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3. V. 52. xai 'Ir)aouç 7:po£-/.o7iT£v -ri coçia xaî rjXtxîx xal y ccptTi -apà ÔEÔi xaî àv6pfo7:ot; (]f. I Sam. II, 26. On ne doit pas entendre r^kiyAo. de l'âge, car l'avancement en Age va de soi, mais de la taille, comme xii, 25 (Mt. vi, 21); xix. '^.
384 LES KVANGILKS SYNOPTIQUES
11 paraît certain que Luc a trouvé l'anecdote toute rédigée, comme les précédentes, et qu'il ne l'a pas empruntée à la tradition orale ; mais, s'il l'a trouvée dans la même source que les autres, ce qui est possible, on devra supposer que la rédaction de cette source n'était pas homog-ène, et qu'on y avait ajouté des compléments avant que l'évangéliste en fît usage. Quant au fond même du récit, il ne semble pas qu'un incident historique soit nécessaire pour en expliquer l'origine'.
1. (X su/jr. pp. 146, 159. Sevuel, Die Buddhu-Legende iind das Leben Jesu-, 24-25, signale un récit analogue dans la légende de Bouddha. Cf. Holtzmann, 323 ; Van der Berg van Eysinga, Indische Einflùsse auf evang. Erzâhlungen, 26-27. On peut voir, dans le dernier ouvrage (pp. 21-26), un autre récit analogue à l'incident du vieillard Siméon. L'influence de ces légendes sur la tradition évangélique ne paraît aucunement démontrée.
Makc, 1. 1-11 ; Matth. m, 1-17; Lie, m, [-22.
C est bien ici que commence l'Evangile, l'annonce du règne de Dieu. Jean-Baptiste y prélude, et Jésus lui-même arrive pour le prêcher. Les premiers mots de Marc sig-nifient assez clairement que l'histoire évang-élique a pour point de départ le baptême du Sauveur. Matthieu et Luc. qui ont voulu remonter jusqu'à la naissance du Christ, n'ont pvi former, avec les traditions particulières et relativement récentes où ils sont allés puiser, qu une sorte de préambule qui n'empêche pas de reconnaître le point précis où la catéchèse apostolique prenait la vie de Jésus. La transition que Matthieu a voulu ménager par les mots : « Et en ces jours-là ' », sert plutôt à masquer la lacune qui existe entre les récits de l'enfance et l'inaug'ui'ation du ministère galiléen qu'à fournir une indication chronologique. ( hioi([ue Matthieu ne dise pas à quelle époque est né le Précurseur, il n'a pu penser que Jean-Baptiste avait commencé à prêcher peu de temps après la mort d'Hérode et l'installation de Joseph à Nazareth. On dirait que Luc recommence son livre avec un exorde solennel ; il semble vouloir dater Findication de Marc sur « le début de l'Evangile », en la déterminant par un septuple synchronisme, et, pour introduire la prédication de Jean, il imite le préambule du livre de Jérémie -.
Marc, i, 1. Coin- Matth. m. I. El en Luc, ni, I. Et 1 an
niencement de Fl'^van- ce lenips-là parut Jean quinzième du gouver-
g^ile deJésus-(j;hrist : — le Ba|)tiste, qui prêchait nenient de Tibère Gé-
2. selon qu'il est écrit dans le désert de Judée, sar; Ponce Pilate étant
en Isaïe le prophète : '2. disant : •< Faites gouverneur de la
1. \ . I. £v o£ -x\; /^ij-ioaiç a/àvatç -apaYv/îTxi 'Iwâvr,: 6 |3a;:Ti'jTr|ç. i'A'. sz/yj/-.
2. \'. 2. ÈvéviTo i',|-«.a Oeoj i~l 'l(oâvvr|V. (",f. Jér. i, 1, i (Mic.ii. i. I ; Jox. i. I, etc. .
A. I.ois'» . — Lea hvaiujile.s synojilitiiies. 25
3«Sr> LES KVANC.ILKS SYNOPTIQUES
« Voici que j'envoie pénitence, car le Judée ; Hérode, lémon ange devant toi, royaume des cieux est trarque de la Galilée; qui préparera ton che- proche. » '.\. Car c'est Philippe, son frère, min. 3. Une voix crie lui qui a été annoncé tétrarque de l'Ituree et dans le désert: « Pré- par Isaïe le prophète, de la Tiachonite; et parez le chemin du disant :« Une voix crie Lysanias, tétrarque de Seigneur; rendez droits dans le désert : « Pré- lAbilènc ; "2. sous le ses sentiers. •> — 4. parez le chemin du Sei- pontilicat d'Anne et de Jean le Baptisant était gneur; rendez droits Gaïphe, la [)aroIe de dans le désert, pré- ses, sentiers. » 4. Et Dieu lut à Jean, lils de chant un l)aplème de Jean avait un vêtement Zacharie, dans le dépénitence pour la ré- en |)oils de chameau, sert ; 3. et il parcourut mission des péchés ; 5. et une ceinture de cuir tout le pays voisin du et tout le pavs de sur les reins; et sa Jourdain, prêchant un Judée venait à lui, ainsi nourriture était de sau- baptême de pénitence que tous les habitants terelles et de miel sau- pour la rémission des de Jérusalem, et ils vage. 5. Alors Jérusa- péchés, 4. comme il est étaient baptisés dans le lem venait à lui, ainsi écrit au livre des pafleuve Jourdain, en con- que toute la Judée et rôles d'Isaïe le professant leurs péchés. 6. tout le pays voisin du phèle : (> Une voie crie Et Jean était vêtu de Jourdain ; (î. et ils dans le désert : u Prépoils de chameau et étaient baptisés par lui parez le chemin du Seidune ceinture de cuir dans le fleuve Jourdain, gneur; rendez droits autour des reins, et il en confessant leurs ses sentiers; 5. toute vivait de sauterelles et péchés. vallée sera comblée ;
de miel sauva'>e. toute monlagneettoute
colline seront abaissées ; les (passages) torl ueu X deA'iend ro n l droits, et les raboteux seront chemins unis ; 6. et toute chair verra le salut de Dieu. »
Aug'uste étant mort le 19 août de l'un 14, la quinzième année de Tibère correspond à l'an 28-29 de l'ère chrétienne. Si l'on admet que cette date marque le commencement de la prédication évanj^élique, il s'ensuivra que Jésus, né avant la mort d'Hérode, avait au moins trente-deux ans quand il reçut le baptême de Jean. Luc dit plus loin que Jésus avait alors environ trente ans^, et les deux indica-
BAPTÈMK DE JÉSUS 387
tions se rapportent. Il n'en serait plus de même si Jésus était né à l'époque du recensement de Quirinius ; car, dans cette hypothèse, il n'aurait eu que ving-t-deux ans quand il fut baptisé '. On a supposé de bonne heure que la quinzième année de Tibère devait être comptée à partir de son association à l'empire, à la fin de l'an 11 ou au commencement de l'an 12, et coïncider avec l'an 26 de notre ère, la date de l'an 29 (ou 30) étant retenue pour la mort du Christ, et les deux ou trois ans d'intervalle faisant droit à la donnée johannique touchant la durée du ministère de Jésus. Mais, les historiens romains et Josèphe comptant les années de Tibère à partir de la mort d Auguste, il est peu probable que Luc les ait comptées autrement.
On ne s'entend pas non jilus sur le fait qui est visé par cette date de la quinzième année, les uns la rapportant à la prédication de Jean, les autres au baptême de Jésus, les autres à sa mort. Aucvme de ces opinions ne parait devoir être écartée absolument, quoique la dernière soit sans doute la plus conforme à l'histoire. L'arrangement du récit favorise la première, puisque la prédication de Jean-Baptiste est résimiée d'abord; mais l'évang'éliste ne se propose pas de raconter la vie du Précurseur, et il prend le ministère de celui-ci au moment où Jésus se présente pour recevoir le baptême ; en réalité, Jean prêchait déjà depuis un certain temps, impossible à fixer, et la date marquée ne doit pas être entendue avec rig-ueur en ce qui le concerne. Elle vise plus directement le baptême de Jésus, et si Ton fait intervenir la donnée johannique sur les deux ou trois années du ministère évangélique, on ne pourra songer à la passion. Mais on ne doit pas faire usage de cette donnée pour interpréter Luc, qui ne l'a même pas soupçonnée. 11 serait singulier que le rédacteur du troisième Evangile, si soucieux de la chronolog-ie, n'eût pas pensé à dater la mort du Christ ; s'il ne l'a pas fait en décrivant cet événement, c'est que l'indication synchronique, si savamment élaborée par lui, se rapporte, dans sa pensée, à toute la vie publique de Jésus, telle qu'elle est représentée dans le cadre synoptique. Dans cette hypothèse, quia été l'opinion de très anciens Pères-, la mort du
1. HoLTZMANN, 'S2't, el Welliiausen, Le. (i, 71; Me. 49, inclinent vers cette opinion, tout en renvoyant la mort du (Christ à Tan 3.'). Mais il est bien risqué de fonder une conclusion historique sur Le. ii, 1-3 ; et peut-on supposer six ou sept ans d'intervalle entre le baptême et la mort du Christ?
2. (élément d'Alexandrie, ïertuUien, etc. Beaucoup de modernes préfèrent l'an 30, s'autorisant de Me. ii, 23, pour soutenir ((ue Jésus prêchait en Galilée une année environ avant sa niorl. A'oirj^le commentaire de ^Ic. ni, (i.
Sauveur doit être le point ferme auquel se rattache toute la comhinaison chronologique, parce que c'est celui dont la tradition pouvait le plus nettement se souvenir. Le ministère de Jésus étant ramené à une durée très limitée, pour des raisons didactiques et par un effet de perspective qui a chance, d'ailleurs, de refléter assez exactement la réalité, la date de la passion a pu servir pour toute l'histoire évangélique. Jésus aura souffert la mort au printemps de Tan 21) ; son baptême et le commencement de sa prédication sont renvoyés, par approximation, au cours de l'an 28.
Ponce Pilate a gouverné la Judée, l'ancienne létrarchie d Archélaiis, en qualité de procnrator subordonné au lég-at de Syrie, pendant dix ans, de l'an 26 à l'an 36. Hérode, tétrarque de (Talilée, est Hérode Antipas, qui deviendra le meurtrier de Jean-Baptiste ; il fut déposé en l'an 39. Son frère Philippe mourut en l'an 34. Josèphe attribue à celui-ci la Trachonite, la Batanée, la Gaulonite, le Hauran et Panéas. Luc lui donne l'Iturée, soit parce que le district de Panéas avait appartenu au royaume des Ituréens^, soit en supposant (ju il avait dû administrer une province que gouverna plus tard Ag-rippa 11 -. On a beaucoup plus chicané Luc à propos de Lysanias, le soupçonnant d'avoir été abusé par le nom de tétrarque. et d'avoir voulu trouver quatre personnages qui auraient possédé, en l'an 15 de Tibère, les quatre parties de la succession d'Hérode le Grand, Pilate tenant la place d'Archélaûs, et Lysanias venant pour le dernier quart \ Hérode n'a jamais été maître de l'Abilène, ainsi nommée d'Abila, ville située à l'extrémité méridionale de l'Anti- Liban, mais l'évangéliste l'aurait cru, parce que l'Abilène fut donnée en 37 à Hérode Agrippa L'' par Caligula, et en o3 à Agrijjpa II, par (Claude. Josèphe ne parle que d'un Lysanias, qui fut tué par Antoine, à l'instigation de Cléopâtre, en l'an 36 avant notre ère ; mais il emploie encore la formule : « tétrarchie de Lysanias <> . pour désigner l'Abilène '♦. (]ette circonstance pourrait expliquer le langage de l'évangéliste, quoi qu'il en soit du second Lysanias, dont on a voulu prouver l'existence par les documents épigraphiques '. La précision apparente des indications se concilie fort bien, dans
t. ,1. Weiss, 347.