IV
i60 LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
Makc, I, liô.Klle matin, bien avanl I^uc, iv, 4'2. El le jour venu, étant
le jour, s'étant levé, il sortit et s'en sorti, il s'en alla en un lieu désert,
alla en un lieu désert, où il pria; et les gens le cherchaient; et ils
36. et Simon courut après lui avec tinrent jusqu'à lui, et ils insistaient
ses compagnons; 37. et ils le trou- pour qu'il ne s'éloignât pas d'eux;
vèrent et lui dirent : <> Tout le 43. et il leur dit : « Il faut aussi que
monde te cherche. » 38. Et il leur j'annonce aux autres villes le
dit : « .Allons ailleurs, dans les royaume de Dieu, parce que je suis
bourgades voisines, pour que j'y envoyé pour cela. » prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. »
Marc t'ait clairement entendre que 1 attitude des ifens de Caphariiaùni a plutôt inquiété Jésus qu elle ne l'a encouragé. 11 était venu prêcher la pénitence, et il s'est trouvé thaumaturge. Il prévoit que la surexcitation provoquée par ses miracles ne sera pas calmée le lendemain, qu'on lui demandera de nouvelles guérisons, et qu'on ne songera pas à se convertir, en soi'te que son entreprise est, dès le commencement, exposée à dévier dans une fausse direction. Pour se dégager de cette première impasse, il se décide à partir au plus tôt ; il a reçu 1 hospitalité chez Simon, mais il n'y reste pas la nuit entière ; il sort, avant l'aurore, de la maison et de la ville, sans même avertir ses nouveaux disciples, et il se retire en un lieu désert pour prier. Après les émotions et le bruit de la veille, il éprouve le besoin de se recueillir devant son Père. Mais dès que Simon et les trois autres disciples ont constaté son absence, ils se mettent à sa poursuite ' et le rejoignent à l'endroit où il s'était arrêté. Tout C^apharnaïun était revenu dès le matin et avait été désappointé par son départ improvisé ; les disciples le lui disent, pensant le ramener par la raison même qui le fait s'éloigner. Au lieu de revenir à ceux qui le demandent, il va se remettre en marche pour se soustraire à l'enthousiasme des Capharnaïtes et porter
t. Me. 36. /.aï /.arsoi'oÇcv aùxôv Sifxfov y.aî oi [j-et' aùtou. « Ceux d'avec »> Simon ne peuvent être que les trois autres disciples (cf. v. 29), et non le peuple iSciiANz, Mk. 107). Tout le inonde réclame Jésus, mais ce sont les disciples seuls qui le poursuivent et le trouvent, et c'est à eux seuls qu'il dit v. .Wi : ay'ojj.sv àXXa/ou. Le départ clandestin de Jésus donnerait à penser c[ue ses intentions siu' les disciples et l'adhésion de ceux-ci n'avaient pas un caractère aussi absolu ((ue le t'eiait supposer Me. i, lfi-20(cf. .s-(//>/'. p. ^.M). Ss. lit : « Plusieui-s le cheicheiil ».
A CAPHARiNAlLM ifil
l'Evangile ailleurs, dans les bourgs voisins ' ; aussi bien est-ce dans cette intention qu'il était parti '.
Ce récit, qui révèle avec tant de simplicité les sentiments de Jésus, devint promptement inintelligible pour la tradition '. Tandis que Matthieu l'omet entièrement. Luc tMi change la signilication. Bien (piil aime à montrer Jésus en prière, il ne voit pas le motif qui le fait prier en cette occasion, et il réserve ce détail pour d'autres circonstances ^ ; comme il n a pas raconté la vocation tles disciples, ce nest pas eux qu'il envoie à la recherche de Jésus, mais les gens de (!iapharnaûm. venus chez Simon pour le réclamer, et qui le rejoignent ■> : il les montre insistant pour que Jésus ne quitte pas leur ville, et Jésus leur l'épond en alléguant sa mission générale ''. Ainsi le simple fait devient un principe. Jésus ne s'est pas enfui, il s'en allait où l'appelait sa vocation. On peut dire que cette interprétation n'est pas contraire à la pensée de Jésus : ce n'est pourtant qu'une interprétation, comme la mise en scène est une traduction libre de Marc. La différence de la tradition historique et du point de vue théologique apparaît nettement dans les paroles du Christ : i< Allons ailleurs — c'est pour cela que « Je suis sorti » de Capharnaûm ; et : < // fanf que j'annonce aux autres villes le royaume de Dieu, je suis envoyé pour cela. »
Marc, 1,39. l-:i il >'en .Matïh. i\ . 2!^. Et il Llc, i\ , 44. Et il prè-
allait prêchant dans parcourut toute la Gti- ciiait dans toutes les leurs synagogues, par lilée, enseignant dans synagogues de la Judée, toute la Galilée. et chas- leurs synagogues et s;tiit les démons. prêchant FE^'angile du
royaume, et guérissant
toute maladie et toute
infirmité dans le peuple.
1. V. 18. v.i Ta; l/o;j.£va; y.f.)ao-oÀ£tî. O dernier mot ne se rencontre quici dans le Nouveau Testament. D iSs. Vg. etc. le décompose en ■/.'•)'xà.<; y.al de
2. £Îç ToûTo vio îÇtjÀôov. Ss. ms. lat. Vg. : ■• .le suis venu ".