‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 473 sur 829 · I. V. 27. Cf. siipf. p. o54, n · texte numérisé non relu

I. V. 27. Cf. siipf. p. o54, n

nécessairement un écho de la formule : « Vous avez entendu qu'il a été dit ' ».

Dans Matthieu, le rapport des sentences évangéliques avec les paroles de la Loi nest pas très rig-oureux; les sentences ont pu, et même elles ont dû exister d abord indépendamment delà relation où on les met avec les préceptes mosaïques ; l'invitation à se laisser voler, à donner, à prêter, n'a rien à voir avec la loi du talion ; les mots : « tu haïras ton ennemi ' », qui ne se retrouvent pas dans la Pentateuque, semblent avoir été ajoutés tout exprès au texte biblique, afin de l'adapter au commentaire qu'on en veut donner par l'instruction concernant l'amour des ennemis. Le texte de Matthieu est donc conçu aussi artificiellement que celui de Luc. Que celui-ci ait connu les sentences encadrées dans le schéma du discovirs sur l'Evangile et la Loi, ou tout simplement amenées à la suite de ce discours, il semble que ces sentences ont été d'abord prononcées et même rédigées en dehors du cadre que nous leur voyons dans le premier Evangile.

La loi du talion : « œil pour œil, et dent pour dent -^ », est une loi •pénale, proportionnée, dans son application, à un état de culture peu avancée. Elle ne consacrait plus chez les Juifs le droit de vengeance privée ; car c'était le juge, et non la partie lésée, qui en réglait l'exécution. On la prend ici comme une loi défectueuse; pour l'accomplir, on substitue au principe de la justice qui réclame son droit et la punition de celui par qui ce droit a été violé, le principe de l'abnégation qui supporte tout, parce quelle n'a aucun intérêt de bonheur ou de propriété en ce monde. La charité s'associe sans doute au renoncement ; mais les actes recommandés par Jésus, tendre la joue gauche quand on a reçu un soufflet sur la joue droite, laisser sa tunique à qui prend le manteau, ne sont pas uniquement des actes de charité ; le désintéressement personnel y apparaît plus que l'amour d'autrui ; car la charité bien entendue ne demande pas qu'on se laisse battre ni voler, ni qu'on prête une sorte de complaisance aux injustices du prochain. Ces conseils peuvent convenir à une petite élite, dans un monde ([ui

1. Mt. 38. 43. TjzojaaTî cl-i IpoÉOrj. Si l'influence de cette formule sur Le. 27. n'est pas démontrée, elle reste possible et même assez vraisemblal)le.

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