‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 362 sur 829 · I (^OB. XV · texte numérisé non relu

I (^OB. XV

7. Hypothèse de Rourbacu, Die lierirhLe iih. d. AafemlehuiKj .1 . (... Ci". .x///>r. p. lOîi.

A CAl'MARNAUM 445

avec la réhabilitation ou la seconde vocation du prince des apôtres. Luc, laissant tomber intentionnellement la tradition touchant les apparitions galiléennes, aura voulu adapter ce miracle à la vocation de Pierre comme disciple, moins pour le prodige considéré en lui-même tjue pour la signification symbolique qu'il était possible d'y trouver. Une confusion de la part de Luc ou de la tradition antérieure parait moins probable. L'évangéliste a pu lire dans une de ses sources, peut-être dans le document qui est à la base de Marc, riustoire de l'apparition du Christ sur le lac de Tibériade, et traiter la pèche miraculeuse comme on vient de le voir. Cette circonstance même aide à comprendre le sens qu'il y attache, et la place pré])ondérante que Pierre occupe dans le récit.

La métaphore des « pêcheurs d'hommes » induisait à interpréter en allégorie cette histoire de pêche, et Luc l'a encadrée de façon k en développer le symbolisme. Le Sauveur dans la barque, instruisant les (jaliléens, figure la prédication de l'Evangile aux Juifs ; l'ordre donné k Simon d'avancer en pleine mer, où se fait une pêche al)ondante. ligure la prédication aux Gentils. La réflexion de Pierre sur l'inutilité du travail antérieur remplace une simple indication de la source qui n'avait aucune, portée allégorique ; mais Luc y a vu sans doute une allusion k l'insuccès de la prédication apostolique auprès des Juifs, k l'hésitation momentanée de Pierre devant la question des Gentils, et au parti qu'il prend, dans les Actes, d après une révélation divine, de se rendre k la prière de Cornélius '. On a cru voir ' dans la rupture du filet une allusion k la querelle qui divisa l'Lglise primitive sur la question des observances légales; les gens de l'autre barque seraient précisément les apôtres de Jérusalem, k qui Pierre fait accepter le principe de la prédication aux païens ' ; la crainte qui envahit tous les pêcheurs serait la stupeur, tournée bientôt en admiration, qu éprouvèrent les apôtres galiléens en apj)i'enant les succès de Paul chez les païens ^. Mais il est bien douteux que l'évangéliste tienne tant à faire valoir en figure les faits qu il a délibérément atténués en les racontant. S il dit que le (ilet se rompait, c'est afin de signifier Ténorme quantité des

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