‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 466 sur 829 · IX · texte numérisé non relu

IX

à entendre au sens moderne du mot, mais, conformément à l'usage de la langue biblique, comme occasion ou moyen de chute, de péché. Mieux vaut perdre un membre des plus indispensables que sa part de bonheur éternel. Sous le relief paradoxal de cette image, Jésus fait entendre l'obligation d'éviter les occasions de pécher, diit-on pour cela mortifier grandement ses sens.

Matth. V, 34. « Et il a été dit : Luc, xvi, 18. « Quiconque ren-

<( Que celui qui répudie sa femme voie sa femme et en épouse une « lui donne un acte de divorce. » autre est adultère ; et celui qui 32. Et moi je vous dis que qui- épouse une femme répudiée par son conque répudie sa femme, sauf en mari est adultère. » cas d'infidélité, fait qu'on est adultère avec elle ; et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. »

A l'explication du sixième commandement, et comme si rien ne se trouvait dans l'intervalle, se rattache une observation touchant le divorce. La loi de Moïse autorisait la répudiation de la femme par le mari ^ Celui-ci pouvait renvoyer sa compagne lorsqu'il trouvait en elle « quelque chose de choquant '^ ». Il était tenu seulement de lui donner un certificat qui attestait la séparation, et laissait à la femme répudiée toute liberté pour un second mariage. Quant au mari, sa liberté n'avait pas besoin d'être garantie, puisque la Loi admettait en principe la polygamie. Le législateur supposait au divorce un motif sérieux, mais dont le mari était seul juge. On discutait la question dans les écoles juives : Schammai exigeait pour raison une faute morale , spécialement une faute contraire à la fidélité conjugale ; Hillel acceptait une raison quelconque -^ ; plus tard Akiba dira qu'un homme pevit répudier sa femme s'il en trouve une autre qui lui agrée davantage. Jésus condamne absolument le divorce. Dans la circonstance historique où il a traité ce problème ^, il a consacré en termes formels l'indissolubilité du mariage, proclamant que le divorce n'était pas un droit véritable,

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