‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 334 sur 829 · HoLTZMAXN, ll!i · texte numérisé non relu

HoLTZMAXN, ll!i

tence pour la rémission des péchés ' » ce petit discours : >■ Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche '• ». Ces mots résumeront aussi renseignement du Sauveur au début de son ministère ■^ et il semblerait que l'objet propre de la prédication de Jean, comme celui de l'Evangile, ait été l'avènement du royaume '. Mais ce n'est pas cette identité que l'évangéliste a voiilu insinuer ; il a voulu dire la même chose que Marc, en observant, conformément au discours qui est rapporté ensuite, que la pénitence était motivée par l'imminence du jugement messiani(pie.

La prédication de Jean-Baptiste eut un grand retentissement. On venait à lui des pays avoisinants, vallée du Jourdain, Judée et Jénisalem. Marc le dit ; Matthieu et Luc le répètent après lui ; mais Matthieu transpose cette notice après celle qui concerne le genre de vie du Baptiste, afin de préparer l'introduction d'un discours qui manque dans Marc, et que Luc rapporte aussi, à la suite de la })rophétie d'Isaïe, d'après une source qui doit être commune à lui et à Matthieu, à moins que ce ne soit une première rédaction de Matthieu, dont Luc aurait eu connaissance.

Mattu. m, 7. El voyant beaucoup (le pharisiens el de sadducéens venir au baptême, il leurdit : ■< Rejetons de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir? cS. Faites donc un dif;ne Iruit de pénitence, 9. et ne vous illusionnez pas (jusqu'à) dire en vous-mêmes : « Nous avons pour père Abraham ». Car je vous dis (|ue Dieu peut de ces pierres susciter des enfants à Abraham. 10. Et déjà la hache est posée à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne l'ail pas de bon fruit va être coupé el jeté au feu ».

Lie, ni, 7. Il disait donc aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : '< Rejetons de vipères, qui vous a montré à fuir la colère à venir? Faites donc de dignes fruits de pénitence, et ne prétendez pas à dire [en vous-mêmes] : « Nous avons pour père .MM'aham ». Car je \ous (lis que Dieu peut de ces pierres susciter des enfants à Abraham. 10.

Et déjà aussi la hache est posée à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne fait pas de bon fruit, va être coupé et jeté au feu. »

1. Me. '.i\ ; i.c. 3. x.rjpJCT3'')V '^IiÔ.t-.t'.txt. aîTavoiaç v.ç àss^iv àaapT'.iov.

2. V. 2. £Y'')V jjL£Tavo£tTî" fîyy.xEV yàp îq [îaatÀ^ia ToJv oùoavwv.

'^. IV, 17; ci'. Me. I, 15. Matthieu interprèle Jean d'après Jésus. '^. Sur la notion du règne de Dieu, el la formule « royaume descimix s/;/*/', p. 22*.t, M. tj.

MAI'IKMK \)E JÉSUS 395

On peut supposer que lu source primitive donnait le discours sans indiquer expressément à qui il avait été adressé : Luc aurait conjecturé très naturellement que les auditeurs étaient les gens venus pour demander le J^aptême. De l'apostrophe : « Enfants de vipères », que Jésus a employée contre les pharisiens ', Matthieu aurait déduit que Jean visait cette catégorie de Juifs, et il y aurait joint les sadducéens, qui sont souvent associés aux pharisiens dans les récits évang-éliques. Contrairement à ces hypothèses, il est dit ailleurs - que les pharisiens et les sadducéens ne voulurent pas recevoir le baptême de Jean. Les orgueilleux sadducéens ne se sont pas dérang-és jiour entendre le prédicateur du désert, et son enseignement n'était ])as de nature à lui gagner les pharisiens. Nonobstant la formule : <■ enfants de vipères », qui a pu être empruntée au langage commun et ne peut passer ])our une désignation spécifique des pharisiens, il semblerait donc plus sage de s'en tenir à la conjecture de Luc. Cependant l'apostrophe a chance d'être en corrélation avec les destinataires que Matthieu désigne par le discours, et le tout a pu être l'édigé d'abord, malgré la contradiction apparente que Luc a pu vouloir corriger, en vue du passage où Jésus dit que les pharisiens et les sadducéens ont refusé le baptême de Jean.

( Kie l'on ait d'abord entendu par « enfants de vipères » des âmes gâtées |)ar le venin du péché •^ rien n'est moins vraisemblable, d'autant que le venin de la vipère ne lui fait pas tort à elle-même. Le propos doit être fondé sur le contraste que l'apparence, tout unie et polie, de l'animal, présente avec la méchanceté de son caractère et la nocivité de sa morsure, à moins qu'il ne soit simplement synonyme de « mauvaise bête ». Il semble cependant qu'on oppose la manifestation tout extérieure de la pénitence aux sentiments intérieurs, qui ne sont rien moins que pieux et saints. Les auditeurs ne sont pas censés dans une entière sécurité à l'égard du jugement divin ' ; mais Jean leur reproche de croire que, par un simulacre

1. Mt. XII, :H; xxiii, .'^3. Nolor l'analogie de ces passages avec m, 7-H.

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