‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 407 sur 829 · VI, (i · texte numérisé non relu

VI, (i

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la précédente, bien qu'elle y soit subordonnée. L'évangéliste veut dire que, si les pharisiens avaient bien compris la parole inspirée qui met la pitié au dessus des sacrilices, ils auraient eu compassion des disciples, au lieu de les condamner mal à propos. La preuve est un peu cherchée, et la déclaration d innocence, qui se mêle à la preuve, fait écho à ce qui a été dit dans l'argument pi-écédent, sur les prêtres irréprochables dans la violation du sabbat '. Les disciples sont irréprochables aussi, parce qu'ils appartiennent au Fils de l'homme, (jui est maitre du sabbat -. Ainsi la conclusion de Marc rentre dans l'argument tiré du service du temple : c est le Fils de l'homme qui est plus grand que le temple, et qui dispense les siens du sabbat. Mais le rattachement de la formule : « Car le Fils de l'homme est maître du sabbat », n'en sent pas moins la combinaison rédactionnelle. La discussion sur le service du temple, et la citation d'Osée sont visiblement intercalés dans le récit de Marc.

Ce n'est pas que la conclusion de ce récit soit bien étroitement reliée au corps de l'histoire. L anecdote est complète avec 1 exemple de David ; des deux sentences qui suivent, la première s'accorde bien avec le récit, mais n'est pas indispensable pour en dégager l'idée essentielle ; la seconde vient en surcharge de la première et semble orientée dans une autre direction, vers l'autorité personnelle du Christ. On dirait que Jésus et ses disciples font pendant à David et et à ses compagnons, et que, Jésus, plus grand que David, dispense ses disciples du sabbat, comme David est censé avoir dispensé ses compagnons de la loi qui leur interdisait l'usage des pains de proposition. Or ce n'est pas ainsi que l'exemple est compris ; car c est la faim, et par la faim Dieu même qui ont dispensé David avec ses compagnons, et qui dispensent les disciples de Jésus. La première réflexion : « Le sabbat a été fait pour Ihomme, non l'homme pour le sabbat -^ », est donc dans le même esprit que l'exemple cité, et a pu servir à le confirmer ; mais on n'en peut dire autant de la

1. V. o. (A Icov.ç iv Toj '.£0(0 zô TâjipaTov [is^r[}.oj'3r/ /.'xl àvaÎT'.oi sîa'.v. V. 7. oux av zaxEOtxâaaTe xoùç avairiouç.

2. V. 8. zJc'.o; -'ip HiT'-v Toj 'st.'j'^jT.-'jj ô j'.o; toj àvOof'izoj.

.3. \ . 27. y.i\ Ds-j'cv xÙTOtç " T'J cTâ|33aTov otà rov àvOpo)7:ov iyô'vsTO, zal ouy o àvÔOfonoç oià To aâ[i^3aTov. La reprise /.al zaz-[E'/ aùtoïi; peut avoir pour objet de marquer la conclusion du discours, mais elle pourrait marquer le passage à une autre source ou à un autre contexte que la source ou le contexte où on a pris l'exemple. Il est bien ris<|ué de motiver la reprise par l'omission de Mr. .')-7.

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seconde, qui. malgré le lien que Marc établit enti*e les deux, ne se déduit pas naturellement de la première. De ce que l'homme n'est pas fait pour le sahbat, il suit que l'homme peut être dispensé du sabbat, quand le sabbat lui serait nuisible au lieu de lui être utile, non qu'un homme tel que David ou bien le Messie ait le droit d'en dispenser. La seconde réflexion paraît donc avoir été surajoutée.

Si Ion admet cette hypothèse, l'emploi de la formule « Fils de l'homme » ne fera plus ditliculté, car la sentence, dans sa forme actuelle, pourra être attribuée à une époque ultérieure du ministère de Jésus ', ou mieux encore à l'évangéliste. Dans la première sentence, Jésus parle comme s'il voulait interpréter l'intention de Dieu législateur .selon sa signification véritable, et il tire cette signification de la conscience qu il a lui-même des intentions divines, plutôt que des textes bibliques concernant le sabbat -'. Mais il ne se fonde que sur la certitude de cette conscience, non sur sa qualité de Messie, pour émettre son interprétation ; il naflirme pas son autorité sur les petits commandements ■, car il ne songe pas à les abroger même partiellement, et il reconnaît à tout homme le droit d'entendre comme lui le précepte du sabbat. Ce n'est pas raison pour penser que « fils de l'homme», à la tin du verset, signifierait " homme " en général ; car, dans ce cas, 1 expression araméenne ayant dû être la même dans la sentence précédente, on aurait traduit uniformément i< fils de l'homme >•. ou « homme >i, dans les deux parties de cette déclaration, .lésus, d'ailleurs, n aurait pas dit que l'homme est maître du sabbat institué par Dieu.

Ni Matthieu ni Luc ne semblent avoir compris la profondeur morale de la première sentence : ou bien ils ont jugé qu elle pouvait prêtera des conclusions dangereuses ', ou bien ils l'ont négligée

Sur l'absence de Me. 27 dans D, voir p. 513, n. l. Ss. lit : '< Le sabbat a été fait [>our l'homme ; c'est pourquoi le maître du sabbat est le Fils de l'homme. >' Pour la forme de la sentence, cf. I Cor. xi, 9; pour une idée analogue, H Macii, v. lU. On lit dans le Talmud, Joina f. 85, et dans Mec/» «7/a in Ex xxxi. 13 : " Le sabl)al est vôtre, et vous n'êtes pas au sabbat > (Hoi.tzmann. 123). t . Dauman, 1, 215.

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