B. Weiss, XMk
^. i~\ tÔ ;:TcpjY'.ov toO Uooj dans Mr. ">, et Le. 9. I/indicatiou vient donc de la source; mais il est probablement superflu de vouloir déterminer Pendroit (cf. HoLTZMANN, 199i ; ce que dit Hégésippe (dans Elsèbe, Hisi. ceci. ; n. 23, 12), à propos de Jaccjues, que l'on mit im -ù -Tspjy.ov toj vaou, [)aiaît dépendre, quant à l'expression, dn récit évangélique.
I récit à la lettre, Jésus, d'après Matthieu, aura été transporté ' dans les airs par le diable; ou bien, d'après Luc, il aura fait le voyage
|de Jérusalem en marchant avec le démon ^. Les deux conceptions, nonobstant la forme concrète qu'elles affectent, sont |visiblement en dehors de la réalité. C'est l'idée qui est à considérer. Le Fils de Dieu ne peut-il à son gvé se faire valoir par un prodig-e éclatant, se précipiter du haut du temple, en présence de la foule, atin que. Dieu le protégeant nécessairement par ses anges, et le préservant de la moindre blessure, il apparaisse aux yeux de tous comme le
'messager du ciel? Et Jésus répond que le Messie n'a pas le droit de
I faire servir la puissance divine à ses caprices. Dieu seul choisit les occasions de la manifester, il ne faut pas les lui imposer.
Condiien de fois n'a-t-on pas invité Jésus à faire ce que lui propose Satan, à donner des signes de sa mission divine ! On lui en demandait encore par dérision au pied de la croix. Jésus est donc censé, dès le désert, avoir été mis en face des conceptions vulgaires sur le rôle du Messie ; il a compris qu'on lui demanderait des miracles inutiles, moins pour croire et se convertir que pour êti^e émerveillé ; il s'est d'avance interdit de flatter un tel penchant et de chercher sa propre gloire, il s'est défendu de tenter Dieu. Le diable dit à Jésus de se précipiter du haut du temple, et il cite comme garantie de la protection divine à 1 égard du Christ un passage du psaume XCl ^ d'après les Septante , où Dieu promet son secours au juste. La repartie de Jésus est encore empruntée avi Deutéronome '. Cette joute à coups de textes bibliques donne au récit un cachet tout particvdier d'argumentation théologique et rabbinique, dont il n'y a pas d'exemple aussi bien ordonné dans le reste de l'Évangile. Mais si la tradition a élaboré la mise en scène et l'équilibre des répliques, on doit reconnaître qu'elle a lidèlement interprété les sentiments de Jésus.
Matth., IV, 8. Le diable lem- Luc, i\ , ,">. VA l'ayant conduit en
mena encore sur une montagne haut, il lui montra tous les royaumes
très haute, il lui montra tous les du monde en un seul instant; 6. et
royaumes du monde et leur gloire, le diable lui dit : « Je le donnerai
1. V. T). TOTJ 7:apaXajAÇâvsi aùtov ô o'.âpoXoe î!; xtjV àytav JïdXiv.
2. V. 9. ri-[a.-(i'i Se aùiôv îî; 'lepouaaÀrJiji. Cf. v. 1. rj'ysTO Èv tio 7:v£Û[j.aT'. ztX.
3. V. II-I2. La citation est plus exacte dans Luc. Pour l'idée du vol dans les airs, comparer la légende de Simon le Magicien (Wellhausen, M(. 10).
4. VI, Iti. <yjy. ly.r,upiaziç, xùptov xov 6cov aoj. ]>'hél)rou a le pluriel.
'ri;N'iAr[ON du christ
9. el il lui dit : « Je te donnerai toute cette puissance et leur splentout cela, si, te prosternant, tu deur, parce quelle m'a été remise, m'adores. .. 10. Alors Jésus lui dit : et que je la donne à qui je veux; « Arrière, Satan ! Car il est écrit : 7. si donc tu te prosternes devant Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, moi, elle sera tout entière à toi. » et lu n'adresseras Ion culte qu'à 8. Et Jésus, répondant, lui dit : « Il ]^,i, „ est écrit : Tu adoreras le Seigneur
ton Dieu, et tu n'adresseras ton
culte qu'à lui. »
Jésus est emporté sur une montagne très haute ', d'où le diable lui montre tous les royaumes du monde. Ainsi Moïse contemplai jadis toute la Palestine du haut du mont Nébo '. Une montagne d'où l'on peut voir la terre entière, et même le monde connu au temps de Jésus, n'a jamais existé. Peut-être est-ce pom* avoir eu conscience de cette difficulté que Luc ne parle pas de montagne, se contentant de dire que le diable mena Jésus en haut ', ce qui peut s'entendre d'un enlèvement dans les airs, et doit même s'entendre ainsi, puisque l'évangéliste semble avoir supprimé délibérément la montagne. La façon toute prestigieuse et magique dont il se représente cette tentation apparaît dans l'addition : <( en un seul instant ». Il comprend que le démon n'a pu réellement, d'un point quelconque, faire voir le monde à Jésus sans intervention de magie ; il dit donc que le diable, par un artifice de sa puissance, lui fit voir tout l'univers en un moment. En quoi cet artifice a-t-il consisté? il serait superflu de le chercher, car l'évangéliste lui-même ne se l'est pas demandé. C'est pour lui une de ces choses que le diable peut faire, et dont les hommes n'ont pas le secret. L'enlèvement dans les airs s'accorde bien avec cette vue instantanée de l'univers. Car Luc, malgré tout, semble admettre, comme Matthieu, une vue réelle, et non une vision imaginaire. Il est également contraire à l'esprit de la narration dans les deux Evangiles, de supposer que le démon indiquait à Jésus la direction des diverses contrées, sans que le pays même fût visible, ou qu'il aurait fait passer devant les yeux du Sauveur une sorte de fantasmagorie où les royaumes de
t. Mr. S. -âÂ'v napaÀa;j.Çàv£'. aJTOv ô o'.âooÀo: zl; ooo: j'iYjÀov À;av. Cf. Ap. xxi, 10.