‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 337 sur 829 · Cf. Mr. V), '.t · texte numérisé non relu

Cf. Mr. V), '.t

.'{. I loi. 1 /.MANN, .S 27.

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et que celui-ci ne pouvait pas amener Pilate dans l'auditoire de Jean. Quoi qu'il en soit, le Baptiste donne aces soldats des conseils de justice et d humanité : ils ne doivent pas vexer les populations, mais se contenter des rations de vivres et de la solde qui leur sont assignées par l'Etat qu'ils servent.

Nonobstant les détails fournis par Matthieu et par Luc sur la prédication g-énérale du Baptiste, il est clair que les trois évangélistes ont hâte d'arriver à sa rencontre avec Jésus. Ils vont préparer cette rencontre en reproduisant la définition que le Précurseur luimême a donnée de son rôle.

M.\Rc, I, 7. Et il prê- Mattii. m, I I . x Moi, l.ic, m. I."). (lommc

chail, (lisaal : c Le plus je vous baptise dans le peuple éliiil dans fort que moi vient der- l'eau, pour la pénitence; l'attente, et que tous se rière moi, (lui) dont je mais celui qui vient demandaient en leurs ne suis pas digne de derrière moi est plus cœurs, ausujetde Jean, dénouer, en me bais- fort que moi, je ne suis si lui-même ne serait sant, le cordon de sou- pas digne de porter ses pas le Christ, Iti. Jean liers ; 8. moi, je vous souliers ; lui vous bap- prit la jiarole, disant à ai baptisés d'eau, mais tisera dans l'Lspril tous : « Moi je vous lui vous baptisera d'I^^s- saint et le l'eu. « baptise d'eau; mais le

prit saint. » plus torique moi vient,

dont je ne suis pas digne de dénouer le le cordon de souliers ; lui vous baptisera dans l'Esprit saint et le feu. »

Marc n'a voulu connaître de la prédication de Jean que ce qui se rapporte directement à la venue du Christ. Les deux idées, celle du jugement de Dieu et celle de l'avènement du Messie, étaient corrélatives. Annonçant l'un, Jean pouvait parler de l'autre. Il aurait pu néanmoins prêcher la pénitence en vue du jugement prochain, et se donner lui-même, en quelque façon, comme le précurseur de Dieu, selon le sens original du texte de Malachie oii l'on a trouvé la prédiction de son rôle, en n'insistant pas sur le rôle du Messie ; mais, au moins dans la pensée des évangélistes, le discours qui lui est attribué a pour objet le Christ, auquel Jean se subordonnerait, en termes exprès, sans pourtant le connaître. Croyant à l'inmiinence du grand jugement, il croit que le Christ va paraître, mais sans savoir encore qui est le Christ. Il n'a donc pas en vue Jésus quand

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il dit : « Le plus fort que moi vient après moi ' ». Il déclare n'être vis-à-vis de l'envoyé divin qu'un esclave à peine digne de lui rendre le plus humble office : délier la courroie de ses sandales.

Le jugement étant proche, le Messie est aussi prêt à venir : il arrive sur les pas de son précurseur. La différence essentielle qui existe entre les deux est que Jean a baptisé avec de l'eau, appliquant un rite inefficace par lui-même et purement symbolique, et que le Messie baptisera avec de l'Esprit saint, rég"énérant les hommes par la vertu de Dieu -. (^ue le baptême par l'Esprit divin donne accès au royaume de Dieu, c'est une idée qui n'est pas plus conforme aux croyances communes du judaïsme que la négation du privilèg-e attaché à la descendance d'Aliraham. Mais, tout en admettant l'originalité de renseignement donné par le Baptiste, il ne faut pas oublier que la tradition chrétienne en a retenu seulement ce qui lui convenait, et qu'elle a interprété à sa façon, on peut dire d'après ellemême, ce qu'il lui a plu de garder. On verra plus loin que les souvenirs concernant les relations de Jésus avec Jean n'étaient pas très précis. Ce que la tradition apostolique a connu de la prédication du Baptiste a dû lui venir par des gens qui avaient entendu celui-ci, et qui s étaient attachés plus tard à la foi du Christ. Leur conversion même leur faisait apprécier d'un point de vue tout nouveau ce que le Précurseur avait dit, et la layon dont on conçut bientôt le rapport providentiel de la mission du Baptiste avec celle du Sauveur n'a pu manquer d'influencer encore plus la tradition des j^aroles attribuées à Jean.

En Matthieu, ce discours du Précurseur est amené sans transition ', après l'apostrophe aux pharisiens et aux sadducéens, bien qu il s'adresse évidemment à la masse des auditeurs, sans distinction d opinions ou de sectes. Mais les pharisiens et les sadducéens représentent le judaïsme. Ce doit être avec intention que l'évangé-

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