NOMBR. XXXV
7. Mt. 44. lyw ôl XÉyoj jijiiv, àya-ÎTi toJ; i/OpoJ; jatov (D et beaucoup d'autres témoins ajoutent : eùXoyêÏTc xoù; y.a-apfjju.£VO'j; uaôe; [D, uiasiv], -/.aXw; -oieire TOtç [jLiaoùaiv u[j.àe) xaï Tïpoas'jyscjôa uTiÈp kov (les mêmes témoins insèrent : È7ï7)p£aÇo'vTtov xal) otwzdv-r.)v Oaài. Les additions viennent de Le. 27-28, et manquent dans xB, Ss. Se. lat. A-. '
cieux, il faut imiter le Père céleste, qui est bon pour tous les hommes, justes ou pécheurs. Le soleil et la pluie ne sont-ils pas pour tout le monde? Ainsi le devoir de la charité se fonde sur l'exemple de Dieu même, dont on ne sera vraiment le fils qu'en qu'en imitant sa bonté.
Ce qui caractérise cette divine charité, en la différenciant de l'amitié qui peut exister entre les hommes, c'est qu'elle n'attend pas de retour. Son mérite consiste justement en ce qu'elle est désintéressée ; elle embrasse aussi bien ceux qui n'y répondent pas, ou qui y répondent par la haine et la persécution, que ceux qui la partagent et qui la pratiquent. Si vous aimez les gens qui vous aiment, cette réciprocité fait votre récompense, et Dieu n'a pas à vous en donner d autre. Les derniers des hommes, ou ceux que Ton croit tels, ceux qui vivent en dehors de la religion, comme les publicains, ont ce genre d'amour qui ne compte pas pour le ciel. Pareillement, si vous ne témoignez qu'à vos frères, aux membres de votre société, cette marque d'honneur et d'intérêt bienveillant qui consiste dans la salutation, vous faites ce que tout le monde fait, et les païens aussi bien que les Juifs. Pour saisir toute la portée de ce dernier exemple, il faut se rappeler la signification et l'importance de la salutation chez les Orientaux ' : témoignage de respect et d'atfection, accompagné de bénédictions et de souhaits. On ne doit pas réserver cette marque de bienveillance pour les gens de sa confrérie. Aussi bien pour l'expression que pour le sentiment de la charité, le disciple de l'Evangile est tenu à la perfection dont Dieu lui offre le modèle -. Il va de soi que cette perfection n'est pas à entendre au sens métaphysique : la perfection recommandée est celle de la bonté. Combien ditïère-t-elle de la sainteté que le Dieu d'Israël réclame dans le Lévitique '■'' !
Dans Luc, le discours, après les béatitudes et les malédictions, contient une partie gnomique ^ et une partie parabolique •", dis-
1. HoLTZMANN, 213. Miiiix, II, I, 116. Ss. lat. k. omettent Mr. 47 ilioméoleleuton ?!
2. Mr. 48. é-î^tOe oùv Ciaît; -i'kiKO'. (oç o 7:a-V|p Gacov ô oùpxvio; tÉXeiq; îanv. Cf. Eph. V, 1 ; .Iac. I, 4. Matthieu est le seul évangéliste qui emploie le mot -ikvmc, (ici et XIX, 21), sans doute conformément à son idée delà parfaite justice. La leçon de Luc, o".zTÎp[xovc;, offre plus de garanties. Cf. Wellhausen, Mt. 24.