Iloi.rz.MANN, Ivc.ril. Wkllhalse.n, loc. cil
2. III, 2. Ss. Se. lat. k omettent [AsiavoEÏTS et yoép dans iv, 17, et cette lecture I)ouri-;iit être primitive i Wellhausen, Ml. M); cf. Mt. x, (5-7 iv, t-lO).
.1. Henan, .Ms(/.s, 11I-11.5. Wellhaisen, .V/c. 8.
43(i LES ÉVANGlLIvS SVM «PTICJUKS
Marc, j, 16. Ei en Matth. iv, 18. El en Luc, \, 1 . I']l il advint,
passant le long de la marchant le long- de la pendant que la l'ouïe se mer de Galilée, il vit mer de Galilée, il ^-it pressait vers lui et écou- Simon et André, l'rère deux frères, Simon dit lait la j)aroIe de Dieu, de Simon, qui jetaient Pierre, et André son qu'il se tenait lui-même le lilel dans la mer , frère, qui jetaient un au bord du lac de Gencar ils étaient pécheurs, filet à la mer, car ils nésareth, "2. et cpi'il \ it
17. Et Jésus leur dit : étaient pécheurs. 19. deux barques arrêtées (( Venez à ma suite, et Et il leur dit : « \'ene/. au bord du lac; et les je vous ferai devenir à ma suite, et je vous pêcheurs, en étant desl^êcheurs d'hommes. » ferai pêcheurs d'hom- cendus . lavaient les
18. Et aussitôt, laissant mes. » !>(». Et eux ans- filets; 'A. et montant les filets, ils le sui\i- sitôt, laissant les filets, dans lune des barques, rent. 19. VA s'étant le suivirent. :2I. Et qui élail à Simon, il le avancé un peu plus séloignant de là, il vit j)ria de s'éloigner un loin, il vit Jacques de deux autres frères, peu de la terre ; et s'é- Zébédée, et Jean son Jacques de Zébédée, et tant assis dans la barfrère, qui étaient aussi Jean son frère, dans la que, il instruisait la dans la barque, raccom- barque, avec Zébédée foule. 4. Et quand il modant les filets, :20, el leur père, racconimo- eut fini déparier, il dit aussitôt il les appela ; dant leurs filets, et il à Simon : « Avance au et laissant leur père les appela ; '2'2. et eux larj^e, et lance/ vos filets Zébédée dans la barque aussitôt, laissant la bar- pour la pêche. » â. El avec les mercenaires, ils et leur père, le suivi- répondant, Simon dit : s'en allèrent à sa suite, renl. « Maître, en peiiumt toute la nuit, nous n'avons rien pris ; mais, sur ta parole, je lancerai le filet. » 6. El Fayanl fait, ils prirent une jurande quantité de poissons, et leur filet se rompait ; 7. et ils firent signe aux comj)agnons qui élaieul dans l'autre barque, de venir à leur aide, et ils vinrent; et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles sombraient. 8. Ce que > oyant, Simon- Pierre tomba aux genoux de Jésus, disant : ^ Eloigne-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur, Seig-ncur ! » 9. Car la stupeur l'avait saisi, ainsi que tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite ; 19. el pareillement Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon. Et Jésus dit à Simon : <( N'aie pas peui' ; désoi-mais lu seras preneur d'hommes. » I 1 . 1^1 ayant laniené les barques à terre, laissant tout, ils le sui\irenl.
D'après Marc et Matthieu, Jésus a songé dahoid à s'attacher un certain nombre de disciples. Sans doute il se proposait alors de former une société telle qu'il convenait au royaunu' de Dieu, plutôt que de se donner à lui-même des auxiliaires poui- la prédication de
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la bonne nouvelle, et délarg-ir par là son action sur les niasses. C'est plus tard seulement qu'il choisira parmi ses adhérents un groupe de prédicateurs spécialement chargés de le seconder. Les deux intentions néanmoins se complètent Tune l'autre, et si la seconde n'a pas été immédiatement réalisée, c'est qu'elle ne pouvait pas l'être avant ([ue les futurs apôtres fussent préparés à leur ministère. Jésus souhaitait faire de chaque prosélyte un missionnaire de ri'lvangile ; mais le succès de ce vœu dépendait du nombre et de la solidité des conversions. La tradition savait que deux couples de frères s'étaient joints à lui dès le commencement, et 1 on racontait leur vocation comme une sorte de miracle.
Dans Marc et dans Matthieu, le récit paraît s'inspirer de ce qui est dit, au livre des Rois, touchant l'appel d Elisée '. Dans Luc, la vocation elle-même est moins extraordinaire que le prodige qui la précède et qui en est l'occasion. Les quatre appelés étaient des pécheurs. La population avoisinant le lac de Tibériade était composée de ])ècheurs et de laboureurs : c'est dans ces deux classes ([ue Jésus a recruté la plupart de ses fidèles. Bien que la critique moderne ait souvent jugé incroyable le récit évangélique, et supposé quil y avait eu des rencontres préliminaires entre Jésus et ceux qui devinrent ses disciples, il n'y a pas lieu sans doute, en ce qui concerne le récit de Marc, d'admettre autre chose qu'une influence de l'histoire d'Elisée sur la rédaction. Ce serait méconnaître l'état d'esprit des pêcheurs galiléens, et le genre d action exercé par Jésus, que de croire indispensable à ces conversions beaucoup de discours et de raisonnements. Il est à croire que la pai'ole : « Suive/.-moi »>, n a pas été dite sans autre préambule, et quelle a été la conclusion d'un entretien; mais il n est pas nécessaire que cet entretien ait été long, et il n'est pas invraisemblable qu'il ait été le premier. La pensée du rojaume céleste n'était pas nouvelle pour ces Israélites; l'apparition d'un prédicateur inspiré n avait rien de déconcertant pour eux ; Jésus put les gagner en quelques instants par le charme et l'autorité de sa parole. Faut-il ajouter que , s'ils (juittaient tout, ils n abandonnaient presque rien; que leur adieu aux barques et aux filets était moins absolu que les évangélistes ne
\. 1 Hois, XIX. I<.i-21.
paraissent le dire, et que c est leur fidélité ultérieure qui a permis de le présenter ici comme définitif ' ?
Selon Marc, Jésus, arrivant du désert, et commençant à prêcher l'Evangile en Galilée, longeait la rive occidentale du lac de Tibériade -, en remontant vers le nord, au-dessous de Capharnaûm. Il vit deux pêcheurs qui jetaient le filet dans la mer : c'étaient deux frères appelés Simon et André. Il les invite à le suivre, promettant de faire deux plus tard des pêcheurs d'hommes. Jésus dit en effet : (( Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes ' ». G est que, dans la pensée de l'évangéliste, pour changer les appelés en apôtres, il faudra encore une désignation spéciale qui sera mentionnée plus loin. Gette nuance, qui correspond d'ailleurs aux faits ultérieurement accomplis, bien plutôt qu'à un souvenir direct, disparait [avec d'autres dans la relation de Matthieu. Là, Jésus, qui est |déjà censé habiter Gapharnaûm, vient se promener près du lac et rencontre ceux qui vont devenir ses disciples. Tandis que Marc donne seulement au premier des appelés le nom de Simon, parce qu'il se réserve de signaler plus loin, en racontant le choix des apôtres, le surnom de Pierre qui lui a été attribué, Matthieu, sans tenir compte du moment précis où le surnom a été donné, dit dès l'abord : « Simon, appelé Pierre ' ». D'après lui, Jésus dit : « Je vous ferai pêcheurs d'hommes ' », comme si les appelés devenaient tout de suite apôtres; et il s abstiendra, en effet, de décrire 1 élection des Douze; il se contentera d'en donner la liste ''. On ne nomme pas le père de Simon et d'André, probablement parce qu'il était mort.
Les deux autres frères que Jésus trouve, en avançant un peu le long du bord, étaient Jacques et Jean, fils de Zébédée. Geux-ci étaient dans une barque avec Zébédée leur père, occupés non à pêcher, mais à mettre leurs filets en bon état, ou à les raccom-
1. On a voulu voir dans Jn. i, Jo-42, un appel pivliniinaire ; mais ct-l ap[)cl est censé définitif dans le quatrième Evangile, el n'est qu'une transposition de Me. I, 16-28. Cf. Qi^. 243-247.
2. V.16. "/.a'i -apayfov 7:apà ttjv GàÀaaiav -fj^ ra).'.Àaia: z\ovj i];;j.'')va x.tX. La var. Tcîp'.-axojv (AT etc.) vient de Mt. 18. Dans Mt. Ss. lit simplement : i< (lomme il était près de la mer, il vit », etc.
3. V. 17. OcùTc ontato |j.oj, y.x'. -Oir[i''t u^j.*: YîvÉaOa". i'/^izl; àvOp'.')-'.)»/. i. V. 18. 2''[j.ova Tov ÀeY'JIJ-îvov IIsTpov.
">. V. 19. — otT^'j'.) 'j/à; àXsc?; àvOpwr'DV. 0. X, 2-4.
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moder '. Jésus les appelle aussitôt, comme les précédents, et eux aussi le suivent sans hésitation. Marc a soin de noter que les (ils de Zébédce laissèrent celui-ci dans la barque avec les mercenaires - ; ils ne l'ont donc pas abandonné sans secours ; Zébédée, <jui prenait des hommes k gages, devait être un patron de pèche (jui jouissait d une certaine aisance. Matthieu laisse tomber ce détail ; il dit simplement que les fils de Zébédée laissèrent leur père et la barque pour suivre Jésus. Le langage des évangélistes ne peut s entendre d une démarche transitoire, comme si les quatre pêcheurs avaient simplement accompagné ce jour-là Jésus à (lapharnaûm. On veut dire et on dit ' qu'ils ont renoncé dans l'instant même, à leur métier de pêcheurs, pour s'attacher définitivement à Jésus en qualité de disciples. La parole sur les « pêcheurs d hommes " ne permet pas d entendre le mot " suivre » dans sa signification vulgaire.
Après avoir conduit le Sauveur à Nazareth, Luc l'amène à Caphariiaiim et raconte divers miracles opérés dans cette ville, mais que Marc rapporte après la vocation des disciples; puis il inti<)duit le récit de la pêche miraculeuse. L Ordre suivi dans le second l^vangile est primitif et meilleur. Jésus n'a pu s'installer à (]aj)harnaùm, dans la maison de Simon, qu après avoir gagné celuici à IKvangile. Il y a ici encore une transposition qui est condamnée par le développement logique de l'histoire : elle résulte de celle qui a élé faite précédemment, parce que le narrateur, ayant conduit Jésus à Nazareth, et de Nazareth à Capharnaïim, raconte les miracles que le Sauveur a faits dans cette ville, selon la relation de Marc, avant dv 1 amener au bord du lac pour la vocation des disciples. L épisode de Nazareth figure l'insuccès de l'Evangile chez les Juifs, et celui de la vocation des disciples, avec la pêche [miraculeuse, le succès de l'I^vauijile chez les Gentils. Dans le dernier récit, il est encore assez facile de reconnaître deux éléments distincts que le travail rédactionnel ne parvient pas à fondre complètement ensemble : la tradition de Marc sur la vocation des quatre j)remiers disciples, les deux couples de frères pêcheurs, et une tradition relative à une pêche miraculeuse, où Simon Pierre tenait,