Mr. vil, 19. Cf. siii,r. |>. :{<)•;. n. 'r
(^e jeu de questions et de réponses est dans la manière propre de Luc, et comme les paroles qu'il attribue au Baptiste sont dépourvues de toute orig'inalité, on a pu se demander si ce petit tableau n'avait pas été conçu tout entier par lui', pour donner plus de corps à l'enseignement de Jean.
Le premier conseil, donné à la foule, se rencontre sous ditlerentes formes dans le Nouveau Testament; il est bien en lapport avec l'idéal ég-alitaire de Luc. ()ue celui qui a deux tuniques -, deux habits de dessous, en donne un à celui qui n'en a pas; que celui qui a deux fois plus d'aliments qu'il n'en peut consommer actuellement en donne la moitié à celui qui n'a rien manger.
Le second conseil est adressé aux publicains, c'est-à-dire aux commis indigènes préposés au recouvrement des taxes sur les objets de consommation, droits de transit et autres semblables. Outre (jue le système de perception donnait lieu à beaucoup d'abus, l'impôt pavé à un souverain étranger et païen était odieux aux Juifs pieux et patriotes. C'est pourquoi l'état de publicain était aussi décrié que le métier de prostituée. L'évangéliste, qui prête à Jean les principes de justice et de charité que Jésus a enseignés, a voulu aussi le montrer dans la même attitude que le Sauveur à l'égard des publicains. Jean ne réprouve ni leur profession, ni l'impôt; il leur prescrit seulement de ne rien exiger en plus de ce qui est fixé par l'autorité compétente.
11 est plus ditlicile de voir pourquoi Luc tient à parler des soldats. En sautorisant de la vraisemblance historique, on a conjecturé que les soldats venus pour consulter Jean-Baptiste étaient des soldats palestiniens, appartenant à l'armée d'Antipas''. Mais Luc a pu vouloir mettre en scène des soldats païens et romains, non seulement comme une catégorie de personnes dont la moralité valait celle des publicains, mais pour témoig-ner des relations bienveillantes qui avaient existé entre Jean et les représentants de la puissance romaine. Jean deviendrait le précurseur de Jésus par l'esprit de charité ég-alitaire, la mansuétude envers les pécheurs et le respect des pouvoirs établis. Si le dernier rapprochement paraît peu solide, on remarquera qu'il s'agit seulement dune intention de l'évangéliste,