‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 443 sur 829 · Weiss, 390 ; Holtzmann, 340; Wer.nle · texte numérisé non relu

Weiss, 390 ; Holtzmann, 340; Wer.nle

2. V. 2i-. -Xïiv ojaî uaiv toî; -kojT.'-^i;. 7i:Xr]v est expression favorite de Luc.

3. V. 27. àXXà jj.ïv Xé^w toî; àxoûojjtv. Transition tout à fait curieuse.

4. On peut admettre une imitation de DeuT. xxvii, 1.^-26; Is. v, 8, 23, avec réminiscence de Jér. v, 31 (Holtzmann, loc. cil.).

constances historiques où elles ont été prononcées, mais seulement de savoir où leur sens primitif semble avoir été le mieux préservé.

Dans la comparaison du sel, Marc et Luc s'accordent pour l'entrée en matière ; mais, pour le développement, Luc ne dépend pas uniquement de Marc ; il s'accorde avec Matthieu, et doit dépendre, comme lui, d'une autre source que Marc. La forme de la comparaison est mieux équilibrée dans le troisième Evang^ile, où la proposition : « le sel est bon ' », fournit un point de départ très net, auquel la suite du discours se rattache naturellement. Le sel est bien utile ; c'est un condiment que l'on peut dire indispensable à l'homme pour la préparation de ses aliments ; mais, si le sel vient à perdre sa vertu, il n'est plus bon à rien ; on ne saurait le mettre tout de suite en terre, ni provisoirement au tas de fumier ; on le jette dehors, c'est-à-dire à la rue, où l'Oriental envoie tout ce qui l'embarrasse. Peu importe que le sel puisse ou non se dessaler. La comparaison est fondée sur l'opinion populaire d'après laquelle le sel peut perdre sa saveur ; et cette opinion doit provenir de ce que, dans les dépôts salins des bords de la mer Morte, à raison du mélange des matières, l'apparence du sel peut subsister, quand la vertu salante a disparu par l'effet de la pluie •'.

Comme il arrive souvent, l'application de cette comparaison n'est pas indiquée. L'idée suggérée par le contexte de Luc est qu'un disciple qui perd les qualités de son emploi n'est plus bon à rien, est perdu sans ressource. La comparaison ne porte par sur l'analogie qui pourrait exister entre la propriété du sel et la fonction du disciple, ni sur un rapport entre l'affadissement du sel et la déchéance morale de l'homme, mais tout simplement sur ce que le sel dessalé et le disciple qui a perdu l'esprit évangélique sont objets de rebut, à jamais inutilisables •^. Telle paraît être la signification primitive de cette sentence : il n'y a pas lieu d'y voir, si ce n'est dans la pensée de lévangéliste, une allégorie qui viserait les pharisiens, et où les Juifs seraient figurés par le sel jeté dehors. Si l'apostrophe qui sert de conclusion n'est pas une addition rédactionnelle, ce n'était pas non plus une invitation à scruter le mystère de cette allégorie, mais

i. V. 34. zaÀov oùv 70 àXaç. ('A'. Eccli. xxxix, 20.

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