joseph et Benjamin, non loin de Rama'', et le passage de Jérémie est en rapport avec cette opinion, puisque le prophète parle de Rama. Une gdose de la Genèse '', inspirée par une tradition plus récente, à moins qu'elle ne l'ait créée, a voulu identifier le lieu de sépulture de Rachel avec Bethléem, et c'est à cette seconde tradition que se rattache Matthieu. Rama est à deux lieues au nord de Jérusalem, et Bethléem à peu [près à la même distance vers le sud ; mais l'évang-éliste ne s'inquiète pas de ces détails; Rachel peut bien crier de Bethléem, et se faire entendre jusqu à Rama. Dans Jérémie, Rachel pleure sur ses enfants emmenés captifs à Babylone. et le Seigneur la console en lui promettant qu'ils reviendront. Matthieu s'en tient à la plainte de Rachel, et lui suppose un autre objet.
1. Ou lil dans Macuohi: Saltirii. II. i. 11;. auteur païen du iv*' siècle, à pro- |)Os d'Auguste : " (iuni audisset inter pueros, quos in Syria Herodes, rex .ludaeorum, intra bimatum jussit interfici, filium quoque ejus occisum, ait : nielius est Herodis porcum (uv) esse quam tilium (uEov). » Cette notice combine la donnée de Matthieu avec une parole d'Auguste relative à la mort d'Antipater, fils d'Hérode, que celui-ci fit périr quelques jours avant de mourir luimême; mais elle est en contradiction avec les circonstances bien connues de l'exécution d'Antipater.