Qiiis rcr. dir. haer. 25, '^S
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sur lui '. On croirait assister, et l'on assiste en effet à un baptême clans les premières communautés chrétiennes-'. Après l'immersion baptismale, on priait pour obtenir l'effusion de l'Esprit. La description du baptême de Jésus se développe ainsi en prototype du baptême chrétien. Mais Luc ne va pas jusqu'à dire positivement que la foule vit les cieux ouverts et la colombe, et qu'elle entendit la \()ix céleste. Le sens de la tradition historique ne permettait pas d'affirmer que Jésus eût été sis^nalé publiquement comme Messie à la foule par un signe du ciel, ou simplement par Jean. Si l'auteur du quatrième Evangile n'a pas reculé devant cette assertion, c'est qu il se place à un tout autre point de vue que celui de l'histoire.
Les variantes du texte ordinaire dans les paroles du Père céleste ' viennent de ce que la vision, selon la tradition ]>rimitive, est pour Jésus, et n'a même sa raison d'être que par rapport à lui, tandis que, selon la tradition postérieure, elle n'avait plus de signication que pour les assistants. Luc cependant suit Marc et fait adresser le discours à Jésus. (Quelques anciens témoins ' lisent aussi dans Matthieu : « Tu es mon fils, en toi je me complais » ; et 1 on trouve dans quelques témoins de Luc : « Tu es mon fils; je t'ai engendré aujourd'hui ' ». Alléguer contre cette formule, qu'elle est
1. V. 21. Èyi'/îTO iv tw paT:T''.'36f,va'. ànavra tov Àaov /.a! 'Ir^irrj ,3a~T'.'jO£VTO: y.x': -po3£uyo|j.ivou àvstijyôfjvai xôv oùpavo'v, -/.ta.
2. HoLTZMANN, 328. Von der Goltz, Z)a.s' G/'hel in dcr Hltesfen Christenheif, '^. Luc montre volontiers Jésus priant; cf. v, Ki; vi, 12; ix, 28-29; mais il lui a fallu un motif très particulier pour introduire ici la prière entre le baptême et la descente de l'Espint. Cf. Acx. viii, l.'i-l".
3. Me. il (Le. 22). rs-j si 6 uioç [jloj 6 àya-rj-o;, iv rsol ijwai ^rsa . Mt. 17. ojto; irsxv/ 'j j'oç aoj ô àya-rjTo;, h m ixtoôy.rfsa.. D (Ss. i omet âysvîTO dans Me. 11. " Mon fils, l'aimé » n'est pas : ^ mon cher fils ", mais « mon fils préféré », sans comparaison d'ailleurs, et non comme premier d'une série (remarque de Wellhau- SKN, Me. (>). Noter que, dans Matthieu, Jésus voit, et la parole est adressée aux témoins; dans Luc, l'assistance voit, et la parole est adressée à Jésus : ces incohérences prouvent la priorité de Marc i ù/. Mt. Hi.
K Se. Se. D. On lisait dans l'Evangile des Hébreux (s. Jérôme, //( /(. loc.\ : " Factum est autem, cum ascendisset Dominus de aqua, descendit fons omnis Spiritus saucti et requievit super eum et dixit illi : Fili mi, in omnibus prophetis exspectabam te, ut venires et requiescerem in te; tu es enim requies mea, tu es filius meus primogenitus, qui régnas in sempiternum. »
."). jîoç ;j.oj Et aJ, iyfô i3r;;j.£pov ysyivvYiy.â lî. L), plusieurs ms. il., Jistin, Dùil. iSN, 103. (ÉLÉMENT Alex. PapcL, I, 6, 2.'». (]ette leçon est regardée comme primilive dans Luc par L'sener, llillmann, Ilolsten, Blass. Zahii, Wernle ; d'après
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empruntée à un psaume, serait oublier que l'autre est empruntée à Isaïe ', et non peut-être sans intluence du récit de la transtig'uration '. Primitive ou non dans le texte de Luc et dans la tradition écrite de l'Evangile, la lecture : i( Je t'ai engendré aujourd'hui » exprime la pensée des premières générations chrétiennes, ou du moins une des formes de cette pensée ; car il y a trace d'une autre idée, non moins ancienne, qui transporte à la résurrection l'entrée du Christ dans son rôle de Fils '. Les deux idées ne sont pas inconciliables. Au point de vue du messianisme traditionnel, le vrai Messie est le Messie glorieux, et Jésus n'est ce Messie que par sa
Rescli, ce seiait uiu' corrt'clioii iiuléo-clirélieiiiK' : (l'npic's B. Weiss vl Bousset, elle serait due à rinfluence dune ancienne soiuce évMngéli(iue. L;i ditl'usion de la leçon rend cette deinièrt- hypothèse peu vraiseniiilable, cl il i-st bien dilUcile d'en expliquer même linserLion, si elle n'est pas primitive ; tandis (jue rintérêt dogmatique et lintluence de Marc rendent aisémeid compte du texte canonique. I^uc a pu garder cette lecture sans s'apercevoir quelle ne cadrait pas avec la concepLion virgiiude, tout comme il a cilé le même passage du psaume (n, 7i relativement à la résurrection Act. xiii, i'-i'. trouvant dans sa source cette citation prophétique, il n'aura eu aucun scrupule de la conserver, saut à ne pas l'entendre comme ceux qui en avaient fait d'abord l'application au baptême. Pourquoi y aurait-il vu i)lus d'inconvénient que ses copistes, qui admettaient aussi la conception virginale? L'Evangile des Ébionites reproduit sous trois formes la parole du Père céleste : la première est celle de Marc, la troisième, celle de Matthieu; la seconde est la leçon non canoni(|ue de Luc. où l'apocryphe a dû la prendre. Cf. Zahn, II, 357.
). xi,ii, I dans l'hébreu) : ■■ Voici mon serviteur (LXX, .lacobi, que je prends, mon élu LXX, Israëlj, en qui mon àme se complaît ; je mets mon esprit sur lui. » Le rapport de ce passage avec le récit du baptême est incontestable; d'autres passages du même prophète ixi, 2; lxi. 2; cf. Ps. xlv, 8) en déterminaient l'application. Noter c{ue lintluence de Ps. ii, 7 s'accuse partout, dans uio; [aûj £■! aj, en sorle que, dans les textes canoniques, la parole du Père est encore le texte du psaume modifié au moyen disa'ie. Le mot :i:aï;, dont on se servait pour Iraduire l'iiébreu 137, " serviteur », se prêtait d'ailleurs au sens de " fils ■• ; cf. Mr. XII, 18. où Is. XLii, 1, est cité.
2. Cf. Le. IX, .") ; Me. ix, 7; Mr. xvii, 5. En perdant sa signilicalion à l'égard de .lésus, le baptême devient une scène analogue à celle de la Iransfiguiation. Les deux récits sont parallèles et peuvent s'être influencés réciproquement. Dalman, 1, 229, n'admet que l'influence du l)aptême sur la transfiguration.
3. .\cT. xni, 33, supr. cit. ; Rom. i, 4 (cf. i, 3 ; vni, 3). Cf. su]>r. pp. ti, 18."). 11 est à notei' que la fête de l'Epiphanie semble avoir été primitivement la commémoralion du baptême, et qu'elle était aussi en Orient la fête de la naissance du Christ, avant (pie l'introduction de la fête du 2') décembre lui eût enlevé ce dernier caractère. Cf. Boknkmann, Die T.nifp Chria/i durrh Jo/um/ifs |S<.»(i .
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résurrection; mais c'est à son baptême que Jésus a vu s'ouvrir devant lui la perspective de ce ^rand rôle, et qu'il a été sacré Fils pour la préparation du royaume céleste, en attendant qu'il apparût tel, et qu'il entrât dans la i^loire qui appartient naturellement à sa mission'. Cette idée, le sacre du Messie, domine le récit de Marc et en a ins])iré la rédaction. Dans Matthieu et dans Luc. il ne s'ajj^it plus iii'uère (jue de révéler le Christ au monde
Luc insère, avant le récit de la tentation, une notice relative à l'âge qu avait Jésus lorsqu'il vint au baptême, et qui sert de point de départ à la ifénéalo^^ie d(Mit il a été parlé précédemment.
I. Selon ces conceptions primitives, Jésus est sacré lils de Dieu plutôt qu'engendré; cesl pourquoi la leçon de D, dans Le. 22, ne s'impose pas comme expression de la foi apostolique (Cf. Welluausen, Me. ~\. D'après une tradition qui parait avoir été fort répandue au second siècle, et qui a laissé des traces dans les Evani^iles apocryphes et l'ancienne littératuie ecclésiastique (JiiSTiN, Dial. 88; PruPilicalio Paiili; ps. Cvprien, De rehapti^inali^: Diatessaron et s. Ephrem; Evangile des Ebionites; mss. it. a r/^ , un grand feu aurait paru sur le .Fourdain lorsque Jésus fut baptisé. Cette légende introduit le feu comme symbole de l'Esprit, à côté de la colombe; elle doit se fonder dune part sur le récit de la Pentecôte dans les Actes, et d'autre part sur l'interprétation chrétieinie du baptême de feu annoncé par Jean-Baptiste. L'addition se trouve, dans les mss. a elc/\ après Mr. m, lil : ■ Et cum baptizaretur gr' Jésus) lumen ingens [y ', magnum circnmfulsil g ', fulgebat' de aqua ita ut limèrent omnes qui advenerani i.g', congregati erant i. » Justin, supr. cif.. suppose la même disposition du récit. Dans l'Évangile des Éliionites, la remarque : xal s'j6ù; z£ç.tiÀaai£ tov tottov sok [i-sya, venait après le baptême, entre les deux premières paroles du Père céleste fcf. p. U2' et la troisième. Il y a surcharge dans les deux coml)inaisons.