‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 346 sur 829 · Cf. p. +16, a. I · texte numérisé non relu

Cf. p. +16, a. I

2. V. 3. zal nooajÀOfov ô -nçi'Çio'i cf. I Tin:ss. m, 5i îItzv/ «jTfo. Lie, A. z]-iy oï «■JT(<) ô otâooÀoç.

A. Loisv. — Les Evanijiles synoptiques. 27

41(S LES ÉVAN(ilLKS SWNOPTIolKS

pas cette remarque, les deux évang^élistes n'en ont pas moins l'idée d'une manifestation sensible du démon, et d'une conversation réelle entre Jésus et lui. Une analyse psycholog-ique n'est pas à attendi-e d'une tradition populaire comme est celle des Evangiles, et Jésus lui-même, parlant des difïîcultés morales qui sonl ici désignées sous le nom de tentations, n'aurait pas hésité à les attribuer à Satan. Le tentateur dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ' . » Il va de soi que le démon parle conformément à la théolog-ie des évangélistes, et que le titre de Fils de Dieu veut dire Messie ; Satan n'a pas laissé perdre la parole que le Père céleste a dite à Jésus baptisé ; l'emploi des mots « Fils de Dieu )) rattache la tentation au baptême. Le démon ne doute aucunement que Jésus soit le Fils de Dieu, et il se propose tout simplement d'engag-er ce Fils de Dieu à un acte qui est contraire à la loi de sa vocation. Pourquoi le Fils de Dieu ne ferait-il pas appel pour son besoin à la puissance divine ? Faut -il que le Messie soit plus au dépourvu qu'un mendiant ?

Cette idée n'a pas dû se présenter qu'une fois à l'esprit de Jésus ; elle résume le contraste qui existait entre la hauteur de sa vocation et la pauvreté, l'humble appareil de son existence. Elle pouvait conduire ou bien au doute sur sa vocation même, ou bien à des préoccupations d'ordre matériel, à des prétentions et des entreprises intéressées, dénuées de valeur morale -'. Jésus fait, dans le cas présent, une réponse qui vaut pour tous les cas semblables. Il dit, en citant le Deutéronome '^ : » (^e n'est pas seulement de pain que vit l'homme ^ » ; et il ajoute dans Matthieu : « mais de de toute parole qui sort de la bouche de Dieu '. ■> Dans l'original, il est question de la manne, mais le sens primitif du texte ne fait pas loi pour la citation. Celle-ci. dans Luc, suppose qu'il y a pour l'homme une autre nourriture que le pain : il n'est pas évident néanmoins (pi'il s'agisse de nourriture spirituelle. Dans Mat-

1. zl jioç si TOJ (iî'j-j. îItzÏ Ïvol <)'. '/.'Mo: ojto; àsTO'. yÉvfDVTa;. Le. l'.r.z T'o ÀiOto -'rjZ"> '.'va yivïita'. «oxoç.

Page 1