‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 326 sur 829 · ni · texte numérisé non relu

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382 LES ÉVA.\(;il.ES SYNOPTIOUKS

dans notre récit sous vme autre forme, qui parait artificielle, parce qu'elle résulte, en efîet, d'une combinaison. Marie parle, et Jésus leur répond '. Est-il bien téméi^iire de supposer qu"on lisait dans la source : « Et en le voyant, ils turent stupéfaits, et /7,s- lui dirent : « Pourquoi nous as-tu fait cela. Nous te cherchions, foit en peine. •> Et il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? », etc.

Le récit primitif se poursuivait très naturellement par la remarque : « Et ils ne comprirent point la parole qu'il leur disait ■' », réflexion que Luc corrige et contredit à mcntié, en ajoutant un peu plus loin : >< Et sa mère conservait toutes les choses dans son cœur ' i. On n'a pas coutume de retenir avec soin les choses qu'on n'a pas comprises. Mais l'évang-éliste qui se trouvait encore en présence d'un récit ignorant la conception \irginale, construit même indépendamment de l'annonciation et de la naissance à Bethléem, et où les parents de Jésus, sur le pied d'égalité , ne soupçonnaient pas plus l'un que l'autre la haute destinée de l'enfant, a jugé bon de donner du relief au personnage de Marie en exploitant un récit de Marc oîi elle apparaissait aussi cherchant Jésus ; s'inspirant de cette anecdote, il la fait parler seule, tout en nommant les personnes qui cherchent, comme elles st)iit énumérées dans Marc, et en préparant par ce discours une antithèse analogue à celle que Jésus fait ressortir dans le second Evangile, mais qui n'a rien de blessant pour Marie, puisqu'elle atteint seulement Joseph, le père que Jésus n'est pas obligé de reconnaître. Si l'antithèse manque d'équilibre et reste à moitié dans l'esprit de l'évangéliste, c'est à cause de la combinaison, rédactionnelle.

Dans la source, le Père céleste s'opposait aux parents terrestres, non pas pour contester le droit de ceux-ci, mais pour signifier une première fois la vocation messianique de Jésus. Car l'enfant ne veut pas dire autre chose en appelant Dieu son père. S'il n'avait conscience d'être le Fils de Dieu, il ferait une réponse absurde, puisque, sans cela, tous les Israélites auraient pu dire avec autant de raison que le temple était la maison de leur Père ; et l'on ne verrait pas pour-

1. V. 4S. /.al el-tv -poç auTOV f) [atJtïjp auTOj. V. 49. zai i\-v/ ~po; ajTOjç.

2. V. 50. /.al a'jTO". où auvfixav -o pïiixa 6 iXâXrjCTîv autotç.

3. V. î)l. y.aî fj \y\Tf\^ aùxo'j oicxrjpsi -avrot Ta prJijaTa iv xf) za&oia x'JTr,;. l^e mol prJ[j.aTa ne peut gu^re signifier ici que u choses >■, non <• paroles » (cf. .su/)/-. V. 19), et se trouve ainsi employé dans un autre sens que pv,;-'^ au \ . iiO.

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