‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 442 sur 829 · I. Cr. Le. XVI, 2r · texte numérisé non relu

I. Cr. Le. XVI, 2r

■2. ScHANz, Lk. 222.

menaces aux quatre béatitudes '. Il est évident, non seulement par le contenu des malédictions, mais par la façon artificielle dont Luc les rattache au contexte, moyennant un « mais » qui les introduit -, et une reprise à la fin : (( Mais je vous dis, à vous qui m'écoutez -^ », pour rejoindre le point de vue historique du discours, que les menaces sont ici une pièce rapportée. D'autre part, le temps et' la main de l'évangéliste se reconnaissent dans le développement, et les malédictions semblent conçues artificiellement, d'après les béatitudes ; si donc Luc a pris l'idée de ces malédictions dans la tradition, il n'a pas eu besoin de les trouver toutes faites, et il a très bien pu les rédiger lui-même '.

Marc, ix, 50, « Le sel est bon ; mais si le sel devient dessalé, avec quoi l'assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous. »

Matth. v, 12. « Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel s'affadit, avec quoi le salerat-on ? Il n'est plus bon à rien, si ce n'est (à être) jeté dehors (pour) être foulé aux pieds des hommes. »

Luc, XIV, 34. K Le sel est donc bon ; mais si le sel même s'affadit, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? 35. Il ne convient ni en terre, ni en fumier ; on le jette dehors. Qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Les disciples du Christ doivent d'autant moins se laisser elfrayer par les persécutions, qu'ils sont, par vocation, destinés à exercer sur les autres hommes une plus grande et plus salutaire influence. Telle est l'idée qui a décidé le rédacteur du premier Evangile à placer en cet endroit les comparaisons du sel et de la lumière, que Marc et Luc connaissent aussi, mais qu'ils reproduisent séparément, avec quelques variantes, dans un autre contexte. Ces comparaisons ont eu d'abord une existence indépendante dans la tradition orale ; puis la tradition écrite leur a assigné la place qui était jugée la plus convenable d'après le sens qu'on leur attribuait. Il ne peut être question de chercher quel évangéliste a gardé le souvenir des cir-

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