Et si vous aviez compris ce que signifie
'< Je veux la pitié, non
le sacrifice >>, vous ne
condamneriez pas des
innocents ; (S. car le
Fils de l'homme est
maitre du sabbat. »
Il résulte du contenu que ce premier récit doit être placé à 1 époque de la moisson, entre le commencement d'avril et la mijuin ; il ne peut appartenir aux derniers temps du ministère galiléen, mais il est aisé de le placer dans l'année qui précéda la mort de Jésus, soit une dizaine de mois avant la passion. Peut-êti'e même, en l'absence de toute détermination chronologique et géographique, cette anecdote pourrait-elle être rapportée aux jours du ministère hiérosolymitain : il n'est pas dit qu'on fût déjà entré dans la moisson, et c'est à la fête des Azymes qu'on offrait au Seigneur les premiers épis fauchés. Cependant il paraît plus probable que l'incident se rapporte au ministère g'aliléen et au printemps de l'an 28.
Le texte ordinaire de Luc marque le jour, « le sabbat second pre?niej- ^ » ; mais on a cherché vainement une explication satis-
I. \'. i. iyavîTo oi iv aa^[iâif;) oîuTsoo-p'ÔTfo (ACl D etc.).
LE SAlMtAT o07
faisante de ce terme bizarre. Celle qui a eu, depuis trois siècles, la faveur des exégètes, à savoir que ce sabbat serait le premier sabbat des sept comptés, entre la Pàque et la Pentecôte, à partir du second jour de la Pâque ', est gratuite et artificielle Les plus anciens manuscrits - n'ont pas cette indication, et il est permis d'avoir un accident de copie, mélange de gloses explicatives, le sabbat en question ayant été qualifié premier relativement à celui qui suit, et second par rapport à celui dont l'évangéliste a parlé auparavant ■'.
Il arriva donc, un certain jt>ur de sabbat, (|ue les disciples, passant avec leur Maître dans un sentier qui traversait des champs de blé, arrachèrent c[uelques épis ^ pour en manger les gTains, parce qu'ils avaient faim, observe Matthieu, et en frottant les épis dans leurs mains, remarque Luc. Si Marc ne dit pas pourquoi les disciples arrachaient les épis, c'est que la violation du sabbat consistait dans Faction d arracher les épis, non dans celle de manger les grains. La façon dont Jésus justifie ses disciples ne laisse aucun doute sur leur motif. Quelques pharisiens, qui les voyaient, se scandalisèrent, non de ce quils marchaient, puisque les pharisiens eux-mêmes étaient aussi dehors, ni de ce qu'ils prenaient des épis qui ne leur appartenaient pas, car la Loi ^ permettait de le faire, si l'on avait faim, pourvu qu'on n'usât pas de faucille ; mais parce que la Loi proscrivait le travail de la moisson, comme tout autre travail, le jour du sabbat, et que. pour les pharisiens, arracher quelques épis, c était moissonner ''. Sans contester l'interj^rétation étroite donnée au précepte, Jésus s'attaque à la nature même de 1 obligation. Sur